‹ Troubles Psychiques Dans Le Goitre ExophthalmiqueChapitre 18 sur 23 · RATIO ESS · texte numérisé non relu

RATIO ESS

- On sait que la maladie de Basedow s'accompagne

dans un certain nombre de cas de troubles mentaux :

plus ou moins accentués. Dans les cas de Paul, Kætel, Séglas Soukanoff, Austin, Devay, Stien, Richardson etc. ces troubles étaient représentés par le syndrome mélancoliques et dans ceux de Cane, Savage, Collins on avait noté des troubles mélancoliques et de l'excitation maniaque. Ball admet que parmi les troubles mentaux signalés dans la maladie de Basedow, les plus fréquents consisteraient en mélancolie et d’autres fois en manie.

L’un el l’autre de ces auteurs sont d'avis que ‘ces troubles font partie de la maladie en question et Devay, précisant encore plus, les attribue à l’intoxication thyroïdienne.

La présence, au cours du goître exophtalmique, de troubles semblables à ceux que nous avons notés dans

. nos cas, constitue une seconde raison en faveur de l'opi-

nion que nous soutenons que ces troubles sont dus à une .

modification de la sécrétion thyroïdienne.

La fréquence de la manie et de la mélancolie développées sur le terrain commun de la maladie de Basedow nous semble confirmer l'opinion de Krœæpelin pour lequel la plupart des cas diagnostiqués manie ou mélancolie appartient à une seule et même psychose maniaque dépressive..

D'autre part, cette même fréquence nous porte à croire qu'il est possible que dans la psychose citée, les troubles soient en rapport avec des modifications de la sécrétion thyroïdienne.

Un autre argument qui nous semble appuyer l'hypo-

de

thèse que nous soutenons, réside dans l'interprétation pathogénétique donnée par plusieurs auteurs à la mélancolie. C’est ainsi que pour Krœpelin la psychose maniaque dépressive semble être engendrée par des troubles des échanges. Stoner (1), dans un travail paru dans la « Revue Dee », exprime une opinion semblable. à

Or ,on sail précisément quel rôle considérable exerce la glande thyroïde dans le métabolisme de notre organisme. L'opinion des auteurs cités, jointe à la constatation des troubles mélancoliques et maniaques dans des cas où on peut incriminer la glande thyroïde com-, me cause des perturbations du métabolisme, nous porte à penser qu'il est très possible que ce soit elle qui les

,produit encore ; dans d’autres cas où lattention n’est

pas directement attirée sur elle.

Mais une raison encore plus forte qui nous fait penser que la glande thyroïde doit jouer un rôle important dans l’éclosion des troubles mélancoliques, et aussi maniaques, est donnée par la fréquence prépondérante de ces troubles dans le sexe féminin. Pour Krcæpelin, la mélancolie d’involution se trouve dans 60 pour 100 des cas chez les femmes, et la différence entre les deux sexes est surtout apparente à l'époque de la ménopause. Si on a en vue non seulement cette forme de mélancolie, mais la psychose maniaque dépressive, en général, . la fréquence devient encore plus grande chez les femmes qui représentent d’après le même auteur les deux tiers des cas de cette psychose

{1) Sroner, Revue neurologique, 1901, p. 1133.

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La différence est encore plus notable d’après Garnier, qui, sur 1000 aliénés, hommes, trouve 37 cas de ‘mélancolie, tandis qu'il en trouve 150 sur le même nombre de femmes aliénées. Or, cette fréquence est Caractéristique dans les maladies du corps thyroïde, On n'a qu'à se rappeler la fréquence dans le goître <xophtalmique et le myxœdème de la mélancolie et de la manie.

Pour toutes ces raisons nous admettons que dans nos trois cas les troubles mentaux doivent.être mis en rapport avec des modifications dans la fonction thyroïdienne et nous pouvons avec Parrhon et Marbe émettre l’hypothèse que le corps thyroïde joue un rôle important dans la genèse d’un bon nombre de cas de mélancolie.

Cette hypothèse si elle a la chance d’être confirmée par des recherches ultérieures, pourra peut-être nous conduire à une thérapeutique pathogénique de la mélancolie et de la psychose maniaque dépressive. IL convient de rappeler ici que GAULTIER DE CHAROLLES, dans son livre sur les médications thyroïdiennes cite un cas de mélancolie guéri par le traitement en question.

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