‹ Troubles locomoteurs consécutifs aux plaies de guerreChapitre 62 sur 95 · DÉC A LA GE DE L’A VA NT-BRA S · texte numérisé non relu

DÉC A LA GE DE L’A VA NT-BRA S

part, sur eux, des fragments inférieurs, sera en pronation partielle ou complète.

Les conséquences de la fracture du radius seul sont identiques : et, dans ses conditions, la pseudarthrose concomitante du cubitus est favorable. Elle rend du jeu à l’extrémité inférieure de cet os qui pourra tourner à la place du radius, dont l’excursion en demi-cône est limitée ou nulle.

Je ne m occupe ici que des conséquences du décalage, sans tenir compte du chevauchement, du raccourcissement du radius, du bloquage de l’espace interosseux par un cal volumineux ou même par une synostose : la conclusion pratique est qu’il faut traiter les fractures de l’avant-bras par l’immobilisation en supination, et non, comme on l’a conseillé, en pronation, ni même en demi-pronation. Cela n’est pas toujours possible, au moins au début, en chirurgie de guerre, à cause des complications phlegmoneusés : c’est le but que nous devons viser.

Conclusions pratiques. — J’ai écrit cet article, malgré sa sécheresse géométrique, parce qu’il me paraît comporter un enseignement pratique.

D’abord, j’ai dit, chemin faisant, quel soin nous devons apporter, dans le traitement des fractures, à corriger les positions de décalage, actives ou passives, des fragments inférieurs ; pronation du poignet ; rotation de la jambe en dehors ; déplacements en arrière de l’extrémité inférieure de l’humérus et du tibia; angulation des fractures du fémur.

Et lorsque nous nous trouvons en présence de la lésion constituée, il importe d’en connaître exactement le mécanisme, pour ne pas soumettre le membre à une mécanothérapie inutile. Massez, mobilisez, baignez, électrisez ; vous y perdez votre temps et, ce qui est plus grave, celui du blessé. L’articulation n’a rien, les muscles ne peuvent rien. Or, j’en ai vu plus qu’on ne le pense, de ces traitements, d’avance frappés de stérilité, entrepris et prolongés faute d’un examen clinique et d une interprétation radiographique judicieux.

Selon l’importance des troubles fonctionnels et votre crainte de la réinfection, ne faites rien, ou faites l’ostéotomie ; le seul remède efficace est dans le redressement du levier dont l’axe est faussé. Quant au genre exact de la déviation et à la correc-

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tion indiquée, leur connaissance résulte je crois, pour chaque cas particulier, de la description que j'ai donnée ci-dessus.

I 3. — Cals hypertrophiques

Le volume exagéré du cal est dû à deux causes : la juxtaposition des fragments mal réduits et chevauchant ; l’ostéogenèse sous-périostée excessive. Cette seconde cause donne son plein effet lorsque le périoste est infecté, ou tout au moins anormalement irrité, même sans infection apparente, ce qui ne veut pas dire que l’infection soit réellement nulle.

Nous observons des faits de ce genre, quoiqu’on en dise souvent, sur nombre des fractures non compliquées traitées par la méthode sanglante avec suture, agrafes, plaques de modèles divers. Quand on examine attentivement et à longue échéance, les radiographies successives des blessés soignés ainsi, on constate que le volume de la virole sous-périostée est anormalement grand, que souvent il augmente peu à peu pendant plusieurs mois, que ce cal est sensible à la pression et même réellement douloureux ; qu’il a tendance à se raréfier autour du corps étranger qui l’irrite et que l’élimination secondaire après suppuration tardive — ou l’ablation chirur- “■icale en raison des douleurs et de l’inflammation persistantes — n’est pas rare.

S’il en est ainsi autour de corps étrangers chirurgicaux dont l’asepsie n’est sans doute pas toujours scientifiquement absolue, mais est, au premier abord du moins, pratiquement suffisante, on conçoit qu’en chirurgie de guerre ce soit banal lorsque, même si la suppuration initiale a été nulle ou légère :et vite tarie, des corps étrangers restent incrustés dans l’os.

C’est le cas, en particulier, pour certaines fractures par balle dont la chemise se déchire et dont le plomb s’égaille en petits fragments sur l’os qui a reçu le choc (Voy. fig. 6. Le gros corps étranger est la chemise de balle). D’où un cal très volumineux; pendant longtemps chaud et douloureux, lent à se résorber et à se modeler, surtout si on l’irrite par des massages et par une mobilisation intempestifs.

li en est ainsi, à plus forte raison, pour les corps étrangers nettement infectés ; et c’est pour cela qu’à mon sens les

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