‹ Troubles mentaux et troubles nerveux de guerreChapitre 6 sur 18 · DES CONDITIONS ORGANIQUES DES TROUBLES MENTAUX GONFUSIONNELS · texte numérisé non relu

DES CONDITIONS ORGANIQUES DES TROUBLES MENTAUX GONFUSIONNELS

Jusqu'ici nous avons constaté chez les confus un accident initial (émotion presque toujours suivie de commotion) et toute une série de troubles mentaux que les confus présentent à des degrés divers (onirisme, passivité, obtusion, amnésie, difficulté plus ou moins grande de l'effort mental sous toutes ses formes).

Est-il possible de savoir comment la secousse initiale produit de pareils troubles? Peut-on expliquer la confusion des confus ?

les lésions organiques ont attiré très justement l'attention des médecins. Les lésions externes ne sont pas rares, car les confus ont pu être blessés directement ou indirectement par l'obus dont l'éclatement lésa commotionnés ; mais ces lésions manquent souvent ou se réduisent a des contusions insignifiantes.

Les lésions périphériques telles que les hémorragies auriculaires et les commotions labyrinthiques ne sont pas rares non plus, mais elles ne sont pas constantes et, pas plus que les précédentes, elles = 89 =

TROUBLES MENTAUX ET NERVEUX DE GUERRE n'expliquent le phénomène profond de la confusion mentale.

< Dans le liquide céphalo-rachidien qui baigne la masse du cerveau et de la moelle, P. Ravaut (i)a signalé, chez des commotionnés, du sang, du pus, de l'albumine qui devraient faire penser à des lésions organiques du système cérébro-méningé et ces symptômes seraient d'un grand intérêt s'ils étaient constants, mais ils ne le sont pas. Gustave Roussy et J. Boisseau (a), ayant examiné le liquide céphalorachidien de dix-neuf sujets présentant des troubles neuro-psychiques après éclatement d'obus de gros calibre, ont trouvé dix-sept résultats négatifs.

Henri Aimé et moi-même avons trouvé, une fois seulement, un peu de sang dans le liquide céphalorachidien, par ailleurs normal, de douze confus pris en série.

Sans doute, il faudrait bien se garder de conclure de ces résultats négatifs à l'absence de toute lésion cérébrale ou médullaire. Nous verrons au contraire que, même dans certains cas où le liquide céphalo-rachidien est normal, nous pouvons avoir toutes raisons d'admettre et d'invoquer de petites lésions centrales pour expliquer un certain nombre d'accidents dont je parlerai plus loin et qu'on se presse un peu trop d'appeler hystériques ou pithiatiques ; mais, pour ce qui concerne les accidents caractéristiques de la confusion mentale que je viens de décrire, on ne fait que constater un fait en disant que la recherche des lésions n'a même pas permis d'esquisser une explication générale.

Si l'on veut entrevoir, sinon l'explication, du moins

(l) Bulletin de l'Académie de médtciue, aa juin 191 5. (») Presse médicale, 11 novembre 1915.

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