‹ Troubles mentaux de guerreChapitre 28 sur 95 · II. — TROUBLES MENTAUX DANS LES MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

II. — TROUBLES MENTAUX DANS LES MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX

Voici quelques cas dont l'importance numérique est nulle, et qui ne valent que par les erreurs auxquelles ils auraient pu donner, lieu. A ce titre pourtant ils méritent une mention.

§ 1. — Tumeurs cérébrales.

J'ai vu trois fois des troubles mentaux caractérisés surtout par une torpeur intellectuelle profonde, avec indifférence générale, accompagnés par une céphalée rebelle, qui étaient les seuls signes de tumeurs cérébrales dont l'évolution ultérieure a fixé le diagnostic. Les caractères de la céphalée, qui ne manque pour ainsi dire jamais, et qui est gravative, les troubles fréquents de la vue, au besoin l'examen du fond d'oeil, permettront d'éliminer l'hypothèse de confusion mentale liée ou non à un fait de guerre. Quand il s'agira d'une tumeur cérébelleuse ou de l'angle pontocérébelleux, les troubles de l'audition et de l'équilibre feront le diagnostic. Mais celui-ci reste délicat dans les tumeurs des lobes frontaux. En cas de tumeur présumée, ne faire de ponction lombaire qu'avec une extrême prudence, et en n'enlevant que la quantité de liquide utile pour un examen. On voit des morts subites par décompression cérébrale brusque.

§ 2. — Maladie de Parkinson.

Il y a des parkinsoniens frusies, peu atteints au point de vue moteur, ou n'ayant, par exemple, qu'une monoplégie parkinsonienne qui permet encore leur utilisation dans l'armée. Il n'est pas rare que ces formes frustes comportent quelques troubles mentaux, à caractère dépressif. Ce n'est pas seulement le résultat des réflexions que les malades peuvent se faire sur

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leur état. On voit parfois, sans intervention toxique ou médicamenteuse, des bouffées confuses légères, avec un peu d'anxiété.

§ 3. — Sclérose en plaques.

Il y a dans l'armée beaucoup de fausses scléroses en plaques, névroses rigides et Iréraulantes d'origine hystérique ou hystérotraumatique. Mais il y a aussi quelques scléroses en plaques organiques. Elles ont un certain intérêt parce qu'il se peut qu'il y ait dans le nombre des officiers, n'ayant en apparence qu'un trouble moteur léger, compatible à première vue avec un emploi sédentaire. Or il faut bien savoir que dans ce syndrome complexe qu'est la sclérose en plaques, la participation de l'écorce cérébrale est bien plus fréquente qu'on ne le croit d'ordinaire. On voit ciiez ces malades survenir brusquement, soit des bouffées confuses, soit des idées délirantes, de ^grandeur surtout, dont les conséquences seraient graves si le malade avait, à ce moment, la possibilité de donner des ordres. Il s'agit surtout alors de scléroses en plaques développées lentement à l'âge mûr, et précisément de ces formes frustes dans lesquelles interviennent sans doute des facteurs étiologiques multiples — alcool et syphilis notamment — capables par eux-mêmes de produire des troubles mentaux.

En présence d'un tremblement, qui pourra être localisé, ou hémiplégique, on examinera donc très soigneusement l'état mental, de manière à ne pas laisser de responsabilité à des malades susceptibles d'avoir des accidents sérieux.

§ 4. — Tabès.

Le tabès est de beaucoup le plus important parmi les problèmes que posent les maladies nerveuses organiques. Les tabétiques sont nombreux ; il y en a parmi le corps d'officiers, il y en a également parmi des auxiliaires que l'on maintient dans l'armée parce qu'ils peuvent y rendre des services, dans un bureau par exemple, et dont un examen trop sommaire a fait simplement déclarer qu'ils étaient inaptes à la marche et au service armé, comme ayant des « rhumatismes ». On ne se figure pas ce qu'il y a de tabès méconnus. Cela tient peut-être à ce que nous savons mieux dépister les tabès frustes, et surtout sans doute à ce que la syphilis étant souvent mieux traitée que par le

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