‹ Troubles locomoteurs consécutifs aux plaies de guerreChapitre 53 sur 95 · PIED BALLANT; PIED FIXÉ · texte numérisé non relu

PIED BALLANT; PIED FIXÉ

1 " Sitousles muscles dupoplité externe sont inertes ; 2’ s il n’y a point participation partielle du poplité interne.

Cela se fait en commandant au sujet le mouvement prévu nue produit un muscle déterminé : on voit si ce mouvement ust exécuté ou seulement ébauché et on constate, en appuyant le doigt au point voulu, devant le cou-cte-pied ou derrière les malléoles, si le tendon correspondant reste inerte ou durcit ; ■et lorsque deux muscles ont une action à peu près semblable — par exemple les deux jambiers pour l'adduction — on touche successivement chacun des tendons pour vérifier 1 état de chacun. .

Indications thérapeutiques. — Le diagnostic anatomic|ue étant ainsi établi, les indications thérapeutiques sont facteur de deux constatations :

I» La déviation est-elle fixée ;

2“ Comment la plante appuie-t-elle sur le sol.

Toutes les fois, en effet, que nous avons à nous occuper d’un pied bot, nous avons à atteindre deux buts ;

10 redresser la difformité;

2 » maintenir le redressement obtenu pour que la plante du pied soit à plat sur le sol pendant la marche. A l'ongine un pied paralytique - qui n’est pas toujours un pied « bol », je m’expliquerai plus tard sur ce point — est en principe ballant.

11 se dévie plus ou moins soit sous l’influence de certains muscles devenus prédominants, soit sous 1 influence de. la pesanteur dans la position couchée, assise ou debout. Mais vous le voyez ballotter inerte au bout de la jambe que vous secouez, et de la main, sans aucun effort, vous le redressez en flexion à angle aigu, plante à plat.

Secondairement ces déviations', par contraction musculaire ou par action statique, se fixent, je le répète, par deux mécanismes principaux, isolés ou associés :

1“ La déformation des os et articulations.

2» La rétraction musculaire et la raideur articulaire.

La première de ces causes est importante, pour le pied bot de la paralysie infantile, à un âge où la pression continue mal répartie a pour conséquence facile un modelage vicieux des os. €e modelage, sans doute, est beaucoup moins accentué que dans le pied bot congénital ; il est réel cependant. La déviation en varus et en valgus, par prédominance musculaire, est

I o8 PA RA L YSIE D U SCIA flQ UE POPLITÉ EXTERNE

médiocre; mais elle s’aggrave, puis se fixe, par l’action du poids du corps pendant la marche. Et à partir de ce moment le redressement à la main devient impossible : il faut, par tarsectomie plus ou moins étendue, supprimer l’obstacle osseux.

Cela ne se réalise guère chez nos blessés ; ils ont passé l’âge où l’os est à ce point malléable. En fait, je n’ai pratiqué aucune tarsectomie. Mais la deuxième cause ci-dessus mentionnée, la rétraction musculaire et péri-articulaire intervient au contraire avec fréquence et vigueur. A la paralysie‘s’ajoutent, en proportion variable, les lésions que j’ai décrites précédemment; elles sont surtout accentuées lorsque la section nerveuse s’accompagne de troubles vasomoteurs et trophiques.

Le traitement doit alors, avec évidence, commencer par celui de ces lésions ; allongement tendineux, redressement brusque. Mais il est évident que, si on en reste là, on est guetté par la récidive : le désaccord entre les groupes musculaires persiste et reproduira ses elfets sitôt le pied hors de l’appareil plâtré.

Cela n'est pas toujours exact lorsque la raideur articulaire était prononcée, lorsque le redressement, laborieux, s’est accompagné de craquements violents, a été suivi d’une forte réaction douloureuse avec gonflement et ecchymose. L'enraidissement en bonne position peut alors suffire, si le va rus n’était pas trop accentué, pour qu’ensuite, dans la station debout et la marche, la plante repose à plat ^ur le sol. La raideur, en pareille occurrence, est favorable et il faut savoir l’escompter. Il serait, sans doute, facile de pratiquer toujours l’arthrodèse médiotarsienne, dans les conditions que je vais préciser. Mais le problème se trouve compliqué de ce fait que, sur ces pieds mal nourris, il convient de réduire au minimum l’intervention sanglante, et c’est en cela que se marquera le tact du clinicien, pour agir radicalement sur le squelette ou pour s’en tenir au redressement brusque, avec correction ultérieure par une chaussure, comme je vais le dire pour les pieds non fixés

Le pied paralytique non fixé est celui qui, pendant passivement en attitude vicieuse sous l’influence de la pesanteur, est redressé sans aucun effort par pression de la main.

Sur ce point, aucun détail adonner; il suffit d’une exploration clinique tout à fait simple. La question est de déterminer comment il faut, pour restaurer une fonction convenable.

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