‹ Troubles Psychiques Dans Le Goitre ExophthalmiqueChapitre 19 sur 23 · À LA MALADIE DE BASEDOW · texte numérisé non relu

À LA MALADIE DE BASEDOW

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La : multiplicité de formes que peuvent Re de Ÿ troubles psychiques | associés à la maladie de Basedow. les données disparates qui. se détachent de l'étude de leur évolution permettent : de comprendre et même de prévoir la diversité des opinions qui ont été émises. sur la nature et la pathogénie de ces troubles

Toutes ces formes ne. sont pas en rapport avec Ja maladie de Basedow et elles peuvent apparaître en. même temps qu ‘elle, par simple coïncidence. Les observations relatées par Raymond et Sérieux offrent à ce point de vue un intérêt de premier ordre. Avant l’apparition du goître exophtalmique un de leurs malades. présenta durant de longues années, de l’émotivité, des. craintes obsédantes (peur des couteaux, du verre, etc.) puis des obsessions hypocondriaques (arrêt du cœur, mort subite). Une malade de Vigouroux a présenté avant le développement de la maladie de Basedow, un accès accès mélancolique pour lequel elle fut internée. Chez une malade de Joffroy, atteinte de lypémanie, * avec idées de persécution, apparut un goître exophtalmique. Nous ne notons dans les antécédents de cette malade, ni hystérie, ni alcoolisme ; la lypémanie existe

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depuis 20 ans :

les premiers symptômes du goître exophtalmique sont seulement survenus il y a trois ans. Si l’on établit une comparaison entre la marche des troubles psychiques et ceHe de la maladie de Basedow, on constate que la lypémanie, après avoir présenté des alternatives d'amélioration et d’aggravation pendant 17 ans, s'est attenuée au moment où le goîitre s'installa ; au contraire lorsque celui-ci s’améliora à son tour, la lÿpémanie reparut avec une vive intensité. Joffroy admit que la malade était atteinte de deux affections différentes existant simultanément, la mélancolie et le goître Cp IqUE

La conclusion qui s'impose dans ces cas est la suivante : il n'y a entre la folie et la maladie de Basedow aucun rapport de cause à effet.

Mais n'y a-til aucune relation entre les deux maladies ? En d’autres termes, le goître exophtalmique n’at-il pas influé sur la marche de la psychose ? Chez la malade de Joffroy, les symptômes de la Iypémanie, s’atténuèrent lorsque le goître éxophtalmique apparut. Chez une malade de Mairet, à partir du moment où le goître exophtalmique s’est développé, ont apparu de violentes céphalées, de l'insomnie, une sensation de chaleur généralisée par tout le corps, de l'angoisse des troubles auditifs.

Etudions maintenant les cas où la psychose débute en même temps que le goître exophtalmique ou le suit :

On ne peut nier ‘tout d'abord que dans un grand nombre d'observations on obsérve dans les antécédents des malades des tares héréditaires et dans ces cas souvent, le goître exophtalmique n’est que la cause

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occasionnelle des formes d’aliénation mentale qui peuvent survenir. M. DÉJÉRINE, rapporte, dans son mémoire sur « l’Hérédité dans les maladies du système nerveux », des exemples frappants d'alternance de psvchoses avec la maladie de Basedow. Il cite entre autres, une observation de névropathie héréditaire suivie depuis plus d’un siècle à travers six générations où l’on voit se succéder et alterner la folie avec le goître exophtalmique. |

Certains auteurs, pour nier l'existence des psychoses basedowiennes, se basent sur ce fait que leurs malades ont des antécédents héréditaires chargés, mais ces deux opinions ne sont d’ailleurs nullement inconciliables et de même qu'en pathologie infectieuse on aurait tort de ne considérer que le microbe ou seulement le terrain, il en serait de même si en psychiâtrie on ne voulait voir que ce dernier ou seulement un facteur toxique endogène ou exogène. Dans chaque phénomène morbide, il est de toute nécessité de prendre en considération en même temps l'agent pathogène, le terrain sur lequel celui-ci agit et la manière dont ce terrain répond à l’action de l’agent pathogène

