‹ Troubles Psychiques Dans Le Goitre ExophthalmiqueChapitre 7 sur 23 · FACE · texte numérisé non relu

FACE

exfoliatrice généralisée, Les squames étaient larges, épaisses et tombaïent en abondance. Cet état inspirait une certaine répulsion à ses camarades ; il était l’objet de quolibets incessants. Je lui conseille de prendre chaque jour ‘un corps thyroïde, de mouton cru, haché en fine pulpe, Sous l'influence de ce traitement, cette dermatite s'améliore assez vite ét le malade cesse toute ingestion de corps thyroïde. Au bout d’un an, cette dermatite exfoliatrice reparaît avec une nouvelle intensité. À l'insu de tus, le malade absorbe, trois fois par jour, de deux à trois corps thyroïdes de mouton. Pendant huit jours, le boucher du quartier lui avait fourni clandestinement, chaque matin, une dizaine de corps thyroïdes environ. Une semaine après le début de cette hyperthyroïdisation, en dehors de toute affection aiguë pouvant donner lieu à du délire, des troubles psychiques intenses éclatent assez brusquement. Il ne peut rester en place, il change de siège et d'appartement à chaque instant, il tient ses croisées hermétiquement fermées, dans la crainte que des individus imaginaires ne le voient et ne viennent le trouver; il se croit poursuivi par les gens qu’il rencontre dans la rue, il se figure que les passants et ses camarades le ridiculisent, et se moquent de lui. Il refuse toute boisson, tout aliment, il se déshabille et essaye de fuir tout nu On est obligé. de le retenir de force, de le barricader dans sa chambre, où il se promène en criant, en menaçant. Parfois il est agressif, et, lors de ma première visite, il était sur le point de se jeter sur moi. Il parle sans cesse avec incohérence. Ces troubles psychiques persistèrent 4 à 5 jours avec cette intensité. Puis le malade devient plus calme ; il se croyait toujours persécuté, Il racontait qu’il aimait une jeune fille dont sa timidité l’éloignait ; et me priait en pleurant d'aller la demander en mariage, Sa mère affirmait que cette histoire étail inventée de toutes pièces.

Cette intoxication, thyroïdienne détermina, en outre, un tremblement des doigts, à caractère basedowien très net, de violentes palpitations, une augmentation notable du volume du corps thyroïde, Seule l’exophtalmie manquait. Ce syndrome basedowien ne s'était manifesté qu'après l'abus de corps thyroide. Ce malade n'avait jamais habité un pays à goîtres.

Un séjour à la campagne est conseillé ; maïs les troubles. psychiques basedowiens durèrent encore quelques s2maines;

il fuit tout déshabillé, on doit le poursuivre pour l'arrêter et on est obligé de le faire rentrer, malgré lui. / Après un mois et demi de repos, le malade paraît guéri au point de vue mental ; les signes de basedowisme ont disparu simultanément ; une anémie considérable persiste ce-

pendant et l'amélioration coïncide avec une nouvelle poussée

de dermatité exfoliatrice, 1 absorbe alors en secret six à huit corps thyroïdes de mouton, par jour. Au bout d’une semaine, sa mère s'aperçoit avec angoisse que les phénomènes psychiques et les troubles basedowiens déjà décrits réapparaissent. Elle met alors le malade dans l'impossibilité de se procurer du corps thyroïde et l'amélioration survient au bout d’une dizaine de jours.

Le second cas fut observé par FERRANINI : une femme ce trente ans, à cause d’une obésité, prit chaque: jour de six à huit tab’ ’ettes contenant chacune 0,25 centigrammes d’ex-

trait thyroïdien,, Sous l'influence de ce traitement, le pouls

monta à 100-150 pulsations par minute. Elle eut des tremblements, de la diarrhée alternant avec la constipation, enfin une confusion mentale hallucinatoire. Le tout disparut par la cessation du traitement.

Ainsi, le suc thyroïdien absorbé à trop fortes doses..

est capable de produire des phénomènes d'intoxication rappelant les principaux symptômes du goiître exophtalmique.

