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IV. — HYSTERIE

Si l'on s'en rapportait aux titres d'un certain nombre de publications étrangères, notamment russes et allemandes, il y aurait un nombre important de psychoses « hystériques » de guerre. Ce n'est pas l'impression que l'on retire de la pratique d'un grand centre ou des publications françaises. Mais la divergence est peut-être surtout dans les mots. Les auteurs russes, notamment, attribuent k l'hystérie les confusions mentales émotives que nous avons englobées dans le cadre général des états confusionnels — les psychoses commotionnelles et sans doute aussi quelques étals de délire polymorphe chez des dégénérés. Chez nous, malgré les discussions d'école, le terme d'hystérie est moins compréhensif.

Assurément, l'hystérie, en elle-même, est une maladie niealale, mais il ne faudrait pas exagérer la valeur de l'état mental des hystériques au point de tes considérer en bloc comme de grands malades, et surtout comme tels dans l'intervalle des paroxysmes.

Dans la vie courante, en dehors des crises, l'hystérique mâle, qui est du reste un spécimen moins répandu qu'on ne l'a dit, est

un mythomane et un déséquilibré. A ce double titre, nous allons le retrouver un peu plus loin. Mais la mythomanie, dont nous allons voir la part dans une série de délits, n'est pas toujours, tant s'en faut, un phénomène pathologique que les sanctions répressives soient impuissantes à réfréner. Il en est pour elle comme des accidents paroxystiques ; ils sont involontaires surtout parce que le sujet s'abstient de leur résister. Une psychothérapie active et ferme réussit toujours. Les crises convulsives de grande hystérie ne sont pas de la simulation, mais lorsque les malades sont placés dans des services fermés, d'où l'on ne sort pas à volonté, lorsqulls sont bien prévenus que Von ne veut pas de crises, celles-ci disparaissent. Le tout est d'être sûr de son diagnostic, et de ne confondre les hystériques, ni avec les simulateurs, ni avec les épileptiques.

Donc il y a des confusions mentales, des délires, d'origine émotive, chez des sujets de tempérament hystérique, il n'y a guère, dans la pratique courante, de psychose uniquement et proprement hystérique. L'émotion qui agit en pareil cas n'est du reste pas nécessairement la peur : H. Claude, M. Dide etLejonne ont publié notamment l'histoire d'un homme sans peur, « impavide », dont la raison sombra sous une accusation de vol. Quant aux délits et aux actes des mythomanes, c'est une question d'espèce, à envisager au point de vue médico-légal seul.

En liaison, si l'on peut dire, avec l'hystérie, il y aie somnambulisme. Il est très rare à un degré accentué, mais non exceptionnel, et j'ai vu plusieurs jeunes soldats, pour lesquels l'enquête a démontré l'existence d'un somnambulisme constant, datant de l'enfance, et chez lesquels aucune tentative thérapeutique n'a pu agir. Il va de soi, dureste, que, quelle que soit la bonne volonté des sujets, les circonstances, les risques de guerre, exercent une contre-suggestion trop importante pour que l'on puisse espérer quelque chose.

Quand les crises sont certaines, il faut renoncer à maintenir ces hommes dans un emploi quelconque. Les responsabilités qu'ils entraînent dépassent ti'op les services qu'ils peuvent rendre. On est tenté de se dire que la nature « a des ménagements pour l'hystérique » et que celui qui se promène la nuit sur les toits de la caserne ne tombera jamais. C'est une erreur, il y a eu des accidents, et le somnambule, bien que d'ordinaire doux, peut nuire aux autres encore plus qu'à lui-même.

PSYCHASTHENIE i25

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