ARTHRODÈSE PARTIELLE DU PIED
Le sujet, plâtré en flexion à angle aigu et en valgus, ressent pendant deux, quelquefois pendant trois jours, des souffrances notables, que l’on calme par des piqûres de morphine. Puis il reste au lit pendant un mois, et au bout de ce temps, on le fait marcher avec son appareil plâtré pendant une quinzaine de jours.
Passé ce délai on enlève le plâtre, on change le pansement, on coupe les fils de suture, et on fait commencer la marche pied libre.
Il est prudent d’avoir fait préparer à l’avance, pendant la période d'immobilisation, une chaussure « de repos » à semelle surélevée sous le bord externe, et d'associer à la marche ^'-•J^^es exercices réglés de flexion sur les membres inférieurs, ^'■‘’iiâS^ns joints, pointes écartées. Lorsque, dans cette position, ^'“^oHJ^’accroupit, cela imprime au calcanéum la bascule en "^l-yalgus, et cela fait fléchir la tibiotarsienne.
‘‘'i' L^plupart des sujets marchent ainsi droit tout de suite, tv ‘ plafSèàplal. Cependant quelques-uns, par pusillanimité etpar hahjiude, quelques autres parce qu’ils n’ont pas la nostalgie tranchée, recommencent non pas le varus et l’équinisme, ^“Tïîais un peu de renversement du pied en dedans, par rotation en masse, sans flexion plantaire. C’est bien moins grave que le varus avec adduction de la pointe, car la chaussure est efficace pour provoquer la rotation en dehors.
Mais il est alors prudent d’ajouter à la semelle spéciale une traction élastique permanente, en flexion et valgus, avec un appareil porté la nuit: quelquefois de faire marcher ainsi pendant les premiers jours.
Tout cela est fait sous ma surveillance, et non dans des formations qui échappent à mon contrôle. De cela j’ai reconnu la nécessité par l’historiette suivante. Evacué sur un centre d’appareillage, un de mes opérés, d’ailleurs de très bonne volonté et chirurgicalement parfait, est venu me demander conseil parce que :
1° On lui avait prédit que, mon opération étant incomplète, la récidive était certaine.
2” On l’avait soumis à la « mécanothérapie » par flexion et circumduction du pied.
La flexion, cela lui semblait naturel, car il savait (comme tous les opérés de mon service) qu’elle était libre. Mais la
DÉVIATIONS PARALYTIQUES loi
circumduction, cela le chiffonnait, car il avait cru comprendre (comme tous les opérés de mon service), que mon but avait été précisément de la supprimer.
C’est depuis ce moment que j’ai pris pour système de faire aménager moi-même, à ma mode, une chaussure de repos, ce qui se fait pour t fr. 50, au grand bénéfice des finances de l’Etat; et la chaussure est légère, au grand bénéfice de l’opéré.
Mes opérations sont assez nombreuses et j’ai revu presque tous mes opérés à assez longue échéance pour être certain que les résultats fonctionnels sont bons. L’arthrodèse partielle tient solidement, sans qu’on ait besoin de toucher à la tibiotarsienne. Elle ne gêne en rien la marche et elle met à l’abri de la récidive, assez fréquente à la suite des simples sections tendineuses. Quand la contracture reprend, elle s’épuise sur une jointure bloquée : où il n’y a plus rien, elle perd ses droits.
E. — Déviations paralytiques
Les sections partielles ou totales des troncs nerveux, leur compression, ont pour résultat la paralysie complète ou incomplète des muscles dont les filets nerveux naissent au dessous de la lésion.
Je ne m'occuperai pas de la chirurgie nerveuse proprement dite : du diagnostic, possible ou impossible, de la forme exacte de la lésion ; de l’indication opératoire, que je suppose toujours remplie à l’avance, pour suturer, libérer, explorer au moins le nerf ; du processus de régénération. Tout cela est étudié dans un autre volume de cette collection.
La régénération, pourtant, m’intéresse par un côté. On sait qu’elle est aléatoire; on sait aussi.que, dans les cas les plus heureux, elle est forcément lente, sans que l’on soit capable d’indiquer, même approximativement, le temps nécessaire. La jeunesse du sujet, l’étendue de l’attrition et de la perte de substance, le temps écoulé entre la blessure et l’opération, la distance entre le point lésé et le point musculaire à réinnerver, sont des élénnents d’appréciation intéressants, mais incertains. Et de ce qu’on n’observe aucune velléité de mouvements au bout de longs mois peut-on conclure à Téchec de l’opération ? Ger-