‹ Troubles locomoteurs consécutifs aux plaies de guerreChapitre 51 sur 95 · DÉVIATIONS BALLANTES ET FIXÉES · texte numérisé non relu

DÉVIATIONS BALLANTES ET FIXÉES

tainement non, car la règle est que pendant longtemps le résultat paraisse nul, pour se compléter rapidement, en quelques semaines, à, partir du moment où l’on constate les premiers signes de régénération. Cela se comprend : tant que les cylindrases régénérés du bout inférieur n’ont pas pris contact avec le muscle, c’est comme s’ils n’existaient pas ; et la besogne est à peu près achevée au moment où le contact s'établit. La première période, si lente, est inappréciable fonctionnellement et électriquement; la deuxième période commence souvent presque sans prodomes et est relativement courte.

C’est important à retenir, pour ne pas pratiquer, sous prétexte de corriger une déviation articulaire, une operation qui annihile la fonction d’un muscle avant que ne soit absolument démontré l'échec de la régénération ; et je le répète, c'est toujours très long, sans précision aucune dans les dates. On verra la conclusion à en tirer par le cas particulier, le plus important, du pied bot paralytique.

Le « résultat articulaire », d’une section ou compression nerveuse est différent selon que la paralysie frappe tout ou partie des muscles moteurb de cette articulation.

Dans le premier cas, elle est inerte, ballante en tous sens, n’obéissant plus qu’aux lois de la pesanteur. Dans le second, elle est en outre déviée par ceux des muscles qui, ayant conservé leur action, sont devenus prédominants.

La forme pure est donc toujours, primitivement, xxxiç, articulation ballante, c’ést-à-dire que l’on remet avec la main, sans effort, dans la position que l’on veut ; le membre retombe dès qu’on cesse d’agir. Mais elle peut être secondairement fixée soit par des déformations osseuses dues à la répartition vicieuse des pressions i fait rare et peu marqué chez l’adulte), soit par des rétractions musculaires et des raideurs articulaires (fait fréquent en chirurgie deguerre) ; dans ce cas le redressement par simple action manuelle est impossible.

Avec la paralysie musculaire existent très,souvent des troubles vasomoteurs et trophiques, dont l’importance peut peser sur notre décision. Il est à noter cependant que dans les deux cas les plus fréquents, la paralysie radiale (fort peu chirurgicale) et celle du sciatique poplité externe, ces troubles sont très souvent négligeables. Ces deux nerfs sont d’ailleurs plus aptes que les autres à la régénération.

P ARAL YSIE D U DEL TOIDE

hesprincipes du traitement sont faciles à poser.

Si Varticulation est complètement ballarlte, nous pouvons îutter contre la pesanteur soit par un appareil à traction élastique, soit par une opération, l’arthrodèse, qui consiste à abraser les cartilages diarthrodiaux et à provoquer l’ankylose.

Si quelques muscles ou groupes musculaires sont conservés, avec ces procédés entre en série la transplantation tendineuse.

Lorsque l'articulation est à la fois déviée et fixée, il faut d’fibord la redresser, puis maintenir cette correction par un des moyens précédents.

Nous pouvons appliquer ces principes généraux à trois cas chirurgicaux : a, la paralysie du deltoïde ; h, la paralysie radiale ;c, \e.pied paralytique.

Même si l’on est à peu près certain de la régénération, il est bon de faire porter au blessé un appareil de soutien, ce qui évite ; 1“ la fixation possible par raideur en cas de déviation ; 2 " l’élongation des muscles dont on espère la restauration ; 3° la contracture ou la rétraction de leurs antagonistes restés actifs.

A. Paralysie du deltoïde. — Je consacre quelques lignes à la paralysie du deltoïde, quoique je n'aie pas eu l’occasion d’en opérer en chirurgie de guerre, parce qu’il en peut surgir une indication chirurgicale, rare il est vrai, lorsque la paralysie est complète et définitive, sans délabrements ostéo-articulaires. L’infirmité ne vaut alors guère mieux que celle des épaules ballantes après résection ; le poids du membre, que le deltoïde ne suspend plus, abaisse la tête humérale, ce qui rend bien précaire Faction des rotateurs distendus ; et comme, de par le deltoïde, l’abduction directe ou oblique est nulle, on voit que tout appui manque aux mouvements de l’avant-bras et de la main. L’est nettement plus grave que l’ankylose de l’épaule : aussi y a-t-il parfois indication à l’arthrodèse de l’épaule, ce qui s’exécute par 1 incision antérieure de' résection ; les extrémités osseuses sont très faciles à peler. Je répète que je ne l’ai jamais fait sur nos blessés : mais dans des cas de paralysie infantile, j’ai rendu ainsi au malade et un appui pourl avant-bras, et l’abduction par bascule de l’omoplate. Pour cette dernière, il faut évidemment que le grand dentelé soit bon.

Page 1