OBSERVATION XVI
Cirrhose atrophique (110 grammes) chez un éthylique ayant présenté des phénomènes d'intoxication saturnine. Délire hépatique transitoire, tremblement transiloire dans la période préascitique. Syndrome nerveux lerminal hépatique : Tremblement. Délire. Somnolence. Coma. Parésie faciale.
B... (François), âgé de 70 ans, peintre en bâtiments, entre le 20 août 1895, salle Magendie, lit n° 3. Service du D' Hanot.
Antécédents héréditaires. — Père et mère inconnus. Un frère mort par accident, l’autre a toujours été bien portant, Depuis quelque temps le malade l’a perdu de vue. Une sœur est morte à 19 ans, de cause inconnue.
Antécédents personnels. — Rougeole, coqueluche dans l'enfance. Il fut atteint de gourme vers l’âge de 5 ou 6 ans. À 10 ans environ, il fut pris de fièvre intermittente, forme tierce. Il ressentait un grand frisson, vers 4 heure de l'après-midi. Puis survenait le stade de chaleur. L'accès durait jusqu'à 5 heures. La maladie persista pendant un mois et demi, puis disparut. B... fit son service militaire de 21 à 28 ans. À 22 ans, il contracta la blennorrhagie.A 23 ans, il partit pour les Antilles où il aurait été soigné pour la fièvre jaune. Rentré en France, il prit la profession de peintre en bâtiments. A
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38 ans, il ressentit des coliques de plomb pendant trois jours.Depuis, il éprouva à différentes fois des coliques saturnines,mais ne s'accompagnant pas de vives douleurs. Jamais il n'eut de paralysie, ni de tremblement saturnin. Il prenait des soins hygiéniques de la bouche et des mains.
Il buvait en moyenne 1 litre et demi de vin par jour, un amer, la goutte le matin. Pendant son service militaire, il usait d’absinthe.
Depuis l'âge de 30 ans, il était sujet à des maux de tête fréquents, revenant environ une fois itous les mois, il avait fréquemment des épistaxis et des hémorrhagies gingivales. Parfois on notait un léger tremblement des mains pendant les repas.
B... nous a montré un certificat militaire daté de 1860, sur lequel est portée la mention : Hépatite et ictère.
Depuis cette époque, il ne présenta plus d’ictère jusqu’en 1894 où il fut jaune à deux reprises pendant huit jours environ.
En novembre 1894, il perdit l'appétit insénsiblement, présenta du dégoût pour la viande, se sentit s’affaiblir.[l abandonna son métier. Pendant tout l'hiver, il fut mal à son aise, en butte à l’influenza. Les jambes furent prises d'œdème avec coloration violette, et de petites taches ressemblant à des piqüres de puces (purpura). Il existait de l’ædème du scrotum. En même temps était survenue une douleur au niveau de l'abdomen. Il fut mis au lait par son médecin. Les jours suivants, le malade fut pris d'épistaxis fréquentes (une dizaine environ qui duraient un quart d'heure en moyenne). Il éprouva alors des démangeaisons très vives, généralisées, qui lempêchaient de dormir. Au commencement de mars, l’œdème commença à disparaître. Le malade fut envoyé directement à l'hospice de convalescence de Vincennes le 20 juin. Pendant son séjour à Vincennes, le malade fut soumis au régime lacté. Il éprouva dans cet établissement, vers le 26 juin, des douleurs sous forme de coliques siègeant dans tout l'abdomen, ces douleurs nécessitèrent l'emploi de ventouses scarifiées. Une fois qu'elles furent calmées, le malade quitta l'hospice de Vincennes le 6 juillet,
Rentré chez lui, B... mangea de bon appétit et sortit dans l'après-midi. Le soir, il fit un repas léger suivant son habitude, bouillon et œuf, et se mit au lit.
Le lendemain matin, il est pris de tremblement transitoire, décrit p. 111 et d’un délire qui dura quatre jours (délire hépatique transitoire, V. p. 56) et pour lequel il entra à l'hôpital Andral, .
En même temps l’abdomen était volumineux et sensible.