I. Régis. Précis de psychiatrie, p
John (obs. 458), sur notre ordre, a le bras droit levé en l'air et le bras gauche allongé, puis, sans nous occuper de lui, nous interrogeons un autre malade. II reste là, dans son coin, dans cette position, jusqu'à ce que nous lui disions : « C'est bien! Assez! »
Joseph Macourou (obs. 3oi), Biro (obs. 3i3), John Hade (obs. 268), N'Goma Manuel (obs. 427) font des grimaces, imitent les attitudes et les mouvements des autres malades ou ceux qu'on leur montre [échomimie]^ « ils continuent plus ou moins longtemps seuls, comme une mécanique mise en branle, un mouvement des bras, ou de danse qu'on vient de leur faire exécuter * ». On leur parle à voix basse, ils répondent à voix basse ; si on chuchote, leur timbre devient également un murmure, et si on crie, ils parlent fort.
Joseph Amboa (obs. 41 5), Fano-Ken (obs. 11 g), Linda (obs. 418) répètent les paroles qu'ils entendent [écholalie).
Biro comprend et parle très bien le français, et, quand on lui cause en cette langue, il redit les derniers mots qu'on vient de prononcer. « Et ce matin comment va ta santé? » « — Va ta santé. » « Tu n'es pas de race batéké? » — « Race batéké. »
Bobo (obs. 266), tirailleur, reçoit devant nous la visite du médecin du bataillon. Celui-ci nous demande s'il n'a pas présenté quelques éruptions particulières du côté de la peau. « De la peau », répète Bobo qui ne parle pas français.
La stéréotypie est « caractérisée par la durée anormale des impulsions motrices » : stéréotypie d'attitude, stéréotypie de mouvement et d'acte. (Kraepelin, Dromard.)
Au lit, la plupart des malades atteints de la maladie du sommeil se recroquevillent et s'' immobilisent en chien de fusil. Assis, ils restent accroupis dans des positions anormales et fatigantes.
Manienga Maurice (obs. i Bg) avance, le corps penché en avant, incliné sur le côté droit, les deux mains placées sur les hanches, gardant indéfiniment cette attitude quand il marche.
Joseph Amboa (obs. 41 5), Linda (obs. 418) se présentent toujours de la même façon lorsqu'ils viennent nous causer et nous adresser des réclamations. Ils ont la même intonation de voix, les mêmes gestes. Le premier prend un air humble et contrit, le second penche la tête et lève la main en l'air.
N'Goma-Malonga-Noël (obs. 428) accompagne ses paroles de mou- I. Régis. Précis de psychiatrie, p. 358-359.