‹ Trouvères et troubadoursChapitre 21 sur 86 · LES REVERDIES · texte numérisé non relu

LES REVERDIES

Entre tous les petits genres lyriques, celui-ci est le plus petit, et même nous aurions pu sans inconvénient le passer sous silence, n'eût été le regret de ne point en publier un spécimen, qui

me paraît une des plus jolies fleurs de la lyrique médiévale.

La reverclie tient encore aux fêtes de mai, mais le sens populaire que cette origine implique s'est singulièrement aristocratisé entre les mains des trouvères. Ainsi la reverdie est une pastourelle, d'oi^i la bergère est exclue, ainsi que tous les personnages rustiques, que nous retrouverons dans la véritable pastourelle. Il ne reste que le cadre et encore ce cadre champêtre est-il ici singulièrement idéalisé. Ce décor de féerie est destiné à produire une impression printanière, mieux encore l'impression d'un matin de printemps et dans ce tableau imprécis et enchanteur se déroule la vision du poète. Nous sommes le plus souvent dans un verger et, par un clair soleil, sous les pommiers en fleurs où s'ébattent tous les oiseaux de la terre, le poète rêve\ Il demande au rossignol de chanter et rivalise ensuite avec lui en s'accompagnant sur lacitole. Ce qu'il chante, nous le savons et je vais le dire

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