Méningite cérébro-spinale épidémique. — Il peut n'y avoir
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aucun trouble mental dans la méningite cérébro-spinale épidéraique ; d'ordinaire pourtant un léger degré de confusion mentale fait partie du tableau clinique. Cette confusion augmente pendant la nuit. Parfois il y a plus ; on a vu des délires violents, et même furieux, ayant des allures d'accès maniaque ou de délire aigu. Ou bien la confusion est si profonde qu'elle masque les phénomènes méningitiques. Le centre de psychiatrie de Lyon a vu arriver depuis deux ans une dizaine de malades, provenant des dépôts ou formations sanitaires de la place, ayant par conséquent un service médical régulier et des moyens rapides d'investigation, et qui n'étaient que des méningiles cérébro-spinales. Pour' tous, l'erreur était possible et tout à fait excusable.
Il faut connaître aussi les états de dépression et de confusion délirante à tendance de persécution qui marquent parfois le décours de la méningite cérébro-spinale, et peuvent même, exceptionnellement, constituer une séquelle durable. Autrefois, ils passaient pour fréquents et graves, et l'on s'attendait assez, pendant la maladie, à constater à la suite un déchet persistant de l'activité cérébrale. De même tout le monde savait la funeste réputation de la fièvre typhoïde à l'égard du cerveau. Aujourd'hui, le pronostic mental, très amélioré pour la fièvre typhoïde depuis la balnéation, s'est également très atténué pour la méningite cérébro-spinale. La sérothérapie et la meilleure organisation de la lutte contre l'infection en sont sans doute la cause.
Toutefois, les soins de détail, surtout pendant la convalescence, ont une grosse importance. Les services sanitaires britanniques, si heureusement organisés à cet égard, offrent au point de vue des séquelles mentales, des résultats beaucoup plus favorables que ceux auxquels 011 était habitué Le repos prolongé au grand air semble particulièrement efficace. Ces précautions sont nécessaires, et il y aurait peut-être lieu d'y attacher une importance toute spéciale. Les armées alliées vont être renforcées par des contingents d'un développement physique remarquable, mais qui paraissent d'une grande réceptivité, à en juger par l'importance des publications américaines, à l'égard de la poliomyélite infectieuse et de la méningite cérébro-spinale épidémique.
3. Méningo-encéphalites typhiques et paratyphiques. Réactions consécutives à la vaccination. — La confusion mentale légère lait partie du tableau clinique légitime de la fièvre typhoïde aussi bien que des affections paratyphiques. Il est exceptionnel que
les phénomènes mentaux deviennent prédominants, ceci, depuis que les traitements s'attaquent avec plus (!e succès à l'élément infectieux. Lorsqu'il y a une évolution du ce genre, elle se fait sous forme de stupeur confuse, bien plus souvent que de délire agité, et il s'agit surtout de prédisposés, comme on le voit notamment dans des observations intéressantes de P. Merklen. On notera que les paratyphoïdes peuvent produire de l'artérite cérébrale (Legroux) comme la fièvre typhoïde.
Mais le danger de la fièvre typhoïde au point de vue mental est moins dans la période d'état que dans les suites lointaines de la maladie. Il y a deux hypothèses possibles:
a. Les troubles mentaux, survenus pendant la maladie, ne cessent pas. Le malade passe insensiblement de la dothiénentérie à la confusion mentale subaiguë et chronique. Il a été en quelque sorte brûlé. C'est tout à fait exceptionnel.
b. Tout a bien guéri ; il persiste seulement un peu de torpeur intellectuelle et une diminution de la mémoire, peu marquées, qu'il faut chercher pour s'en rendre compte. Puis quelques semaines ou quelques mois après, dans une circonstance où le sujet doit faire preuve d'intelligence, d'initiative ou de volonté, il fait défaut tout à coup, un gros déficit intellectuel se révèle. On fait une enquête, et l'on apprend que, depuis la fièvre typhoïde, il na pas été comme avant. C'est surtout au point de vue médico-légal qu'il faut connaître ces faits. Il ne faut pas se presser de croire qu'une fièvre typhoïde — quelle que soit sa variété bactériologique — a été complètement guérie parce que le sujet, revenu de convalescence, a pu reprendre sa place au front.
Les vaccinations anlilyphiques ont donné lien, dans quelques cas, exceptionnels eu égard au nombre des injections faites, à des accidents nerveux, d'allure névritique même ; elles ont paru plus souvent surexciter l'aptitude convulsive decomitiaux à crises rares, elles ont été suivies d'accès maniaques ou mélancoliques chez des périodiques (Mairet) et de divers phénomènes psychonévrosiques variables. Il semblerait que ces troubles aient, dans l'ensemble, une certaine ténacité.
4. Infections et maladies épidémiques exotiques. — Le typhus exanlhématique, outre l'élément confusionnel habituel, paraît avoir été marqué, dans certaines épidémies récentes, par des formes délirantes et d'allure méningitique.
Les dysenteries agissent comme toutes les infections pendant
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la phase aiguë, mais il est rare qu'elles aient des réactions psychiques importantes, elles laissent parfois après elles un état dépressif lié à la dénutrition.
Le paludisme est par contre une cause importante de confusion mentale liée aux accès, et que compliquent parfois des interprétations délirantes greffées sur des lésions névritiques. En tous cas, on saura que les irapaludés peuvent, longtemps après avoir quitté le pays malarique, faire des bouffées de confusion mentale d'origine palustre. Il n'y a lieu de signaler que pour mémoire les accès pernicieux délirants. Mais Hesnard a attiré l'attention sur les psychoses palustres prolongées, qui ne sont que des confusions mentales entretenues à la fois par l'anémie, le mauvais état général, et les retours de paludisme.
La fièvre récurrente a manifesté, chez des indigènes algériens du service de Porot, des délires aigus et violents, avec fugues procursives, plus impressionnantes que les troubles psychiques. Un brusque tableau de délire aigu, chez un indigène pour lequel l'alcoolisme n'est pas en cause, doit faire penser à la fièvre récurrente.
5. Tuberculose. — Il faut rappeler d'un mot que la tuberculose méningée de l'adulte se dévoile assez fréquemment par un épisode délirant ou confus. Parfois, c'est un délire aigu classique, parfois aussi une torpeur curieuse, sans délire, qui s'établit en deux ou trois jours ; sans préparation le malade tombe dans un demi-coma, remuant sans cesse, sans agitation véritable, et manifestant par quelques plaintes indistinctes le mal de tête qu'il éprouve. La mort survient parfois avant que les signes classiques delà méningite aient eu le temps de se manifester.
6. Syphilis. — Il ne s'agit pas ici des accidents chroniques et tardifs de la syphilis cérébrale ou de la parasyphilis, mais des cas, rares mais non exceptionnels, où la poussée méningée de la période secondaire s'est traduite par un syndrome d'encéphalite. Ce sont des cas à connaître, d'autant qu'il paraît vraisemblable qu'ils laissent une certaine empreinte chez les prédisposés. Il semble bien, au demeurant, que les fatigues et les émotions de la guerre rendent plus fréquentes ces atteintes précoces du système nerveux central.