Montpellier, Bibliothèque Universitaire, H
3. Bamberg, Stifishibliothek, Ed. IV. 6. Publié par nous sous le titre Cent Motets du A'III^ siècle, en fac-similé, en transcription et accompagné d'une étude critique dans les
phonaire de Florence se termine par une série de compositions, dont je n'ai rien dit encore, les rondelli^ les rondeaux, qui furent en grande faveur au moyen âge.
Ces formes musicales sont caractéristiques de leur siècle et, sauf le motet, elles ne lui survécurent point : à la fin du règne de saint Louis, on ne composait plus ni orgajiiun, ni cojiductus. Le motet eut une destinée plus prospère, mais il ne dura qu'en se transformant et, dès le premier tiers du xiii^ siècle, le style se modifia profondément : le motet commence alors une nouvelle phase de son histoire.
Tels sont les genres qui furent contemporains des mélodies des troubadours et des trouvères. Une œuvre musicale n'est donc point un accident au xiii^ siècle. L'art des troubadours et des trouvères n'est donc pas davantage un chapitre négligeable ou de médiocre importance dans l'histoire de la musique française. Il représente un siècle et demi de production féconde et ininterrompue : entre Blondel de Nesle et Guillaume de Machaut, qui se place immédiatement après l'âge des trouvères, il y a presque le laps de temps qui sépare Bach de nous-mêmes. Bien plus, je dirai que ce chapitre d'histoire est véritablement
publications de la Société Internationale de musique (Paris, Geuthner, 1908).
le premier de la musique française dans l'ordre chronologique: encore, en effet, que certains auteurs de compositions liturgiques soient nés sur le sol du royaume capétien, ils n'ont pas, du point de vue national, un caractère aussi fortement accentué; ils appartiennent à l'Eglise et c'est pour elle qu'ils produisent; leurs compositions sont à leur place partout où l'on célèbre le culte chrétien, leur idéal dépasse la province oii ils vivent, la France même, il est partout où Ton croit et partout où Ton prie. Les troubadours et les trouvères, au contraire, ont l'inspiration bien française, elle est claire, généreuse et simple ; leur art, tout aristocratique, entretient pourtant un contact permanent avec l'art populaire : bref, les maîtres mélodistes du moyen âge sont les ascendants directs des mélodistes français du
XIX® siècle, Adam, Hérold, Auber, Ambroise
Thomas, et comme ceux-ci ont charmé nos pères et nos grands-pères, les troubadours et les trouvères ont tenu la même place dans les divertissements musicaux de ceux de nos ancêtres qui furent leurs contemporains.
COMMENT iNOUS SONT PARVENUES