INTERNEMENT
pour ces derniers malades, qu'avant le moment du transfert à l'asile, il ne faut à aucun prix les isoler dans une chambre, même avec fenêtre fermée et mobilier restreint. Aucune consigne donnée à un infirmier ne met à l'abri du suicide un malade laissé seul dans une chambre. Mieux vaut de beaucoup le laisser en contact avec des camarades, prévenus et attentifs.
L'internement peut être très court, par exemple pour des alcooliques ou des maniaques qui peuvent, la grande agitation passée, être réintégrés dans un service ordinaire du centre. Aussi est-il avantageux, si le chef du centre n'a pas en même temps autorité directe sur l'asile, qu'il se tienne en communication avec le médecin en chef de celui-ci, de manière à en faire sortir les malades aussi rapidement que possible.
L'internement se fait sous la forme légale du placement volontaire, fait au compte du ministre de la guerre dans l'asile départemental, lorsqu'il y a accord préalable entre l'administration préfectorale et l'autorité militaire. En pareil cas, deux pièces suffisent à opérer sans délai le placement ; c'est un certificat médical, et une demande de placement signée, au compte de la guerre, par le médecin-chef de la formation où se trouve le malade à interner.
Dans les asiles où il n'y a pas de convention établie entre la Préfecture et le Service de santé, celui-ci est obligé de demander au Préfet de prendre un arrêté d'internement d'office, ce qui fait des retards, et parfois de vraies difficultés, les bureaux des Préfectures pouvant différer d'opinion avec le Service de santé sur le caractère dangereux présenté par le sujet et sur la nécessité et l'urgence de son placement d'office.
Comme l'on voit, il y a lieu parfois d'interner des aliénés curables. Il convient donc de réagir absolument contre la confusion qui existe trop souvent dans le public, dans les administrations et parmi les médecins, entre hommes à interner et hommes à réformer. Ce n'est pas du tout la même chose, et si des instructions, aulérieures à la guerre, envisagent la réforme comme nécessaire pour tous les internés, c'est uniquement en vertu de l'éternelle méprise entre les troubles mentaux aigus et l'aliénation chronique.
LÉPiNE- — Troubles menlaïuc de 'juerre. 12