‹ Troubles mentaux de guerreChapitre 19 sur 95 · CONFUSION MENTALE CHRONIQUE · texte numérisé non relu

CONFUSION MENTALE CHRONIQUE

valu leur maintien dans l'armée. Haury, qui a beaucoup lait pour attirer l'attention sur cette catégorie de sujets dangereux, a publié l'observation d'un dément précoce déjà avancé, engagé volontaire, avant la guerre il est vrai. Mais il y en a eu bien d'autres depuis la guerre. Un dépôt de Lyon, qui reçoit beaucoup d'engagés, m'a envoyé à plusieurs reprises des hommes qui avaient paru bizarres pendant leur instruction militaire, et qui n'étaient que des déments précoces méconnus. Sur quels signes peut-on soupçonner la maladie ? D'abord sur des fautes militaires répétées, qui ne s'expliquent pas. C'est un homme qui reste couché le matin après le réveil, et refuse de se lever, prétendant qu'il a le droit de se lever quand il veut. C'est un autre qui arrive systématiquement en retard, ou persiste malgré des punitions sévères, à porter une tenue incorrecte. C'est souvent un homme qui s'isole de ses camarades — et un beau jour, se met à ne plus manger, et accuse des idées d'empoisonnement, sans avoir jusque-là donné l'apparence d'un mélancolique. C'est, en même temps que tous ces délits et tous ces actes illogiques, des moments curieux A' absence, pendant lesquels il est visible que le malade n'entend pas ce qu'on lui dit : C'est aussi, plus que tout cela peut-être, des rires explosifs et subits, survenant sans raison, et après lesquels le sujet reste justement silencieux et comme distrait. En même temps une indifférence affective totale. Si l'homme est au front, il négligera complètement de donner de ses nouvelles à ses parents qui s'inquiètent.

A cette période de début fait suite un incident quelconque, qui révèle brusquement les idées délirantes. C'est une fugue — ou bien l'homme vient trouver un de ses chefs, et lui reproche sur un ton agressif d'être venu l'injurier la nuit d'avant — un autre est hanté par l'idée de bêtes qui lui courent sur le corps et qu'il ne peut — pour cause — réussir à atteindre. Ces délires sont brusques, absolument incohérents et absurdes — souvent ils n'ont pas de durée, une idée chassant l'autre.

Aucun traitement, évacuer au plus tôt. Ces fous sont d'emblée parmi les plus dangereux.

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