‹ Troubles mentaux de guerreChapitre 29 sur 95 · MALADIES NERVEUSES · texte numérisé non relu

MALADIES NERVEUSES

passé, beaucoup de tabès sont moins graves. C'était du moins l'impression que j'avais jusqu'à ces derniers temps. Puis le hasard m'a montré quelques tabès graves, qui, circonstance particulière, étaient aussi des tabès précoces, qui avaient été traités par les arsénobenzols. Au point de vue du traitement par ces derniers agents, la question se pose donc un peu dans les mêmes termes que pour la paralysie générale.

Le danger du 606 paraît être surtout de favoriser les poussées congestives sur les centres nerveux, et en même temps de soumettre ceux-ci à une action toxique. Or ces deux inconvénients sont précisément ceux qui commandent le plus directement les troubles mentaux du tabès. Ceux-ci, schéniatiquement parlant, sont de deux ordres :

D'abord des idées tristes, des tendances vagues au délire mélancolique et au délire de persécution ; ceci est en rapport avec les douleurs, et surtout avec les troubles profonds de la cénesthésie et des appareils sensoriels. A cette qualité de troubles correspond presque toujours un appoint toxique. On les voit disparaître par un régime sévère et des purgatifs : parfois aussi ils sont favorablement influencés par une ponction lombaire, comme Debove l'a montré pour les crises gastriques.

L'autre forme de troubles mentaux tabétiques, c'est la poussée mégalomaniaque avec excitation, la « paralysie générale tabétique ». Ici deux alternatives : si la poussée inflammatoire est violente, si peut-être aussi on ne parvient pas à la détourner, la maladie fait des progrès rapides, et le sujet est emporté par une paralysie générale qui brûle les étapes.

Si au contraire, ce qui est beaucoup plus fréquent, il ne s'agit que d'une poussée inflammatoire moyenne, au bout de quelque temps tout rentre dans l'ordre, ne laissant qu'un très léger degré d'afl'aiblisseraent intellectuel. Il y a ainsi, de par le monde, et il y a aussi dans l'armée, des tabétiques qui font de temps en temps une bouffée d'excitation délirante de quelques semaines, pendant laquelle ils sont des paralytiques généraux. Et quelque temps après, on les retrouve en bon état, ayant simplement quelques troubles de la marche. Ces formes tabétiques de la paralysie générale que Pierret a fait connaître, et auxquelles on a appliqué le terme de paralysie générale régressive, peuvent durer très longtemps, et manifester des rémissions assez impressionnantes. Assurément, môme dans les cas favorables, le maintien dans l'ar-

mée sera difficile. Mais il y a une erreur de pronostic à éviter en pareille occurrence.

I 5. — Pachyméningite hémorragique.

Nous avons déjà cliargé l'alcool de lourdes responsabilités. 11 faut encore lui attribuer, sauf exception, les accidents comateux, précédés souvent d'une phase d'obnubilation cérébrale marquée, de la pachyméningite cérébrale hémorragique.

Page 1