G, Huet, Les Chansons de Gace Bridé, V avis, 1902, in
sonniers champenois ; son œuvre est considérable.
Nous rapprocherons de Gace Brûlé un trouvère qui fut avec lui en relations littéraires, Gautier de Dargies, et qui va même jusqu'à nommer Gace son « compain ». Les chansons de Gautier de Dargies, qui nous sont pourtant restées en assez grand nombre, une trentaine environ, ne nous apportent aucun renseignement sur les circonstances de sa vie, ni sur le temps de sa mort : Fiine d'elles nous apprend seulement qu'il quitta, pour se croiser, la dame qu'il aimait et une autre chanson nous avertit de son retour en France. Quoi qu'il en soit, Gautier de Dargies était Picard et vivait sans doute, comme son « compain » Gace Brûlé, à la fin du xii^ siècle.
Autre trouvère du nord de la France, Huon d'Oisi, qui était parent de Gonon de Béthune, avait été aussi son maître en poésie. Gonon l'avait raillé quand, en 1187, Huon s'était abstenu de prendre part à la croisade prêchée contre Saladin ; mais le châtelain de Gambrai eut sa revanche quand, en 1189, Gonon de Béthune revint prématurément à la suite de Philippe Auguste et la verve rancuneuse du vieux trouvère lui inspire la violente réplique que Ton connaît.
i3o TROUVERES ET TROUBADOURS
Maugré tous sainz et maugré Dieu ausi Revient Quesnes, et mal soit il vegnans !
Honiz soit il et ses preechemans, Et houniz soit ki de lui ne dit : « Fi » ! Quant Dex verra que ses besoinz ert granz, Il li faudra, car il li a failli^.
Tels sont les principaux poètes de la première période. Il semble que les troubadours et les trouvères du premier tiers du xtii* siècle, c'est-à-dire ceux qui composèrent entre les années 1190 et 1280 environ, forment un second groupement: M. Jeanroy l'admet et nous ferons comme lui,