CHATBAU BT MOULIN BB LA TO0E. — LA SANTÉ
Sous le nom assez énigmatique de Vieille-Home, la rue qui conduit à la place de la Tour révèle une habitude de pèlerinage. Les pèlerins allant en Italie se retrouvaient dans une hôtellerie qui leur était pàrticu- Uërement afTectée.
Le iroisi^nie < hàieau des comtes, le vrai monumcnl de lu puissance leodule, se trouvait là. Il eti reste une porie heureiiseinenl conservée, car c'est le i>liis vieux débris d archileritiredela villn auoieane. On peut le d;Uer dn eonimencelaeiil do \1* siècle. 11 a conservé son plein-ciiUre primitif sous un cordon de modillofis eylindriqoes à fleurons crucifères, el on oculus encaihf de la iiiènie manière. Le passage de la herse se voit en deçà du graud arc extérieur.
Une inscription rappelle l'origine du château.
Le donjon devant lequel les vassaux (Ji-s comtes, puis ceux de ta couronne venaient j m < t foi • i hommage, était au bord de la rivière, en face de i enirte de Nervaux. Ses ruines n\int disparu que depuis 1858 ou i8i0. Ce doojon, établi sur un jdan carré, était antérieur au xii® siècle.
Prison au xvi* sié' îe, le ( liàleau fui le théâtre d*un des plus abominables épisode^ de la Saiut-Barthclemy. Le 4 septeoibrc ir>7^, les TTugiietiols enfei nu s prisons du /îondeou, comme 4hi iiominait alors le ciiàteau à cause de sa disposition circulaire, furent massacrés sur les ordres du bailli Anne de Vaudrey, par des sicaires qu'on avait eu le soin d'enivrer. T-n honnno dont îe nom flétri a passé, à la poslérilé, Barllu leniy Cariol, tooneîicr, égorgea à lui seul trente prisonniers! Un peut juger des proportions du massacre. Le sang, coulant en ruisseau, alla teindre les eaux du ru Coidé. Une vaste fosse creusée derrière la chapelle, sur la gauche, en mraite de In portr actuelle, reçut les cadavres des victimes. Triste contraste, une salle de danse convertie en garde-meuble des rommissaircs-priseurs, s'élève sur l'emplacemeul. ArseuaU magasin à poudre après avoir été prison
royale et château féodal» le Rondeau est couvert d*habilatiens et de jardins.
An fond de la place, la Recelte générale occupe remplacernent du prieuré de Saint-Jean-Ciiàtel, qui devint tio h6* pilai de pestiférés au xvi^ siècle, puis en 1619, une suceur* sale des iiospices de la villo» sous le nom de ia Santé,
Le tic-tac monotone du babillard et le bruissement du vannage attirent l'attention sur le moïliln de la toi r. Aussi ancien que le donjun qu'il rappelle, ce moulia passa du domaine des comtes de Champagne entre les malus du chapitre de Saint-Ëtienne en 4457, puis dans celles des Bénédictines de Foicy . Simultanément le chapitre de Saint-Pierre, celui de âdnt-Étienne et le prieuré de Saint-Nicolas de Pougy. possédèrent ce moulin. De ^S-lT a ISiS, une ûlaluie de coton s'établit au luuulia de la Tour. L'usine est revenue maintenant au son et à la farine.
Avant de quitter ce coin de la ville, expliquons l'origine des noms de Crémone (dernière section duGrand- Gloitre), des Sonnettes, des Tournelles, du Fort-Bouy et de Surgale.
Quartier général de la tisseranderie, vers le déclin de sa prospérité, la rue Surgalc ou Surganne, ainsi nommée dès le xiiie siècle, est encoïc un problème que n'a pu résoudre le savant auteur des Rues de Troyes i\ ). Crémone, se justifie par les relations commerciales de l'Italie avec Troyes; les Tournelles rappellent l'appar reil extérieur d'une maison flanquée de tourelles. Pour les Sonnettes auparavant des Clochettes, un signe ex.térieur ou un atelier de fondeur peut également justîfier les deux noms.
A la rue de Crémone se soude une autre section
(1) Les ruks uii I uoybs anciennes et modernes, i»ar M, Conaid Uc Brci>an. 1857.
. (lu Grand-Cloître, connue sous la désigiiatioii mal soiiuauU <los Cochons. C'est d'un bas-relief maintenant détruit, et représentant un ti'oupeau de porcs avec leur gardien, que vient le vocable tout récemmeut oûiciel, qui a disparu.
L'ancien phiburè de Saiitt-Quentin existe eu partie daos la rue de Crémone. On voit encore son petit porlaîl ogival du XIV* aièele, avec des moulores cylindriques en archivolte» en trilobés an tympan; son Intérieur est voûté. On faisaitdespèleriDagcspourla guérisondel'b) dropisieao prieuré de Saint-Quentin qui possédait des reliques de son patron. Hais les abus commis à l'égard des liydropiques motivèrent des censures. Ce n'était pas sans motif» car les délégués de l*abl)aye de Molémes» dont Saint-Quentin était une dépendance, avaient trouvé un moyen fort original, mais aussi indigne que lucratif détaxer les pèlerins. On les plaçait sur l'an desplateaux d'une balance; dansFautre on mettait Féquivalent eu poids, de cire, de chanvre et de marchandises qui devenaient la propriété des desservants du prieuré. Le pape Innocent TIII mit on terme à ce scandaleux commerce en i490.
L'aboutissant de la me du Grand-Gloltre (Crémone) est le quartier de Nervaux, le dernier refuge du patois et des idiotismes iroyens. Ajoutons des gottres que l'assainissement de la ville a fait disparaître. On y trouvait la porte de Chaillouet au XV* siècle. Parle quai qui a succédé kranden rempart, on arrive à la rue Saint-Lambertf ceUe par laquelle les soldats d*Eustacbe de Mesgriguy descendirent après avdr escaladé les murailles, le 17 septembre 1590. Il ne reste plus que le ided du pavillon de Cbaillouet et des tours Salut Quentin et Barbazan, qu'on voyait encore presque en entier en iH56» ainsi que la tour Charlemagne, dont la place est marquée par le nom d'une rue de dégagement.