‹ Troubles nerveux d'origine hépatiqueChapitre 18 sur 53 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

‘(Klippel. Zn Arch. gén. de méd., 1893, p. 189.)

Folie hépatique. Signes d'excitation maniaque puis dépression. Insuffisance hépatique. Urobilinurie avec hémaphéisme. Dégénérescence granulo-atrophique du foie. Pas de lésions cérébrales notables.

Le nommé Riv.… Pierre, employé des postes, 62 ans. Entré le 1er juin 1891, à la clinique de M. le professeur Ball, à Sainte-Anne.

Le malade est atteint d’aliénation mentale depuis environ six semaines. À cette époque il a quitté son pays pour venir à Paris. En arrivant il a présenté les signes d’un délire qui s’est accentué dans la suite.

Avant son départ il était bien portant, il s'était, peu de temps auparavant, senti fatigué et avait demandé un congé de quelques jours à l'administration des postes, où il était employé. Il profita de ce congé qui lui fut accordé pour venir voir un ami à Paris. I n'avait présenté, au dire de sa. femme et de ses amis, aucun signe de trouble mental. Sa santé habituelle était bonne, il n'avait fai aucun excès de boisson. Nous pouvons être affirmatif à ce sujet s important à élucider. Sa femme et ses collègues nous ont donné l'assurance de sa parfaite sobriété.

Pas d’antécédents héréditaires connus de sa famille En arrivant à Paris on le trouva très excité, ayant un besoin continue] de mou-

CRSTEUS

vement. Il passait ses journées en voiture, fréquentait une mauvaise société qui l'avait exploité et avait tiré de lui une partie de ses économies. Puis il ne savait où il allait, il parla une fois de se noyer à Charenton.

Il est possible que durant sa folie, mais alors seulement, il ait fait des excès alcooliques. Le fait n’a pu être que soupçonné.

Sa femme vint à Paris et essaya de le décider à rentrer, mais, n'y pouvant parvenir, elle le fit arrêter.

Entré à Sainte-Anne, le malade était dans une agitation et excitation constantes. Il resta maintenu dans un cabanon jusque peu de temps avant sa mort.

On constate chez lui de l'agitation, du désordre des idées et des actes, des conceptions vaniteuses. Il a des amis parmi les plus hauts personnages; il a une mémoire extraordinaire, les journaux vont lui consacrer des articles élogieux à propos de ses états de service.

Dès son entrée on constata des particularités importantes comme révélant une lésion entraînant l'insuffisance du foie.

Le 10 juin ses urines examinées à l'état frais ne contiennent ni sucre, ni albumine. Leur coloration est claire. On y voit dans les quinze premiers jours de son entrée de fins grains d’un sable rouge qui se déposent au fond du vase et qui, au microscope, sont des cristaux d'acide urique. Il y a, par l’acide nitrique, une coloration brun foncé {réaction de Gubler).

On constate, en outre, une très large raie d'urobiline par l'examen avec le prisme.

Fétidité des matières fécales.

Teinte hémaphéique sans ictère biliphéique, ni ascite.

Température normale. Pas de troubles gastriques.

Pendant les quelques premiers jours d: son entrée, les quantités d'urobiline sont fortes. À partir du 16 il survient une diminution, mais avec persistance de ce signe. Le malade est alors moins excité.

Dans la nuit du 28 au 29, 15 malade a un violent accès d’agitation et n’a cessé de parler de 9 heures du soir à 3 heures du matin.

Les urines examinées le lendemain contiennent des pigments biliaires et de l’urobiline.

Il n’y a plus d'acide urique en cristaux. Le même examen a été pratiqué tous les deux jours jusqu’à la mort du malade. Il y a eu constamment de l’urobilinurie en des qnantités variables et sans rapport avec l’état de plus ou moins grande agitation.

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