Cette intoxication peut se es par des troubles psychiques du délire, des psychoses comme ceux résultant des poisons exogènes. ;

Il faut retenir de ces faits que l'intoxication thyroï-

dienne médicamenteuse peut donner naissance à des

troubles psychiques. qui revêtent la forme habituelle

des psychoses d'intoxication, en un mot quil existe

des psychoses toxi-thyroïdiennes expérimentales. La ressemblance de ces psychoses toxi-thyroïdiennes expérimentales avec les troubles psy chiques ( des basedowiens permet de penser que ceux-ci sônt sous la dépendance d'une intoxication thyroïdienne.

PARRHON a étudié un état psychaténique chez une Nec fille épileptique, soumise au traitement thyroïidien, disparaissant par la cessation du traitement et réapparaissant par sa reprise.

OpservarioN IV (Revue neurologique, 1908, p. 6/.

D AE À Era

Il s’agit d’une jeune fille de 13 ans, dont le père qui a = absorbé des boissons alcooliques, présente des phénomènes - neurasthéniques, surtout des céphalalgies. La mère de la ma- , lade est très maigre. Un frère de cette dernière aurait présenté entre 14 et 17 ans des attaques identiques avec celles … ‘dont est atteinte notre malade, Deux autres frères. de la malade ne présentent rien d'anormal.\ 0." :

Les attaques dont celle-ci est atteinte auraient débuté vers 10 ans. Elle a été menstruée un an plus tard. En 1906, elle a été pese pour des végétations adénoïdiennes ce qui d'ail. leurs wa nullement influencé l’évolution ultérieure de sa ma- Tadie et À

C’est une jeune fille: un peu trop développée pobr son âge, La menstruation a débuté assez tôt (à 11 ans) Elle dure de 28 3 à 5 jours, se répétant d'habitude régulièrement, bien que parfois elle ne vienne qu'après 5 ou 6 semaines et d autres MMS fois après seulement trois semaines. ÿ AE Elle a été vue par un de nous. pour la première fois, 110 Y'a/à peu près trois ans et soumise à un traitement bromuré. Sous l'influence de doses plutôt grandes de bromure, les attaques sont devenues plus rares. En revanche, on remarque Ë que la fillette présente une certaine apathie ; elle apprend 4 mal ses leçons, sa méroire semble diminuer, Mécontents DER. de ces résultats, et ayant en vue certains troubles, tels que ; les végétations adénoïdiennes, qui, pour Hertoghe, indiquent le une tare hypothyroïdienne, nous décidâmes d'essayer l'opothé- inf rapie thyroïdienne, Elle commença ce traitement le 14 ui”

: septembre, en PRONATE chaque jour. ‘une cuillerée à café d'une |

maÿs d'une consistance Do même faSques

1e 19 SoemnBre a eu dans l'intervalle du 14 au 18 septembre, sa menstruation 78 pulsations. On aug-

macération eue de. corps thyroïde, dou qui correspond à un gramme de glande fraîche. L Le corps thyroïde examiné ce même jour se montre agrandi,

SE minute, — L'un de nous révoit la malade. Elle

qui n'avait rien présenté d’anormal ; mente la dose de corps thyroïde (2 odées à café par jour).

Vue de nouveau le 23 septembre, par l'un de our ele est." trouvée amaigrie ;

100 pulsations.

28 Septembre. — Elle est encore plus maigre ; 120 pul-

sations.

1x Octobre. — Léger mouvement fébrile. Elle a eu une absence, quent. On suspend le traitement .

4 Octobre. — La malade a beaucoup maigri ; ; aussi a-t-on dû rajuster ses habits ; 90 pulsations.

On reprend le tatenent mais avec moins d'une cuillerée à café de macération glycérinée.

