III. — INTERNEMENT
Suivant l'organisation matérielle et administrative des centres, il est évident qu'il n'y aura pas lieu d'interner exactement la même catégorie de sujets. Si le centre peut disposer, dans l'asile d'aliénés voisin, d'un certain nombre de lits fonctionnant comme hôpital bénévole, complètement militarisés, il pourra éviter la formalité de l'internement à beaucoup de malades. Si au contraire l'asile d'aliénés ne fonctionne que suivant le mode du temps de paix, on sera obligé d'interner, au moins temporairement, un effectif assez important.
En effet, parmi les malades que nous recevons au service central, deux conditions commandent, sinon l'internement légal, du moins le séjour dans un asile d'aliénés, c'est d'une part la chronicité, pour ne pas dire l'incurabilité — ainsi pour des déments, des persécutés chroniques avec réactions dangereuses, etc — c'est d'autre part l'état, essentiellement transitoire, d'agitation extrême ou de réactions dangereuses. Il faut, pour ces derniers malades, une installation spéciale et un personnel expérimenté, sinon on se trouve condamné à l'emploi abusif et prolongé de moyens de contention d'un autre âge, on fait souffrir d'autres malades par le voisinage de celui qui s'agite, et on risque enfin des accidents. De même s'il y a des idées de suicide nettes. On se souviendra,