‹ Troubles psychiques dans le goitre exophtalmiqueChapitre 24 sur 29 · PR PO EE LE EN LL · texte numérisé non relu

PR PO EE LE EN LL

table, il est incapable de se livrer à un travail suivi,

et Se laisse aller à la misère. Toutes les fois que survient

un choc moral, éclate un accès de goître exophtalmique, bientôt suivi de perturbations mentales graves, obsessions, impulsions au suicide. Les accès de goître exophtalmique, caractérisés par l'angoisse, de la douleur précordiale, ont été la cause occasionnelle de ces troubles psychiques présentant eux-mêmes un caractère angoissant et paraissent avoir donné une direction aux bouffées délirantes qui ont éclaté.

Dans cette observation les troubles psychiques entrent évidemment dans le cadre de la dégénérescence mentale, dont les manifestations n’ont éclaté qu'après les accès de goître exophtalmique, suivant les diverses étapes de la maladie de Basedow, s'améliorant parallèlement, car, lorsque le malade entre à l'asile, l’isolement l’éloigne de tout choc moral et l’on voit s’atténuer les symptômes de la maladie de Basedow et avec eux les bouffées délirantes. On ne saurait nier chez ce malade un rapport étroit entre l’état mental et le goître exophtalmique. Il est certain que la maladie de Basedow

n'a pas été ici la cause déterminante des troubles psy- chiques ; maïs c’est évidemment sous l'influence des

accès de goître exophtalmique agissant comme cause occasionnelle, qu'ont éclaté les désordres mentaux et leur marche parallèle est bien la preuve de leur relation. À

La littérature médicale contient quelques observations

de maladies de Basedow où l'on ne rencontre absolu-

ment aucune espèce de prédisposition ni héréditaire, ni personnelle à l’aliénation mentale.

Notre malade de l'observation 11 et la malade de

Li Vapes

Johnstone sont dans cé cas: sur elles, en “effet, ne

pèse aucune hérédité et elles n'ont présenté aucune trouble psychique avant le développement du goître exophtalmique. il

Martin rapporte un cas analogue : une femme de

32 ans, sans antécédents nerveux, fut prise de manie

aiguë dans lé cours d’une maladie de Basedow. Elle avait l'air égaré, parlait d’une façon incohérente et ne pouvait rester tranquille un instant; elle criait, vociférait et proférait des jurons obscènes. Elle passait alternativement de l’état de calme à une violente agitation. L'état mental s’améliora, mais la cachexie exophtalmique fit des progrès et la malade succomba un an plus tard .

Renaut, Austin, Devay, Joffroy, Ball admettent que ' ces troubles psychiques sont directement un rapport

avec l’altération fonctionnelle du corps thyroïde.

Nous croyons qu'aucune de ces hypothèses, prise à part, n’esl suffisante pour expliquer tous les cas que présente la clinique. La maladie de Basedow est capable

par ellemême de donner naissance à une psychose plus facilement sans doute, lorsque le terrain est favo-

rable, mais encore même sur un terrain qui ne présente aucune prédisposition héréditaire ni personnelle, La nature toxi-thyroïdienne de certaines psychoses chez les basedowiens m'est pas niable. |

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