‹ Troubles locomoteurs consécutifs aux plaies de guerreChapitre 66 sur 95 · RETARDS DE CONSOLIDATION · texte numérisé non relu

RETARDS DE CONSOLIDATION

plète. Nous y aurons recours pendant des périodes successives de 3 semaines à 1 mois, en vérifiant à chaque levée d’appareil si la flexibilité nous paraît diminuer etsiradiographiquement l’ossification du cal paraît augmenter. Pour cela sont excellents les appareils à extension que Delbet a imagiqés pour l’humérus et le fémur, l’appareil de marche à attelles plâtrées qu’il a. décrit pour les fractures de jambe. J’ai coutume d’appliquer ces appareils aussitôt que l’état anatomique des parties le permet et de continuer, comme il vient d’être dit, tant que la pseudarthrose n’est pas sûrement constituée.

Si le retard de consolidation se prolonge, à ces appareils forcément lourds il est facile de substituer, pour le membre inférieur surtout et en particulierpour la jambe, des appareils orthopédiques analogues à ceux que l’on construit pour une pseudarthrose inopérable ou opérée sans succès. Cette conduite permet d’éviter deux pratiques répandues, mais déplorables :

Au membre supérieur, maintenir le membre dans une écharpe ;

Au membre inférieur, donner une paire de béquilles.

Et l’on saura qu’il faut une observation patiente et attentive avant d’affirmer que le travail de consolidation est définitivement arrêté.

B. — Pseudarthrose proprement dite.

Les moyens dont nous disposons sont:

r Une opération sanglante ayant pour but d’obtenir la consolidation.

2° Le port d’un appareil orthopédique.

Les principes de l’aj)pareillage sont propres à chaque segment de membre. Ceux des opérations chirurgicales méritent une étude d’ensemble.

a. Si les fragments sont au contact, sans perte de substance, l’ancienne méthode de Vavivement est d’abord à essayer. On ouvre le foyer, en conservant avec grand soin le périoste, on excise le tissu fibreux interfragmentaire et'on avive les fragments quelquefois à la curette, le plus souvent par résection Broca — Troubles locom. 10

TRAITEMENT DES PSEUDARTHROSES

à la scie, de façon à mettre air contact des tranches d’os sain, bien vascularisé.

De cet acte résulte forcément un raccourcissement du membre, d’ordinaire négligeable à l’humérus et même au fémur (où la pseudarthrose est d’ailleurs rare), mais incompatible avec la coaptation dans les segments à deux os lorsque l’un des os est continu. Si l’écartement des surfaces est modéré, on peut y parer en raccourcissant l’os sain'par résection d’un cylindre; si l'écartement est notable,onaurarecoursàlagreffe osseuse.

Après cet avivement, la plupart des chirurgiens assurent la contention soit par la suture osseuse, soit par un des procédés (agrafes et plaques métalliques) par lesquels on l’a remplacée et simplifiée depuis quelques années, soit par l’encbevillement central du canal médullaire avec une tige d’ivoire.

Je crois que l’on a tendance à abuser de ces insertions de corps étrangers dans les os. Même lorsque le foyer a toujours été fermé et aseptique, ils irritent l’os, le raréfient, provoquent des cals exubérants et cependant peu solides; la fistulisation secondaire estloin d’être exceptionnelle. Or il est souvent possible d’obtenir sans cela la contention avec un appareil bien fait. Lorsque c’est impossible, le mieux me paraît être d’enlever de parti pris le corps étranger dès que le cal est à peu près ossifié, et par conséquent je préfère la suture, ou mieux l’agrafage, à l'enchevillement central.

b. S’il y a une perte de substance (préalable ou due à la résection opératoire), incompatibleavec la coaptation des fragments, on a recours à la greffe osseuse.

Quelquefois on peut insérer dans la brèche un fragment osseux à pédicule adhérent pris sur l’os lui-même près de la fracture ou sur un os voisin. J’en parlerai à propos des pertes de substance du tibia, réparées àl’aide dupéroné(voy. p. 153).

La plupart du temps, on greffe un fragment libre, pris à distance :

Sur le sujet lui-même : greffe autoplastique ;

Sur un animal de même espèce : greffe homoplastique ;

Sur un animal d’espèce différente greffe hétéroplastique.

On a reconnu que le succès est meilleur si on laisse au transplant sa lame de périoste : mais ce n’est pas indispensable.

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