RACCOURCISSEMENT PAR PERTE DE SUBSTANCE
dirigé l’appareillage (fig. 6). Nous ne pouvons rien, en effet, contre l’étendue, souvent considérable, de la perte de substance osseuse : les conséquences sont différentes pour les squelettes à un seul os (bras et cuisse) ou à deux os (avantbras et .jambe). Je m’occuperai d’abord de l’humérus et du fémur.
Supposons, dans une de ces diaphyses, une perte de substance cylindrique. Elle va être réparée par ostéogenèse périostique, si le périoste a pu être ménagé suffisamment et a conservé sa vitalité. Mais si on abandonne le membre à lui-même, la contraction des muscles longs aura pour effet inévitable de faire remonter le fragment inférieur au contact du supérieur, d’où un raccourcissement quelquefois considérable. Nous luttons contre cela, avec grande efficacité, par l’extension continue, en sachant toutefois que notre action a une limite : et c’est pour cela qu’à mon sens il est prudent de conserver, quand on le peut, un tuteur longitudinal à la gaine périostique, en ménageant, lors de l’opération primitive, les esquilles adhérentes ; en ne se hâtant pas trop d’extraire secondairement les séquestres autour duquel, tant qu’ils ne sont pas complètement libérés, l’os nouveau se forme mieux que souvent on ne semble le croire.
A cet égard, une différence est à établir entre l’humérus, dont le raccourcissement a peu d’importance fonctionnelle pourvu que le levier soit solide, et le fémur dont le raccourcissement devient, à partir de 4 centimètres, une cause de gêne pour la marche et la station debout, pour l’équilibre du bassin et de la colonne vertébrale. Or, nous voyons, de ce chef, surtout s’il y a angulation et chevauchement concomitants, des raccourcissements de 10, 15 cm., et même plus.
Le raccourcissement d’un seul os dans un squelette à deuxos a pour conséquence, si la fracture se consolide, une déviationxde la main ou de la jambe vers l’os le plus court, si la fracture est basse ; c’est ce que l’on voit au péroné, par exemple, à la suite d’une fracture de Dupuytren mal réduite. C’est le seul cas où un cal de péroné ait une action mécanique de ce genre ; en pleine diaphyse, le tibia résiste et fait attelle. Tout le monde connaît la subluxation de l'extrémité supérieure du radius ou du péroné à la suite du raccourcissement du cnbi- ' tus ou du tibia au-dessus de la partie moyenne.