‹ Troubles mentaux de guerreChapitre 50 sur 95 · CONGÉS DE CONVALESCENCE · texte numérisé non relu

CONGÉS DE CONVALESCENCE

tes nécessaires. On indique en pareil cas dans la proposition.de congé que l'homme devra, à l'expiration de sa convalescence, se représenter au centre d'où il tient son congé. Ces congés de convalescence avec retour à f hôpital, que les règlements n'ont pas toujours autorisés, sont, pour les centres de l'intérieur, un moyen précieux en ce qui concerne les mentaux. Ils permettent, mieux que toute aritre solution, de laisser dans la circulation des gens sur l'ét^ft mental desquels il y a des suspicions sérieuses, mais qu'il n'y a d'autre part aucune raison suffisante de conserver, pendant un temps parfois assez long, sous le régime de l'internement ou même celui de l'hospitalisation.

Le simple retour au dépôt n'offre en effet aucune garantie pour les malades mentaux soit les plus intéressants, soit les plus dangereux. Pour les premiers, les blessés et commotionnés, l'absence de blessures ou leur guérison rendent très difficile pour le médecin du dépôt de les distinguer des exagérateurs. Quant aux malades dangereux, les persécutés notamment, qui cachent avec grand soin leur délire, ils peuvent, s'ils retournent simplement à leur dépôt, être compris dans un envoi au front, où ils risquent de faire un malheur. Donc, chaque fois que le chef de centre n'aura pas l'impression qu'il peut se décharger de toute responsabilité en ce qui concerne un malade, qu'il le fasse bénéficier du retour à l'hôpital.

Quelle doit être la durée des congés ? — Très longue . Au début de la campagne, il m'est arrivé de proposer des commotionnés confus pour une convalescence de 4.5 jours et de me croire généreux. De même que le prof. Grasset, qui a insisté à plusieurs reprises sur cette question, je suis revenu de cet optimisme, et, loin d'avoir à regretter des congés trop longs, j'ai chaque semaine la surprise de recevoir une demande de renseignements ou de dossier pour d'anciens malades du service, partis en convalescence et paraissant guéris, qui ont Iraîné à leur retour de dépôt en hôpital jusqu'à la réforme.

En fait, pour un commotionné sérieux, avec perte de connaissance au début, et hospitalisation de un à deux mois (centres d'avant et centres de l'intérieur compris), un congé de convalescence de deux mois est normal. Souvent il sera insuffisant. Quelquefois, surtout s'il demeure des lacunes de mémoire et de la tendance aux bouffées congestives, on peut demander trois mois d'emblée.

De même pour Faccès confus léger ou moyen, deux mois sont

i8o TROUBLES MENTAUX DE GUERRE

ua minimum. Ce n'est que pour l'accès très léger qu'un mois suffil. Quanta la confusion mentalegrave, \d. trépanation avec plaie cérébrale ou même simplement ouverture de la dure-mère, la commotion avec persistance d un syndrome accentué, par exemple avec signes de paralysie générale, pour tous ces cas il faut trois mois.

De même pour les délirants chroniques, les paralytiques généraux, les déments précoces, trois mois. Même délai pour les mélancoliques sérieux, pour les suites d'un accès maniaque franc. Au contraire les petits déprimés mélancoliques pourront se contenter de un k deux mois. On n enverra j amais en convalescence un homme ayant des idées de suicide.

On donnera le moins de congé possible aux alcooliques, et d'une manière plus générale aux toxicomanes, car il y a quelques morphinomanes ou même cocaïnomanes, rarissimes, qui font des accès de confusion mentale légère.

Page 1