‹ Troubles mentaux de guerreChapitre 46 sur 95 · LES RENVOIS AU CORPS · texte numérisé non relu

LES RENVOIS AU CORPS

Pour une blessure ordinaire n'ayant pas atteint profondément l'état général, un congé de convalescence n'est pas utile, et la permission réglementaire peut suffire Poui- les malades atteints de troubles mentaux, le retour direct au corps, ou après les sept jours de permission, est au contraire l'exception. Toutes les fois qu'il s'agit d'un trouble sérieux, il faut admettre qu'il sera long, ou plus encore que l'homme sera longtemps fragile. Il y a cependant des exceptions.

§ 1. — Le renvoi direct au front.

Certains hommes doivent être renvoyés directement au fronl, et, quand ou ne peut les acheminer sans délai sur leur gare régulatrice, il y a lieu de prévenir le médecin chef de service à leur dépôt en le priant, avec explications à l'appui, de les comprendre dans le plus prochain renfort. Ce sont les déséquilibrés utilisables, les indisciplinés conscients et amendables, et avant tout les alcooliques habituels. Tout homme dont on sait d'avance qu'il va faire une fugue, ou se mettre dans un cas de Conseil de guerre à la suite d'une crise d'ivresse, et qui par ailleurs est apte au service armé et ne présente aucun trouble mental permanent, ne doit pas séjourner au dépôt. Ces hommes devraient même être régulièrement pi'ivés de leur permission de sept jours, quand ils sont en provenance du front. Nous ne comptons plus les infractions dues à l'ivresse du départ. Les dépôts, avec l'inaction, les heures de liberté, le débit tout proche et les attraits de la ville, développent et aggravent les cas de ce genre.

§ 2. — Le renvoi au dépôt ou à l'usine.

Le renvoi direct, sans convalescence, au dépôt ou à l'usine, correspond à tous les cas légers, et aussi à ceux, assez nombreux, qui ne se prêtaient pas à l'envoi en convalescence, et pour lesquels il valait mieux attendre la guérison complète sous le régime de l'hospitalisation. Assez souvent, en raison des difficultés que présente la psychiatrie pour des médecins non familiarisés avec elle, on ne se contentera pas de mettre les pièces

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en règle, mais on adressera au médecin chef de service une note sous enveloppe, indiquant les troubles que le malade a présentés, et au besoin pouvant servir d'indication sur la conduite à tenir à son égard.

Beaucoup de sujets, anciens blessés, confus suite de fatigues ou de maladies, et dignes d'intérêt véritable, sont accueillis à leur retour au dépôt par des railleries ou par une suspicion également fftcheuses pour leur état mental. On préviendra de même, et avec grand soin, lorsque l'on renverra un exagérateur. Au début de la campagne, avant la constitution des centres spéciaux, les persévérateurs et les exagéiateurs avaient la partie belle ; en se faisant hospitaliser successivement dans diverses formations, d'où on les renvoyait au dépôt, ils prolongeaient leur situation. La constitution des dossiers, l'envoi dans les centres en consultalion a rais un terme à ces pi'atiques.

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