C. Evolution, traitement préventif. — Dans les cas légers
84 TRAirEMENr DES ScLÉROSES MUSCULAIRES
souvent méconnus comme je viens de le dire, la lésion passe inaperçue. Comme pour la myosite superficielle, secondaire, du sterno-cleido-mastoïdien, la reprise des mouvements normaux suffit à la cure, les antagonistes produisent, progressivement, l’élongation nécessaire. C’est également la règle en chirurgie militaire, avec cette différence que la tendance à la rétraction est plus grande et qu’il faut la combattre tout de suite par des mouvements passifs, quelquefois par des tractions élastiques : assouplissements qui vont de pair avec ceux dont j’ai parlé à propos des attitudes vicieuses par raideur articulaire débutante.
De même que nous devons, par exception, lutter pendant quelques semaines, par l’extension continue, contre un torticolis inflammatoire, sans cela suivi de rétraction définitive.
Ce traitement préventif, appliqué avec soin et associé aux mouvements de la « mécanothérapie à domicile », met à peu près toujours à l’abri des rétractions définitives, exigeant l’intervention chirurgicale.
D. Traitement chirurgical. — On ne peut rien, par aucun moyen de physiothérapie, contre la jierte de fonciion par sclérose ; on peut seulement, par des mouvements bien réglés, augmenter la vigueur des faisceaux musculaires restants.
Quant à Yattitude vicieuse par rétraction, lorsque la sclérose est achevée elle est immuable, tous les moyens mécaniques échouent ; et trop souvent on s’y obstine alors que seule une opération sera efficace.
On s’est attaqué à la rétraction des fléchisseurs de l’avantbras de de.ux façons : t“ par des libérations musculaires et des ténoplasties, pour allonger les muscles raccourcis et leur rendre des plans de glissement plus souples;
2“ en raccourcissant les deux os de l’avant-bras par suppression d’un cylindre diaphysaire, ce qui rend, naturellement, du jeu aux muscles (1).
Les améliorations sont la plupart du temps fort médiocres.
(O M. Lenche a prtsentii à la Société de Chirurgie un cas dans lequel, pour rendre du jeu au triceps rétracté, il a réséqué horizontalement la moitié inférieure de l’astragale. Je n’ai jamais trouvé de cas assez accentué pour que l’allongement tendineux tie fût suffisant.
souvent même nulles : aussi cette chirurgie, fort laborieuse, ne s'est-elle pas vulgarisée.
Pour les muscles isolés, au contraire, on a par la ténotomie des résultats excellents, pour le triceps sural tout au moins, car au biceps ils semblent moins bons. Heureusement que sa rétraction est plus rare, ce qui semble tenir à l’élongation constante par le poids du membre (si l’on ne prescrit une écharpe).
La rétraction du triceps sural, quoique le muscle soit en principe extenseur et adducteur (voy. p. 35) a pour conséquence ordinaire l’équinisme pur, sans varus, dont les conséquences mécaniques sont étudiées p. 40. Il ne doit jamais être traité par 3e port d’une chaussure (voy. p. 41 ) mais par la section du tendon d'Achille.
L’opération la plus simple, autrefois seule connue, est la ténotomie transversale, que l’on exécute très facilement, selon une technique assez décrite dans les livres les plus élémentaires pour'qu’il soit inutile'de la préciser ici.
La section faite, si l’on porte le pied en flexion (et pour bien faire il faut arriver à l’angle aigu), le talon s’abaisse, entrai-, nant avec lui le bout inférieur qui s’éloigne ainsi du bout supérieur. D’où un écartement qui peut aller à 7 ou 8 centimètres. C’est dans cette attitude que l’on doit fixer le pied dans un appareil plâtré, pour qu’une corde cicatricielle se constitue dans la gaine fibreuse péritendineuse et forme rallonge entre les deux bouts.
A cette opération, tout à fait facile et classique, on reconnaît les avantages suivants :
1° Elle est aisée à exécuter par la méthode sous-cutanée ;
20 L’anesthésie locale y suffit.
J’avoue que le premier argument me touche très peu ; dans une région où la cicatrice est esthétiquement négligeable, il n’a guère sa raison d’être. Et pour ma part, depuis que le danger d’infection opératoire est nul, c’est toujours à ciel ouvert, par incision médiane longitudinale, que j’ai pratiqué des centaines de ténotomies pour pied bot de l’enfant. De la sorte, on est sûr d’avoir tout coupé.
L’allongement, dont je vais parler, peut fort bien, lui aussi, être exécuté sous anesthésie locale, et j’ai quelquefois opéré ainsi. La plupart du temps, sauf indication médicale spé-