8 Octobre. — 86 pHSatQus. Elle a un peu engraissé, Ses parents ont remarqué qu elle est beaucoup plus vive, qu elle apprend plus facilement, qu ’elle est plus active. Sommeil. et appétit bons. ja # | DAS

17 Ociobre. — 78 pulsations. Etat général bon,

26 Octobre. — Une absence et deux courts accès con-

vulsifs dont l’un avec morsure de la langue et émission de quelques gouttes d'urine, Elle reprend la dose d'une

cuillerée à café par jour, qu’elle supporte maintenant très bien sans maigrir ou présenter une accélération notable du

pouls.

Le traitement est M nn chaque mois pendant la mens-

truation.

SOUS l'influence de ce traitement, on remarque une diminu-

tion assez évidente des accès dont la durée est plus courte. Avec le traitement bromuré intensif, elle a eu 20 accès, dans

90 pulsations

est indisposée. Le PAU est petit et toujours fré-.

Aer es

l’intervall: de 57 jours, tandis que pendant 91 jours de traitement thyroïdien, elle n’a eu que seulement 15 accès. Ceuxont diminué donc de plus de la moitié.

Au mois de mars 1907, après un traitèment thyroïdien de presque six mois, on observe certains troubles psychiques. La malade devient d’une humeur inégale ; elle ne veut pas sortir de la maison certaines fois. D’autres fois, elle est indisposée, triste. De plus, on remarque, l'apparition d’un état psychasténique des plus caractéristiques, Elle présente des phobies et des obsessions. Elle a peur qu'on veuille l’empoisonner et à cause de cela a peur de manger. Elle a encore l’obsession de la saleté, ce qui l’oblige à laver ses mains, avec du savon jusqu'à 40 fois et même plus par jour. Elle se demande avec anxiété, si telle ou telle de ses connaissances a «encore un cœur dans son corps ou non et demande ces choses à sa mère. De plus, elle est obsédée par l’idée qu’elle n’aimc plus cette dernière et sent le besoin de le lui dire et quand la malheureuse mère lui demande pourquoi elle ne se tait pas, la malade répond qu’elle se sent soulagée en le lui faisant connaître.

C’est la détente caractéristique de l’état anxieux qui accompagne toutes les obsessions.

Le 28 avril, on suspend le traitement rose pendant cinq semaines et on soumet seulement la malade à un traitement par les bains tièdes.

Tous les troubles psychiques disparaissent et la malade rit elle-même du fait qu'elle pouvait être tourmentée de « pareilles sottises » (sic).

Mais le 8 juin, on recommença le traitement thyroïdien avec une demi-cuillerée à café chaque jour et après quelques jours les idées obsédantes recommencent, La malade se lave de nouveau continuellement et présente les idées semblables à celles citées plus haut.

Pourtant ées troubles sont moins intenses que la première fois.

C’est dans cet état que l’un de nous l’a trouvée le 24 juin, quand il l’a vue la dernière fois. La mère de la malade pose d'elle-même la question s’il n'existe pas un rapport entre les troubles psychiques de la malade et le traitement thyroidien, car ces troubles ont recommencé quelques jours après la reprise du traitement,

il s'agit Lube jeune fille ayant une certaine Pt héréditaire et qui, au cours d un traitement __thyroïdien a vu apparaître “un état psÿchasténique des plus

- caractéristiques qui disparaît par la cessation du traitement

. thyroïdien et qui. réapparaît avec la reprise (der celui-&T Fo Il nous semble résulter que la glande thyroïde : administrée e MR des doses un peu trop. fortes, est, capable de produire, même 1". 21

ir en l'absence d’un terrain dégénératif évident, des troubles psychiques des plus manifestes. Les cas de Boinèt, de F erranini, le démontrent co UInment et la conclusion qu’on peut en tirer, c'est que « l'hyperthyroïdié par thyroïdisme alimen-

« taire est susceptible de A Ut un syndrome basedowien

« avec troubles PRCRAnee ANNTEN RER DNRNERE USE M $ j” + Ÿ: ; à A GIF È É À À 4, \ " : enr. ’ " PA des 22 ‘m4 4 6 ?

ou x \ ce | : a ; LES $ ; n ( RER ÿ re CAR RS de ‘4 ” | pu ai 2 Y}) d ee Es 4 = ;

EU

Page 1