l'encéphal
vements exagérés, automatiques, désharmoniques et invariables. 11 accentue son discours en frappant du doigt notre table.
Kassongo II I (obs. 249), Kitengué (obs. 3 18), gardent toujours la même position pour s'asseoir, pour marcher.
Bobo (obs. 266) prend un masque digne et grave d'empereur romain pour nous regarder. Il fait la moue (bouche en coin) avec du tremblement des lèvres et des rictus de la face tels qu'ils paraissent « affectés, maniérés et artificiels », et que ce malade a l'air », au premier aspect, de simuler, de s'amuser et de se moquer des gens ' ».
Manienga Maurice, Joseph Macourou, Biro et N'Goma Manuel ainsi que Yokodjaï (obs. 63) ont un rire « brusque et rapide comme une impulsion » survenant sans motif, apparaissant comme forcé et incoercible, ne correspondant à aucune représentation mentale, accompagné d'aucun élément émotionnel. Chez Yokodjaï, c'est le fou rire, irrésistible, inextinguible, incoercible; chez Manienga Maurice, il se termine par une crise de larmes; chez Biro, il est « léger, tenu, fin, maniéré »; chez Joseph Macourou, il vient souvent interrompre une crise de tristesse profonde; chez N'Goma Manuel, il est « comme étouffé et moqueur », lié à une cause psychique, gaie ou ironique, en songeant que le m blanc paraît ne pas comprendre ce qu'il raconte ». Kassongo III a le sourire railleur; Ganda (obs. 287), qui est à une période avancée de son affection (tremblements généralisés, céphalée, attaque épileptiforme, paralysie des jambes), rit continuellement. Il parle à mi-voix, murmure des paroles incompréhensibles, puis éclate de rire, sans adresser la parole à personne.
Le rire se répète chez tous ces malades sous la même forme ; chez tous
11 est intermittent.
Le langage de certains trypanosomés présente des caractères stéréotypés très nets. C'est une salade de mots, un jargon incohérent de mots déformés, composés par assonances, par coq-à-l'âne, dans les monologues de Manienga Maurice, qui répète toutes les fois qu'on le rencontre : « Bonjour papa, tata » (mot indigène = papa), et se met à chanter : « Petit
papa, c'est aujourd'hui ta fête tu n'étais pas là ». Chez N'Goma-Ma-
longa-Noël, c'est la vergibération « phraséologie vide consistant en une répétition des mêmes mots ». Quand il raconte des histoires en français le mot Congo revient à chaque instant. Il y a là « réaction de persévération, sorte d'intoxication ou mieux d'imprégnation par un vocable qui revient sans cesse dans les discours du sujet - ».