‹ Troubles nerveux du typhus exanthématiqueChapitre 7 sur 18 · SAC RASE · texte numérisé non relu

SAC RASE

un lien, comme pour une saignée, on voit se dessiner

des taches de coloration plus ou moins sombre et livide, confluentes, se reliant les unes aux autres par des prolongements, laissant entre elles des intervalles

de couleur plus claire, de sorte que l’ensemble pré-

sente l'aspect d’un vaste réseau; la peau était comme marbrée. Il s'agissait là, évidemment, d’un trouble profond de l’innervation vaso-motrice, coïncidant d’ailleurs presque toujours avec la raie méningitique.

Ces symptômes peuvent être remarqués sans l’intervention d’une congestion artificielle d’un membre par un lien constricteur. Mais ce dernier permet de déceler l’éruption typhique avant son apparition. De même, d’ailleurs, le signe que ñous avons appelé « de la ventouse » et qui est du même genre. Dans les cas douteux, quand l’éruption est discrète et que l’on pourrait la confondre avec une éruption de taches roses de dothiénentérie, une ventouse laisse sur un fond violacé une série de taches rouge pourpre qui ne sont autres que des pétéchies rendues plus visibles par la congestion.

Paralysie. — Goinard, dans sa thèse, affirme n'avoir jamais vu de paralysie périphérique. Il ne signale qu’un cas de paralysie du muscle vésical.

MM. Job et Ballet signalent trois cas très nets de typhus s’accompagnant de troubles moteurs dans les membres inférieurs droits.

Nous donnons 161 un résumé rapide de leur observation VIII qui nous a paru typique.

ne Of VERS

«G..., vingt-trois ans, canonnier au 4° groupe d'artillerie d'Afrique. Père et mère morts d’affection inconnue. Personnellement paludisme antérieur, éthylisme antérieur.

«€ Début brusque par frisson violent. Deux jours après, éruptiontrès nette surle troncetles membres. « Pas d’albumime.

« Pas d'état typhique, pas de délire.

€ Vingt jours après le début on pouvait considérer le malade comme guéri, quand brusquement la température remonte et le malade présente des phénomènes pulmonaires (broncho-pneumonie dousu

« Le malade se plaint de ses membres inférieurs. nl existe des phénbmènes de parésie dans les muscles innervés par le sciatique, le nerf crural et l’obturateur. La pression des trajets nerveux et des masses musculaires est douloureuse. Les réflexes

‘tendineux sont abolis, le Babinski se fait en flexion

à droite, ne peut être obtenu du côté gauche. Les réflexes cutanés sont conservés.

« Rien du côté des membres supérieurs ni des nerfs craniens.

« À l’autopsie, multiples noyaux de bronchopneumonie dans les deux poumons.

« Le cœur ne présente aucune lésion macroscopique. Si les filets nerveux, colorés par l'acide osmique ou fixés et colorés par les méthodes habituelles la myéline s'était mise en boule et avait pris, sous l'influence de l’acide osmique, une teinte jaune brun, d’autres fibres, en revanche, parais-

-€-saient saines. Le tissu conjonctif des nerfs était le « siège d’un processus congestif intense témoignant « d’une réaction inflammatoire assez vive. »

Donc, dans cette observation, le nerf sciatique a été véritablement atteint dans son élément noble. Il est vrai que le malade que -même était un éthylique antérieur. ;

Dans notre auto-observation, la paralysie du sciatique poplité externe droit ne doit pas, à ce qu'il nous semble, être attribuée à la même cause,

Mais, quelques mois auparavant, nous avons fait une chute de cheval. La jambe droite, prise entre le cheval et le sol, a été fortement contusionnée et l’animal s’étant relevé, notre pied étant pris dans l’étrier, nous avons été trainé sur un assez long parcours. Un gros épanchement sanguin en avait été la conséquence, empêchant la marche pendant quinze jours. C’est sur le nerf sciatique poplité externe de cette jambe que s’est porté le virus typhique, amenant des phénomènes de névrite infectieuse très nets qui ont duré plus de six mois. Il semble donc, pour que la substance nerveuse soit atteinte, qu’une tare anté-

rieure, éthylisme, traumatisme ou ALES soit néces-

saire.

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