PIED BOT PAR CONTRACTURE
s’en trouve soulagé, le blessé commence à marcher sur le bord externe du pied, l’attitude-étant d’ailleurs presque toujours non la précédente, mais le varus équin proprement dit. Et quelquefois, avec le temps, rétraction et enraidissement se produisent; moins qu’on ne le pense, peut-être, car j’en ai vu durer jusqu’à deux ans sans trace de raideur.
C. — Traitement a) Traitement psychique. — Il est probable que toCls les cas de cette catégorie seraient évités si l’on veillait toujours avec soin à l’attitude du pied pendant le traitement de la blessure initiale et pendant les premiers essais de marche ; si l’on corrigeait par une éducation attentive, par une chaussure appropriée, la moindre tendance au varus; si l’on envoyait tout de suite ces sujets dans les services spéciaux de neurologie, pour y être suggérés, au lieu de les réunir, sous prétexte de mécanothérapie, en des sortes de cours des miracles où ils s’assurent dans leur idée, où ils se contagionnent, où ils imitent consciemment ou inconsciemment les déviations et infirmités qui les entourent.
En réalité, les traitements physiothérapiques sont impuissants s’ils ne sont combinés de façon à être un élément du traitement par suggestion, seul efficace pour l’hystérie pure et alors presque toujours efficace s’il est bien dirigé. Et s’il ya association de l’hystérie à la lésion locale qui engendre une contracture réflexe, on n’oubliera jamais de la comprendre, souvent au premier rang, dans les indications thérapeutiques ; or on peut dire qu’en cas de contracture très accentuée, rebelle dès le début aux traitements mécaniques, la névropathie du sujet est presque toujours pour beaucoup.
Quant au traitement de la contracture envisagée en soi, et ayant résisté aux assouplissements classiques, nous en sommes encore à la période de tâtonnement pour poser les indications chirurgicales.
b) Traitement chirurgical. — Nous avons tous commencé par essayer l’immobilisation pendant un ou deux mois, par mise en appareil plâtré après redressement sous anesthésie.
Il faut ajouter que, lorsque l’on a cru devoir se résoudre à l’opération chirurgicale, il sera souvent bon de la faire suivre d’un traitement psychique et physiothérapique, inefficace tant que l’on n’avait pas rectifié la position pour lui donner prise.
TÉNOTOMIES ET TRANSPLANTATIONS ■ 99
Et tous nous avons constaté que la récidive est à peu près constante, qu’elle survient presque immédiatement après la levée de l’appareil. Les pieds qu’après cela on maintient par la chaussure à muscles artificiels sont ceux qu’on aurait, avec elle, redressés sans cela. Et lorsqu’on a échoué, il est derèo-le que le blessé refuse tout autre traitement.
On a donc tenté d’assurer le redressement en sectionnant les tendons des muscles contracturés, en particulier le tendon d’Achille et celui du jambier antérieur ; la contracture, récidivant à la levée du plâtre, se trouve ainsi désorientée. Même ainsi, la récidive esta craindre, quoiqu’on en ait à mon sens exagéré la quasi-constance. Pour ma part, en terminant par un traitement mécanique bien réglé, j’ai eu quelques excellents résultats en associant Vallongement du tendon dAchille à la transplantation dujambier anterieur. Sur le premier acte je renvoie à ce que j’ai dit précédemment (voy. p. 80). Quant au second, voici en quelques mots ce qu’il est.
Une incision de 3 à 4 centimètres est pratiquée au cou-depied sur le relief-, toujours facile sentir, du tendon ; on a soin de ne pas la faire descendre vers la plante. Le tendon étant mis à nu, on le désinsère avec la pointe du bistouri, à plat entre lui et le flanc du cunéiforme. Le bout du tendon est alors pris dans une pince de Kocher et enfoncé'obliquement en bas et en dehors, entre le tendon extenseur propre du o-ros orteil et le col de l’astragafe. Il reste la plupart du temps en cette position sans qu’il soit besoin del’y assujettir par un point de suture II conserve ainsi, affaiblie puisque le bras de levier est raccourci, son action de fléchisseur, mais il perd son action d’adducteur. Je m’en suis assuré très nettement, en particulier sur deux de mes opérés revus au bout de plusieurs semaines’ Dans les cas modérés, on peut donc en rester là, mais je crois plus prudent de compléter en principe l’opération p4 une arthrodèse limitée à la calcanéo-cuboïdienne et à la sousastragalienne (voyez p. 1121. Cela suffit pour empêcher toute adduction de l’avant pied, quelle que soit la traction musculaire exercée ensuite sur lui par le jambier postérieur lorsque le sujet recommence à marcher. ^
A ce moment, il faut que le traitement orthopédique et fonctionnel, dirigé par le chirurgien qui a opéré, soit surveillé' avec soin ; voici quelle est ma pratique.