III. — LES DÉLITS
Sous peine de redites sans fin, on ne peut donnei' que quelques exemples des délits militaires poui' lesquels se pose la question de responsabilité, et aussi des types ordinaires d'aliénés délinquants. Il va de soi que ces exemples ne sont que des indi- ^■-ations, et qu'en dehors d'eux toutes les éventualités sont possibles.
§ 1. — La fugue, l'abandon de poste et la désertion.
Voici trois infractions qu'il n'est pas juridique de réunir, et pourtant qu'il serait irrationnel d'étudier séparément, au point de vue de la responsabilité mentale. Ce sont les circonstances et leur durée qui les distinguent, bien plus que des raisons médicales, lorsque celles-ci interviennent. Du reste, pour les troupesen ■campagne, les trois infractions sont à peu près équivalentes.
La fugue, comme l'a bien monti'é Régis, est l'élément le plus constant de la délinquance militaire. C'est le plus fréquent, le plus simple, et tous les autres y aboutissent. C'est aussi la réaction naturelle à la fois du coupable et du malade. Déjà en temps de paix la privation de liberté est ce qui pèse le plus au régiment. En temps de guerre les circonstances sont souvent mauvaises conseillères, et ce n'est pas seulement la peur que je veux dire : c'est l'alcool, c'est la fatigue, ce sont les reliquats