A ce propos, citons l'observation suivante de PLAI- GNARD. Il s’agit d’un dégénéré présentant une héré-

dité chargée, qui fut atteint, dans le cours d’un goître

exophtalmique, d’obsessions et d’impulsions au suicide. Tant qu'il est dans une situation pécuniaire qui lui permet de vivre aisément, il n’y à rien à noter au point de vue mental ; ce n’est que le jour où sous l'influence d’une vive émotion éclate le premier accident de sa maladie de Basedow, la tachycardie, que l’on peut constater ie début des troubles psychiques. D’un caractère Ins-

table, il est incapable de se livrer à un travail suivi et se laisse aller à la misère. Toutes les fois que survient un choc moral, éclate un accès de goître exophtalmique, bientôt suivi de perturbations mentales graves, obsessions, impulsions au suicide. Les accès de goître exophtalmique, caractérisés par l'angoisse, de la douleur précordiale, ont été la cause occasionnelle de ces troubles psychiques présentant eux-mêmes un caractère angoissant et paraissent avoir donné une direction aux bouffées délirantes qui ont éclaté.

Dans cette observation les troubles psychiques kentrent évidemment dans le cadre de la dégénérescence mentale, dont les manifestations n'ont éclaté qu'après les accès de goître exophtalmique, suivant les diverses étapes de la maladie de Basedow, s’améliorant parallelement, car, lorsque le malade entre à l'asile, lisolement l’éloigne de tout choc moral et l’on voit s’atténuer les symptômes de la maladie de Basedow et avec eux les bouffées délirantes. On me saurait nier chez ce: malade un rapport étroit entre l’état mental et le goître ‘exophtalmique. Il est certain que la maladie de Basedow n’a pas été ici la cause déterminante des troubles psychiqués ; mais c'est évidemment sous l'influence des accès de goître exophtalmique agissant comme cause occasionnelle, qu'ont éclaté les désordres mentaux el leur marche parallèle est bien la preuve de leur relation,

La littérature médicale contient quelques observations de maladies de Basedow où lon ne rencontre absolument aucune espèce de prédisposition mi héréditaire, ni personnelle à l’aliénation mentale.

Notre malade de l'observation 11 et la malade de

‘trouble psychique avant le développement du goître ;

ophtalmique fit des progrès | et la inalade succomba un

avec l'altération fonctionnelle du COrps thyroïde.

sic part, n’est suffisante pour expliquer tous les cas que pré-

sur elles, ‘en effet, ne pèse aucune hérédité et elles n'ont présenté aucune

Johnstone sont dans ce cas;

exophtalmique. À SA DE

, à dE 2

Martin rapporte un cas\ analogue : ‘une femme de M 32 ans, sans antécédents nerveux, fut prise de manie ee aiguë dans le cours d'une maladie de Basedow. Elle avait l'air égaré, parlait d'une facon incohérente et ne. pouvait rester tranquille un instant ; elle criait, voci- « férait et proférait des jurons obscènes. Elle passait ‘3e alternativement de l'état de calme à une violente agi- 4 tation. L'état mental s'améliora, mais la cachexie EX 4

an plus tard . Me d Renaut, Austin, Devay, \: otfroy, Ball admettent que FFE ces troubles psychiques sont directement un rapport

N ous croyons qu'aucune de ces hypothèses, prise À "VA

sente la clinique. La maladie de Basedow est capable : par elle-même de donner. naissance à une psychose | A plus facilement sans doute, lorsque le terrain est favo- PAR rable, mais encore même sur un terrain qui ne présente aucune prédisposition héréditaire ni personnelle.

La nature toxi-thyroïdienne de certaines psychoses chez

les basedowiens

n'est pas niable. TN s#,

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