‹ Troyes et ProvinsChapitre 5 sur 10 · COUP D'ŒIL SUR L'HISTOIRE MONUMENTALE · texte numérisé non relu

COUP D'ŒIL SUR L'HISTOIRE MONUMENTALE

l'administration, méthodiquement dévastés de leur floraison de sculptures, non seulement on pille le Trésor et l'on dépouille les églises de leurs statues et de leurs autres œuvres d'art qu'elles n'ont que partiellement recouvrées par la suite, mais, de 1793 à 1860, on voi"^ disparaître successivement sous la pioche la collégiale Saint-Etienne, les églises Saint- Denis, Saint- Aventin, Saint-Jacques, Saint-Martin-ès-Aires, Saint- Loup, d'autres encore, le palais et le château des comtes de Champagne, Saint-Frobert est transformé en logements, le couvent des Cordeliers devient la prison et sa belle chapelle de la Passion est à son tour abattue. La ville, qui s'agrandit de plus en plus et où l'industrie nouvelle de la bonneterie prend une extension énorme qui fait oublier l'activité longtemps florissante de la draperie et de la tisseranderie, renverse sa ceinture de murailles sans même épargner ses portes, dont l'une, au moins, celle de Saint-Jacques, de par son galbe puissant et pittoresque, aurait dû obtenir merci.

Pourtant, malgré ces coupes, souvent inconsidérées et qu'il faut souhaiter définitives, la vieille capitale de la Champagne, la patrie des bonnets de coton et des andouillettes, comme l'appellent ceux qui l'ignorent et pour qui « TroN'es ville d'art » sera sans doute une révélation, s'enorgueillit encore de dix superbes églises, pleines de merveilles, et d'un grand nombre d'élégants hôtels qui attestent le bon goût de nos aïeux. Et le cadre qui entoure ces épaves éloquentes a gardé lui-même une physionomie archaïque si intense, en dépit de quelques rajeunissements, qu'à chaque détour de rue se dresse aux yeux du promeneur une vision de la ville d'antan, ce savoureux mélange d'architecture grandiose et d'humbles logis de bois, déjetés comme des vieillards et vénérables comme des ancêtres.

Nous allons essayer d'esquisser la silhouette actuelle de ce Troyes qui, il y a cent ans à peine, restait encore avec Rouen, dit-on, l'une des deux cités les plus moyenâgeuses de France*.

* Au nombre des personnes qui nous ont prêté leur concours pour l'illustration de ce volume, nous sommes tout particulièrement heureux de remercier publiquement M. L. Brunon, l'habile photographe troyen, qui a mis à notre disposition, avec une rare bonne grâce, sa remarquable collection de vues troyennes, ainsi que MM. Eugène Maréchal et Gaston Laignoau, à qui nous sommes redevables également d'excellents clichés de Provins.

Le bassin du Canal, la place de la Prélecture et l'église Saint-Urbain.

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