CICATRICES MUSCULAIRES
complète. Mais cela doit faire faire des réserves sur sa systématisation.
2“ Les sections transversales des muscles, à suturer secondairement lorsqu’elles se cicatrisent avec écartement des deux bouts, entraînent souvent une gêne importante par atrophie et sclérose, môme lorsque la cicatrice intermédiaire est solide. Il faut s’en souvenir, et ne débrider transversalement qu’en cas de nécessité Absolue, fort rare; ou. en chirurgie tardive, lorsque l’articulation commandée est ankylosée.
3° Certaines ouvertures aponévrotiques, même assez peu larges, avec hernie musculaire, affaiblissent l’action des muscles mal maintenus, et c’est en particulier, à la jambe ou à la cuisse, une cause possible d'inaptitude à la marche. Peut-être, une fois la paix obtenue, la gêne sera-t-elle souvent moindre.
Je me permets de rappeler, parce que parfois cela m’a semblé oublié, que la, hernie musculaire-fait saillie par la fenêtre aponévrotique pendant le repos et non pendant l’activité du muscle.'
Certaines de ces fentes aponévrotiques — par exemple au mollet — peuvent être suturées directement. Lafascia lata à la face externe de la cuisse et surtout l’aponévrose antéroexterne de la jambe sont trop tendus pour cela, pour peu que l’orifice soit large; on a tenté alors, avec succès, des greffes aponévrotiques.
4° pertes de substance musculaires avec adhérences cicatricielles s’observent surtout aux deux faces de l’avant-bras, à la face antéro-externe de la jambe et à la région postérieure du tronc. Elles sont dues à l’attrition immédiate et au sphacèle secondaire. Et'je crois bon, à cet égard, de mettre en garde contre les très larges excisions, souvent pratiquées aujourd’hui pour pra,tiquer la réunion immédiate. C’est une chirurgie souvent remarquable, je le sais. Mais quelquefois, songeant à la fonction, il serait bon d’être moins brillant, d’avoir un succès moins rapide.
A l'avant-bras et à la jambe, l’action des corps charnus situés au-dessus de la masse cicatricielle adhérente au squelette est annihilée, d’où inertie d’un ou plusieurs doigts. La question pratique est de déterminer s’il faut ou non opérer.
La négative est évidente dans presque tous les cas : après excision de la cicatrice et libération des deux bouts, l’écarte-
PERTES DE SCJBSTANCE MESCULAIRES
ment entre eux empêche de rattacher le corps charnu à son appareil tendineux. Mais j’ai vu des sujets chez lesquels on se proposait d’aller, d^ façon tout à fait inutile, libérer les I nerfs ; un blessé, par exemple, atteint de pseudarthrose du radius un peu au-dessus du milieu, avec large perte de substance des fléchisseurs correspondants et un peu des extenseurs. Une première libération ayant été inefficace, on semble avoir l’intention de revenir aux nerfs dans quelques mois, après assouplissement de la cicatrice. '
Or c’est une erreur de diagnostic, assez souvent commise, mais facile à éviter, que de confondre l’inertie due à la suppression mécanique du çorps charnu ou à sa paralysie. Il faut pour cela explorer attentivement et les mouvements conservés et la sensibilité au-dessous de la cicatrice, rechercher les troubles vasculaires et trophiques et surtout préciser le siège de la blessure par rapport à l’origine des nerfs correspondant aux muscles inactifs. Chez le blessé auquêl je viens de faire allusion, il n’y a aucun trouble nerveux par section ou compression au-dessous de la cicatrice, et celle-ci est nettement inférieure à- l’origine des filets fléchisseurs et extenseurs du médian et du radial. J’y insiste, parce que sur bien des fiches j’ai'relevé cette erreur évidente de diagnostic, corroborée, croyait-on, parles réactions électriques du bout inférieur : or ce bout inférieur, normalement déjà presque entièrement tendineux, est cicatriciel et dégénéré.
Contre cet état, auquel une opération ne peut en général pas remédier, mécanothérapie et physiothérapie sont impuissantes. Elles n’bnt d’efficacité que pour rendre de l’habileté et de la force aux parties respectées, pour raccourcir le temps d’adaptation fonctionnelle et de rééducation professionnelle, pour apprendre au sujet à se servir des mouvements conservés, d’une main médiocre mais presque toujours meilleure qu’une main artificielle. Au pied, au contraire, où cela se complique d’attitude vicieuse, on y trouve quelquefois indication à l’amputation tardive.
Au tronc, quelques excisions de cicatrice suivies de suture musculaire ont donné de bons résultats : à la région dorsocervicale pour empêcher la chute en avant de la tête ; à la région sacro-lombaire pour rendre quelque solidité au tronc sur le bassin. Le corset de maintien ne donne guère d’amélioration.
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