‹ Troyes et ses environsChapitre 6 sur 7 · MUSÉE · texte numérisé non relu

MUSÉE

Pdntoie. Seolptare. — Conaervstoire industriel. — Histoire

lutarelle, etc.

Le Musée n*est établi dans l'ancienne abbaye de Saint* Loup que depuis 1831.

Toîci son origine :

En 1792, l'assemblée départementale de l'Aube demanda à la Convention la faculté de lonner un Musée dépaiiemental.

Autorisée h le faire, l'administration envoya des commissaires chargés de recueillir les objets d'art que les conûsca-

tloDseï les suppressions de commuiuuités religieuses aTsIeot traiisfoniiés en propriété de la nsUon.

Quelques tableaux furent réunis» dnsi que des fragaienu de sculpture que fil déposer à Saint-Loup rarchitecte IK^ lony. Mais, lors de la réouTerture des églises, il y eut des réclamations suivies de restifulions» si bien que le Musée resta en projet.

Durant ces tentatives, les professeurs de l'Ecole centrale, qui avait succédé au collège, s'étaient occupés de réunir des collections d'iiistoire naturelle, dont le cabinet du comte de Brienne avait formé le noyau. Mais, dispersée presque aussitôt que formée, cette collection n'a fourni que fort peu d'éléments au Musée.

C'est de 1829, seulement, que date la véritable formation du dépôt actuel, qui eut d'abord pour asile une dépendance de l'ancien couvent de Notre-Dame-aux-Nonnains, converti en Préfecture.

En 1851, l'insuffisance du local i amena les idées vers le couvent de Saint-Loup, où lurent définitivement installés les objets déjà réunis. Longtemps assez pauvres, la galerie de peinture, et sui lout celle de sculpture, ont fini par prendre un développemeni qui nécessitait des améliorations et surtout des agrandissements.

Une circonsiaiice inattendue pressa la réalisation d'un projet depuis longieuips mis eu avant par les conservateurs, et appuyée par ropinion publique. La veuve du sculpteur Simart donna, en 1858, tous les moulages des œuvres principales de l'artiste. L'impossibilité de les ] lacer amcMa le conseil municipal à voter la construction do ne aile au côté gauche de l'ancien bâtiment. Un prdt sans iuiéièls, réalisé sponlaiiénient par un grand nombre de souscripteurs, permit l'enirepiisc immédiate des travaux. Commencée en 1859, dès le printemps, cette aile est à peu près achevée en ce moment. Une année a suffi h h construction. Deux grandes salles superposées, que rexpusiiion de 1860 a inaugurées, permettent maintenant de donner un abri convenable à toutes les collections.

Sans faire ici un catalogue, nous devons mentionner les objets les pins intéressants.

PEIMTDRB.

Dans la salle eonsacrèe à la peiDture, et qui ne fax commencée qii*en iS55y à Taide des dons de M. Uorlot, amateur distingué, il faut noter :

Deux tableaux de Fleurs et de Fruits, de Baptiste Monnoyer (1635-1690).

Cinq tableaux des iioullongne (xvii^ et xviii* siècles).

Un portrait de Claude Joly, grand chanlre de Nolre-Dwe de Paris, peiiu par Philippe de Chaaipaigae.

Un tableau de Gibier, de Desporles.

Mercure et l'Amour, — Télém(fquc et Mentor, la France avec la Force et la Renommée, — l'Amour semant des fleurs, — Eucharis et l'Amoicr^ — Jupiter et lo, — Persée et Andromède, — Danaë et la Pluie d'or, — Gard' mède enlevé par Juniter. Ces neuf toiles s >ut de Natoke.

Ruines d'un pont 7^omain, par Hubert Koberl.

Deuœ scènes champêtres, peintes par Walleau.

Un Portrait de femme, par Simon Vouet.

I^s Beaux-Arts (trumeau), par tioucher.

L'Assassinat du duc d'Orhkms par le duc de Bourgogne, peint par M. Louis Boulanger.

Les Chrétiem dans les catacombes ^ par M. Eugène Maison.

Le mauvais Riche (scène roniaine), par M. Biennourry. Les copies ei les tableaux d'auteurs inconnus sont nombreux.

Les ;imaieurs d'archéologie trouvent une série de dessins h Taquin elle, par M. Max Berlheliu, représentant Fancienne cbapelle des Cordeliers et le portail de Téglise Saint-André;

Une f itede Troyes, peinte ver^ 1()5î.

Parmi les sujets intéressants par leur singularité ou parles personnages qu'ils représentent, il faut noter ;

Un portrait (conteniporain) d'ffenri III.

LeportraitdeJeanLegas, maiti e boucher à Troyes(lo87). Ce Legas se fil peindre avec la barbe démesurée qu'il portait lors du pa^sn^^e d'Henri III. Présenté au roi, qui, doutant de rauthenticité de cette barbe, la constata eu y poN

tant la main, Lcgas oblinl le fermage de la boucherie publique pour sa descendance. Ce poi irait fui doruié aux Trini tairas de Troyes, à la condition de ie placer dans leur chapelle.

