‹ Troubles locomoteurs consécutifs aux plaies de guerreChapitre 59 sur 95 · RACCOURCISSEMENT DU MEMBRE INFÉRIEUR · texte numérisé non relu

RACCOURCISSEMENT DU MEMBRE INFÉRIEUR

La soudure des deux os voisins, négligeable à la jambe, cause à l’avant-bras une gêne fonctionnelle que j’ai étudiée

Lorsqu’il y a perte de substance d’un des deux os, l’autre met obstacle à l’ascension du fragment inférieur : et si une régénération périostique remarquable est quelquefois possible, il faut savoir qu’il y a là une cause fréquente de pseudarthrose.

Le seul remède contre le raccourcissement vrai du membre inférieur, qu’il porte sur la jambe ou sur la cuisse, est dans le port d’une chaussure orthopédique, pour laquelle j’insisterai sur ce que j’ai ditp. 41 : il faut autant que possible faire marcher plante à plat, réduire par conséquent la pente en équinisme, quoique cela rende le soulier moins disgracieux. Au-dessous de trois à quatre centimètres, on ne fera la correction qu’en ajoutant sous le talon une rondelle corrigeant à peu près la moitié du raccourcissement.

Pour les grands raccourcissements, on a mis au point, depuis la guerrq, un mode d’appareillage dans lequel un liège surélevé indépendant se fixe à une chaussure quelconque : d’où une économie notable puisqu’avec un seul liège on use plusieurs chaussures bon marché, tandis que la chaussure orthopédique proprement dite, à renouveler souvent, est toujours dispendieuse.

En chirurgie civile, nous corrigeons souvent de manière remarquable, par l’ostéotomie oblique reprenant le trait de fracture et suivie d’extension continue, les raccourcissements du fémur par chevauchement. Même si la fracture a été compliquée et infectée (ce qui est exceptionnel), la suppuration est presque toujours modérée, le cal se durcit vite et bien ; nous sommes peu exposés aux reviviscences microbiennes. En chirurgie de guerre, j’ai déjà dit qu’il n’en est pas de même : il ne faut donc songer à opérer que si le raccourcissement est considérable et encore la plupart des chirurgiens sont-ils même alors très réservés.

On a proposé de remédier au trouble statique du raccourcissant par une résection — qui alors doit rester aseptique — le fémur du côté opposé. Cette pratique ne semble pas avoir fait beaucoup d’adeptes.

Le raccourcissement par angulation du fémur est, lui aussi.

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