‹ Troubles locomoteurs consécutifs aux plaies de guerreChapitre 8 sur 95 · AXKYLOSE DE L’A VANT-BRAS · texte numérisé non relu

AXKYLOSE DE L’A VANT-BRAS

Je parlerai plus loin (voyez p. 53 et suiv.) de la libération aussi précoce que possible des doigts.

4» Une ankylosé en flexion, avec conservation des mouvements des doigts, devrait être traitée par la résection, et Ollier a démontré que celle-ci peut rendre au poignet une mobilité importante. Je n’ai pas rencontré de cas de ce genre : Tankylose en flexion, qu’un chirurgien attentif évite sinon toujours, au moins presque toujours, résulte de soins médiocrement dirigés, et alors l’infirmité des doigts rend l’opération ordinairement inutile.

L’immobilisation du poignet en flexion est quelquefois indiquée, par exemple pour maintenir la réductiqn de certaines fractures (môme sans plaie) du radius. Elle sera toujours de très courte durée et corrigée, sous chloroforme s’il le faut, aussi vite que possible.

I 4. — Ankylosé de l’avant-bras

On peut appeler ainsi la perle on la limitalion des rnouvemenls de pronation et de supination.

1“ Il altitude favorable, lorsque tout mouvement est supprimé, est la demi-pronation. La supination et ta pronation complètes sont toutes deux fonctionnellement gênantes.

. L’ankylose incomplète est en position favorable lorsque, quel que soit le degré et le sens du mouvement extrême (pronation ou supination), l’excursion arrive à la demi-pronatlon.

2» Vattitude instinctive d’immobilisation, que les os soient ou non fracturés, est la pronation si le sujet est couché, bras étendu le long du corps; c’est la demi-pronation si, couché ou debout, membre en écharpe, il appuie l’avant-bras transversalement contre le tronc, coude fléchi à angle droit. Cette dernière position est celle à laquelle aboutissent, quand on n’}^ prend pas garde, les fractures avec ou sans plaie des deux os de l’avant-bras ou d’un seul, du radius surtout.

3° altitude qu’il convient d’imposer au membre le

traitement dépend donc de ce que l’on prévoit pour le retour des mouvements.

En cas A'arthrite suppurée du coude, l’ankylose complète,

Baoc.\ — Troubles looom. 2

i8 ANKYLOSE DU COUDE

ou à peu près, est certaine ; on appareillera donc avant-bras

en demi-pronation.

En cas de fracture, au contraire, on immobilisera aussi tôt que possible en supination. On doit, en effet, escompter le retour, au moins partiel et étendu, des mouvements. Or la règle est que, si la lésion est abandonnée à elle-même, les fragments inférieurs se mettent en pronation sur les fragments supérieurs restés en supination. D’où, sans aucune complication du côté du cal, un É/éca%e'(voyez p. 121) en pronation et, par conséquent, une perte correspondante du retour possible, actif ou passif, en supination. L’immobilisation en appareil plâtré est quelquefois faite en demi-pronation : et souvent alors cette attitude persiste.

D’autre part, la supination est l’attitude où : 1“ les deux os de l’avant-bras ne se croisent pas ; 2° l’espace interosseux conserve autant de largeur que possible. Or le danger, dans ces fractures, est; soit un cal volumineux qui empiète plus ou moins sur l’espace interosseux et arrête le mouvement, quelquefois de façon complète; soit même une soudure des deux os d’où, naturellement, ankylosé complète.

La radiographie permet de diagnostiquer avec exactitude ces diverses lésions, contre lesquelles le traitement chirurgical est seul efficace. Il consistera en :

1° Ostéotomie simple et immobilisation en supination s’il y a simple décalage ;

2° Abrasion du caf s’il gêne par son volume et son empiètement sur l’espace interosseux ;

3“ Résection du pont osseux qui unit les deux os.

L’indication opératoire est relative, à poser d’après le degré de l’attitude vicieuse et la gêne professionnelle qui en résulte.

I 5. — Ankylosé du coude

lo est discutée. Pour les uns, c’est l’angle

droit, ou même légèrement aigu, avec demi-pronation de l'avant-bras. Pour les autres, c’est l'angle obtus, entre 125 et 135° d’extension, avec pronation de l’avant-bras.

Les premiers s’occupent surtout des actes habituels de la vie courante, manger, s’habiller, etc. Les seconds se préoccu-

- POSITION FA VORABLE

pent davantage de la force développée dans certains mouvements professionnels, par exemple pour pousser un rabot ou ' une lime, et l’attitude qu’ils recommandent est celle qu’en effet prennent d’ordinaire, pendant le travail à l’établi, les ouvriers manuels.

Entre 135“ et la rectitude, l’attitude est incontestablement défavorable et le membre presque inutilisable, même si les mouvements sont conservés dans ce champ en cas A'ankylosé incomplète ;

2“ L'attitude instinctive de repos étant l’extension à 135“, la question est de savoir si, pendant l’évolution d'une arthrite du coude il convient de la respecter, ou de la combattre, au contraire, en appareillant le coude à angle droit.

L’ankylose complète en rectitude sera toujours évitée un chirurgien attentif, qui fera en temps voulu, pendant que la plaie se cicatrise, le redressement et l'appareillage.

D’après ce que j’ai observé sur les ankylosés effectuées, la plupart des blessés se trouvent mieux de la position à angle droit : ils l’adaptent mieujTau travail qu’ils n’adaptent à la vie usuelle l’ankylose à angle obtus. C’est donc ainsi que pendant le traitement, et indépendaiftment de toute condition professionnelle spéciale, j’ai coutume d’immobiliser le coude menacé d’ankylose. Il faut d’ailleurs savoir que presque toujours, le membre étant remis en liberté un peu avant l’ossiflcation complète, la pesanteur le sollicite dans le sens de l’extension et fait perdre quelques degrés de flexion.

Quelquefois, on prévoit une ankylosé incomplète : c’est le cas, par exemple, des fractures de l’exlrérriilé inférieure de ■ ïhumérus avec saillie du fragment supérieur en avant; d’où, si la réduction est imparfaite, une cale qui arrête le mouvement de flexion. Il convient alors d’immobiliser en flexion à angle aigu car ; 1“ C’est la meilleure position pour maintenir la réduction ; 2“ c’est en ce sens que le gain de mouvement est le plus difficile à assurer, tandis que la pesanteur se charge du retour à l’extension ; or le sens utilisable du mouvement est la flexion.

3“ Lesprocédésà notredisposition redresser une ankylosé

en position vicieuse sont : a, le brisement de l’ankylosé ; b, la résection. L’ostéotomie n’a pas ici d’indications.

a) On a renoncé au brisement par machines plus ou moins

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