‹ Troubles nerveux d'origine hépatiqueChapitre 25 sur 53 · OBSERVATION XV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XV

Il s’agit d’un jeune homme de 22 ans, souffrant depuis quelques mois, et qui, depuis deux ou {rois semaines, éprouvait de vives douleurs dans le côlé droit, juste au-dessus des côtes ; matité hépatique de 5 pouces verticalement, pouls à 82, Urines acides contenant de la bile et des traces d'albumine, garde-robes décolorées, etc... Le jour de son entrée à l'hôpital, il eut une attaque d'épilepsie. Cette atlaque avait été précédée par d’autres semblables, mais seulement depuis son affection hépatique actuelle, et il n’en avait jamais eu antérieurement. Traitement local et général de la congestion hépatique, dont les symptômes ne tardent pas à s'améliorer.

Huit jours après sa première attaque d'épilepsie, il en survint une

(1) Pret gr Lérrenxne. Lésions du foie dans l’éclampsie avec ictère Nouv. arch. d’obst. et degyn., i879, p. 313.

(2) Wrruza. Dublin journal of med. sc. 76, p. 10.

(3) Day. Clinical Histories with Comments, 1886, p. 146. In Murchison trad. Cyr., 2e édition, 1878, p. 593.

autre plus légère. La congestion continue à s'améliorer, mais le malade est repris, huit jours encore après la seconde, d'une troisième attaque d'épilepsie plus légère au<si que la précédente. Ce fut la dernière. Pendant ce temps, la congestion hépatique avait suivi son cours vers la guérison, Deux ans plus tard, le malade n'avait pas eu de nouvelle crise épileptique ni d'accidents du côté du foie. Il s'était marié et jouissait d’une parfaite santé.

De l'épilepsie hépatique, épilepsie provoquée, toxique, il est naturel de rapprocher l’épilepsie survenant à la suite d'écarts habituels de régime chez des individus très sanguins (1); les cas d'épilepsie rapportés par Labadie-Lagrave et Cautru (2) au cours de l’entérite muco-membraneuse.

Mais s’il est une épilepsie hépatique, les cas en sont exceptionnels.

La recherche de l'urobilinurie dans les urines des épileptiques du service de M. le professeur Raymond, à été négative pendant la crise, ou en dehors de la crise.

Peut-on rattacher ces faits d’épilepsie d'ordre toxique à une théorie générale de l’épilepsie par intoxication ?

L'épilepsie résulterait d'une accumulation de toxines ne venant pas de l'extérieur, provenant de l'estomac par l'effet de fermentations où d'ingestion de substances en putréfaction commencante, ou de l'intestin par rétention fécale, ou des organes malades, ou encore des tissus de l’organisme entier.

Dans l'épilepsie essentielle, il existerait un trouble de la nutrition générale, dépendant probablement de la débilité du système nerveux, et qui constituerait la prédisposition.

Ce n'est que reculer la difficulté, la prédisposition restant, dans ces cas, la base de l’étiologie.

(1) Lérne. Revue mensuelle de méd.etde chir., 1877, p. 5173. (2) LaBavre-LacRave et CAurru. Méd. mo d., 2 janv. 1875, p. 28.

one

Au profit de la démonstration, nous avons étudié isolément les troubles nerveux (délire, coma, convulsions), nous avoas fait une véritable dislocation des phénomènes. En réalité ces phénomènes s'associent, se groupent, ou se succèdent.

L'étude analytique nécessaire pour une description didactique est artificielle au premier chef. Deux observations vont pratiquer maintenant la synthèse et démontrer qu'il existe un syndrome nerveux terminal, d'origine hépatique.

Là, encore, les difficultés nosographiques sont les mêmes que précédemment. Pas plus qu'un symptôme isolé, le syndrome n à de valeur si l’on ne s'est mis en dehors des causes d'erreur maintes fois signalées.

Page 1