‹ Troubles psychiques dans la maladie du sommeil [electronic resource]Chapitre 13 sur 31 · I. Régis, Précis de psychiatrie, p. 36i. — 2. Ibid., p · texte numérisé non relu

I. Régis, Précis de psychiatrie, p. 36i. — 2. Ibid., p

Joseph Amboa s'exprimait jadis très bien en français; actuellement, quand il veut nous causer en notre langue, il trouve difficilement ses mots et il répète à chaque instant « ... Voilà... Voilà... ». Il est incompréhensible, il se figure cependant parler toujours correctement.

Chez Fano-Ken, il y a plutôt écholalie; il raconte une histoire en parlant très vite, et en avalant la moitié des mots. Il répète ses fins de phrases : « Mes voisins disent que je fais du bruit la nuit, la nuit, la nuit... Ce n'est pas vrai, çà, docteur, car se sont des sauvages, sauvages, sauvages... Laisse-moi aller causer à ma femme et donne-moi papiers, papiers, papiers. . . » Il parle avec volubilité, il a le verbe haut et son timbre de voix si fort, si aigu, contraste avec celui de Bobo qui s'exprime lentement, doucement, à voix basse. Celui-ci fait des réponses à côté (vorbereiden ') ou des réponses absurdes ou même ne répond pas, disant : « Pourquoi me demandez-vous tout cela?» Il entend et comprend les questions posées mais n'en répond pas moins d'une manière approximative ou équivoque. Ce symptôme, qui donne sa physionomie particulière au syndrome de Ganser, constitue une sorte de manifestation de négativisme.

Parfois le mutisme est absolu ^ :

Sindani (obs. 145), qui paraît parfois très gai, siffle et rit brusquement sans motif; il garde certains jours, aux questions les plus simples qui lui sont posées et qu'il comprend, le silence le plus complet.

Yokodjai, jeune élève de l'école professionnelle, reste volontairement muet et n'écoute aucun de nos raisonnements. On épuise tous les moyens de persuasion pour le décider à parler et on échoue. Il reste là, immobile et têtu, sans que rien ne paraisse l'émouvoir.

La démence précoce chez nos trypanosomés est constituée par des phases de stupeur ou agitation., sous forme de crises paroxystiques ou alternant plus ou moins régulièrement ou formant le fond de la maladie. L'agitation peut acquérir une violence extrême et donner lieu à de véritables impulsions, à des crises de violence, à des fugues. Cette agitation chez les individus atteints de maladie du sommeil pourrait parfois être prise pour de Vexcitation maniaque, car, chez eux, les symptômes catatoniques ne sont pas toujours exagérés lors des crises. La stupeur des déments [Stupidité) et la stupeur des mélancoliques (^^Mj^ewr lypémaniaque des trypanosomés) ne sont pas toujours, non plus, faciles à distinguer l'une de l'autre.

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