CHAPITRÉ V
Dromomanie et fugues
L'ambulomanie, signalée, d'ailleurs, dans la plupart des psychoses, et des impulsions à la fugue sont excessivement fréquentes chez les trypanosomés. Ils éprouvent un besoin perpétuel et impérieux de se déplacer incessamment et de marcher, mais leurs promenades, tout au moins au début de leur affection, se produisent avec une conscience et une lucidité plus ou moins grande. Aussi, à notre arrivée au Congo, lors de nos premi^-i'es observations, nous apparaissait-il comme très explicable et très normal ce va-et-vient de nos malades sur la route, du pavillon, où ils vivaient librement, au marché. Ils s'y rendaient, nous disaient-ils, pour s'approvisionner, échanger leur riz contre du maïs ou du manioc, acheter du poisson, etc. Cependant, plusieurs d'entre eux furent rencontrés à différentes reprises errant inconsciemment au hasard. Notre attention fut attirée et il nous apparut nettement qu'un grand nombre d'indigènes trypanosomés étaient atteints de cet automatisme ambulatoire particulier désigné par le professeur Régis sous le nom de dromomanie ^Pour la plupart de nos malades, c'est un état habituel; pour quelques-uns, c'est un état accidentel survenant par accès. Nos trypanosomés sont le plus souvent des dromomanes chroniques ou d'habitude. Les dromomanes aigus ou par accès ne sont pas cependant exceptionnels.
Fano-Ken(obs. 119), ex-garde régional, très amaigri, presque aveugle, est en promenade dès six heures du matin. On ne le trouve à l'hôpital qu'aux