EPILEPSIE
sujets, qui étaient adaptés à certaines conditions de vie, ont dû changer leurs habitudes, leur régime, qui pour certains est devenu plus carné qu'auparavant, ont été troublés dans leur sommeil et leur repos, ont eu des troubles dyspeptiques, parfois un peu de surmenage circulatoire et cardiaque, élément de premier ordre dans la palhogécie des crises, et ont enfin été soumis à deux convulsivants décisifs chez les prédisposés : l'émotion et l'alcool.
Il est bien entendu qu'ici l'émotion n'agit pas seulement par suggestion, mais d'une manière complexe, peut-être par intervention de l'appareil circulatoire. Quanta l'alcool, il est inutile d'insister. La suppression de l'absinthe a diminué, comme nous le verrons, les actes impulsifs des épileptiques alcooliques, mais dans une faible proportion, en raison de l'action nocive d'autres boissons à essences. Mais c'est surtout de ce coté qu'il faut chercher l'augmentation du nombre des crises.
Diagnostic des crises- — La différence entre la crise névropathique (hystérique) et la crise épileptique repose surtout sur les caractères suivants : dans [épitepsie, survenance des crises à un moment quelconque, ou à une heure assez, régulière, mais en. tous cas sans intervention d'une circonstance particulière, cri initial, joà/ewr de la face, mydriase, succession d'une phase tonique et d'une phase clonique sans mouvements exagérés, sans attitudes illogiques — miction involontaire, morsure de la langue, torpeur comateuse terminale avec hébétude consécutive. Assurément certains de ces caractères peuvent se voir dans une crise névropathique, ou même être simulés — quoiqu'on ne simule guère une morsure de la langue réelle et constatable. Mais les signes, comme la pâleur et la mydriase, qui échappent à la volonté, ont une grosse valeur diagnostique.
L'état intermédiaire aux crises donnera aussi une impression qui ne trompe guère, lorsqu'on a quelque expérience clinique. Le névropathe à crises reste un névropathe, dont l'émotivité évidente, les paroles et les actes ont un cachet bien spécial. L'épileptique peut être normal, tout en conservant certains détails qui au premier abord n'attirent pas suffisamment l'attention : un eutêtement exagéié, un peu d'impulsivité, ou encore la nuit, pendant le sommeil, des grincements de dents.
Epilepsie psychique. — L'impulsivité ordinaire de l'épileptique
se transforme parfois, comme l'on sait, en phénomènes d'automatisme, en étals seconds, qui remplacent les crises, et qui peuvent être, soit des accès de folie furieuse, d'une violence aveugle, survenant brusquement, comme une crise, et au cours desquels le sujet peut commettre un meurtre, par exemple, sans en conserver le moindre souvenir — soit des phénomènes plus complexes et plus durables.
Le plus fréquent peut-être de ces phénomènes est la erjse oTûmtomatisme de quelques heures au cours de laquelle l'épileptique fait une fugue. A un moment donné, il revient à lui, tout étonné et ne comprenant rien à ce qui s'est passé. 11 peut arriver, mais ce sont des raretés extrêmes et contestables, dont il ne semble pas que l'on ait publié de cas depuis la guerre, que l'accès d'automatisme dure plusieurs jours. On saisit en tous cas le problème médico-légal qui se pose. Il est d'autant plus délicat, comme on le verra, que certaines observations tendent à montrer, aussi bien pour l'accès de folie furieuse que pour la fugue, que la perte de conscience peut n'être pas absolument totale.
A côté des crises d'automatisme, il faut faire une place pour les délires de l'épilepsie. Ils appartiennent à l'épilepsie larvée, c'est-à-dire sans crises habituelles, et leur nature épileptique n'est souvent démontrée que rétrospectivement — ou bien par la notion d'autres incidents, nettement épileptiques. Ce sont des accès de confusion mentale, avec hallucinations et onirisme semblables à ce que nous avons décrit au chapitre des psychoses aiguës. Mais ils s'accompagnent d'agitation, parfois intense et de type maniaque, à tel point que Pierrel et d'autres auteurs se sont demandés si la psychose maniaque-dépressive n'était pas une variété d'épilepsie.
Quand les accès délirants surviennent chez un épileptique qui a des crises ils ont d'ordinaire une forme différente. Survenant après la crise, et durant quelques jours, ils représentent une psychose d'épuisement, et sont à type mélancolique et dépressif.
Epilepsies par lésion périphérique. — Inutile de rappeler ce qu'est l'épilepsie jacksonienne, et celte vérité élémentaire qu'elle peut être produite par des lésions cérébrales ne correspondant pas à la zone motrice. On remarquera en passant qu'elle n'est peut-être pas aussi fréquente qu'on n'aurait pu le craindre, avec le nombre considérable de lésions cérébrales traumatiques que