VI. — REFORME No
Au début de la guerre, on a réformé w 2 une quantité de sujets, simplement parce qu'ils étaient aliénés, ou qu'on les considérait comme tels. On supposait, en vertu de l'erreur que j'ai déjà signalée, qu'ils étaient des aliénés définitifs et d'autre part voués irrémédiablement par leur constitution à devenir aliénés. Or, de ces sujets, les uns ont guéri, et d'autres étaient des victimes directes de la guerre. Dans les deux cas, la réforme n» 2 était injustifiée. La prédisposition, nous l'avons vu, existe chez beaucoup, mais non à un égal degré.
Aussi les réformes n° 2 sont-elles plus rares à l'heure actuelle. Quand les erreurs du début ont été reconnues, des instructions ministérielles sont venues préciser le devoir des médecins et des commissions, qui, avant de prononcer la réforme n" 2, doivent s'assurer qu'aucun fait de service ne peut être en cause. D'où l'augmentation du nombre des réformés n° 1, comme on le verra j)lus loin.
Néanmoins, la réforme n" 2 reste la solution nécessaire pour
REFORME A^o 2 i8S
un assez grand nombre de gens que l'on voil surtout dans les centres de l'intérieur, ceux des armées recevant i)lutôt des hommes chez lequel le fait de guerre peut intervenir. Mais l'intérieur doit trancher, non seulement le cas de malades qui n'ont jamais pu être envoyés au front, et qui ont encombré plus ou moins longtemps les dépôts, comme auxiliaires ou comme inaptes, mais aussi celui des récupérés, à la suite de visites nouvelles d'anciens exemptés ou l'éformés, et enfin le cas des réformés n" 2 ou temporaires soumis à la contre-visite par le jeu de la loi Dalbiez et repris à ce moment. Car il faut bien le dire : pour les troubles mentaux, c'est une sorte de rocher de Sisyphe qui retombe perpétuellement sur les centres spécialisés. Nous avons fait réformer des hommes, qui ont été repris au bout de trois mois à la contrevisite, que nous avons réformés à nouveau, et qui, s'étant engagés, nous sont encore revenus pour une troisième réforme.
Les catégories justiciables de la réforme n" 2 et dont l'énumération doit remplacer la formule rapide « aliénation mentale » desanciennes instructions, sont entre autres les suivantes:
Les psychoses chroniques et emblée, c'est-à-dire ['imbécillité et Vidiolie, la débililé mentale (lorsqu'elle atteint \\\\ certain degré), les délires chroniques de persécution, le déséquilibre mental, suivant les indications données au paragraphe précédent, \ri psychose maniaque-dépressive, c'est-à-dire la manie-mélancolie, la confusion mentale chronique, quand elle n'est pas consécutive à un fait de guerre, la démence précoce, les séquelles importantes de traumatisme crânien en dehors du service, les reliquats profonds d'encéphalites dans les mêmes conditions, Vépilepsie constatée (sauf les cas à placer dans le service auxiliaire), le somnambulisme également constaté, certains cas d'hystérie grave, des états dépressifs et neurasthéniques anciens, sans rapport avec la guerre, et avec état physique médiocre, h psychasthénie constituée (obsessions très graves, phobies importantes) sauf les cas utilisables dans l'auxiliaire, les démences orgaiiiqties, Vartério-sclérose cérébrale, le tabès avec troubles mentaux, la paralysie générale, sauf les cas spéciaux dont nous parlerons plus loin.
Pour un certain nombre de ces malades, et surtout pour tous les déprimés ou névropathes jeunes, susceptibles de s'améliorer au bout de quelque temps, on doit substituer à la réforme n" 2 la réforme temporaire, !'« catégorie, c'est-à-dire sans gratification.