Un portrait de François Gentil^ sculpteur célèbre de l'école de Troycs au xvi* siècle.

Le portrait de Nicolas Des GuerroU, auteur de la Saineteté Chrestieywe .

Celui du Père I.e Comte, oratorien, auteur des Annales Ecclêsiastiqves de France.

Une coniposilion désignée ainsi : « Etienne Bcrgerat, curé » de Chennegy, faisant exécuier un moUei par ses enfants » de cbnpur, en présence de Louis XIII. «

Ce Bergerat, qui se fit peindre avec ses élevés en action, était un homme de joyeuse humeur, musicien intrépide, beau diseur et bon vivant. Il était directeur de h n^aîtrise à la collégiale Saint-Etienne. Admis à faire jouer ses exécutants devant le roi, il obtint assez de succès pour que Louis XIII lui flt offrir des raisins qu'on venait d'apporter.

» • Sire, dit le maître de musique, je remercie Votre » Majesté, mais j^aime mieux la purée que les pois. »

— Très-bien, répondit le roi, qu'on donne à boire à moa* sieur le maître.

Bergerat eut rhonneur de trinquer avec révêque ^ la santé de Louis XIIL

SCULPTUEB.

Girardon a la date et la renommée, mais il n*a pas le nombre. Deux bustes, l'un de Louis XIV, Tautre de MaHe^ Thérèse^ un bas-relief en marbre blanc du mausolée de j|fm« c2e Lamc^gmn, un autre bas-relief en bronze, dont saint Charles, commnniani les pestiférés, est le sujet, sont tout ce que le Musée possède de Tœuvre de ce fécond statuaire, qui travailla pendant toute sa vie.

Nous renvoyons au catalogue pour la nomenclature des objets de diverses provenances ; nous nous bornons à mentiomier, parmi les objets les plus intéressants, un buste de Louis XVJII, par Bosio, et, parmi les premières œuvres

de Simart, la Mort de Caronis, la Mort de Caton d'Uiique, un buste de Charles X, \\m figure allégorique de Troyes, Orphée (bas-relief), un buste d*Annibal Jourdan^ le modèle de la Vierge de la CatJiédrale.

Les œuvres capitales du grand statuaire sont représentées an Musée par d'excellents moulages. Les bas-reliefs du tombeau de Napoléon l*', ceux qu'il a faits pour le nouyeau Louvre, des sujets placés au ch&tcau de M. le duc de Luyuet, k Daropierre ; plusieurs sujets isolés composeol une collée* tioD précieuse quMI sera facile de compléter pour quil ne manque rieu k la chronologié.

Il faut noter une collection de terres cuites des Taasin de Laogres, et parmi les objets curieux, sous le double rapport de riiisloire et de Tarchéologie, la cheminée monumentale de rhôtel des Chapebiines ; des chapiteaux romans de Féglise Saint-Denis, des fragments de sculpture en bois et en pierre, un modèle de la Bastille, les figu res des Tombeaux de Charles de Choiseul Praslin» maréchal de France, et de Roger, son fils.

Dans la section archéologique, se placent un Apollon antique en bronse, découTcrt à Vaupoisson, des bijoux et des armes .à monture d*or, trouvés k Pouan, et donnés par Napoléon III; une grande quantité de poteries, d'ornements et d*ustensiles gallo-romains.

Le conservatoire industrid renferme des instruments aratoires, des modèles d*appareils hydrauliques et mécaniques ; mais ce quil y a est peu de chose k côté de ce qu'il devrait 7 avoir. Il en est de même des Instruments de physique, de chimie et de météorologie. Les collections ethnographiques proviennent surtout des Iles Océaniennes, des Moluques, de lava, de Chine, des Grandes-Indes, de Madagascar. Les dl-> verses sections de la zoologie, de la botanique, de la géologie, présentent^ au point de vue local, un véritable intérêt. Mais toutes les divisions du Musée réclament de Tespacei de la lumière, des salles convenables, conditions qui paraissent devoir être remplies par la construction du nouveau bâtiment additionnel qui vient d'être achevé.

Tour de Tille

PORTBS. — VNCBINTBS, — BOULBVARDS. —

Gomme il ue roslt^ plus rien ou presque rien de l'ancienne ceinture do murailles qui enveloppait la ville de Troyes, nous devons côtoyer rapidement son ancien périmètre, en renvoyant aux pulilicatîons qui ont traité ce sii^jet ceux de nos lecteurs qui voudraient voir revivre dans leur minutieuse intégrité les formidables remparts qui ont été rasés.

II a été question de l'ancienne Cité gallo-romaine, de l'Oppidum primitif; arrivons donc sans transition à la dernière enceinte, qui avait acquis son plus complet développement au xti» siècle,

La porte de Groncels, qui existait dès le xn* siècle» était une masse énorme. Réparée eo 1510, elle fut refaite après pins de 400 ans d'existence. Une loogue voûte, s'ouvrant entre deux tours, conduisait par un ponMevis dans rinlérieur. Un bastion et une terrasse constituaient ses ouvrages avancés. Elle a été détruite en 180S.

A droite, en suivant le cours d^eau, on volt encore Téduse des Moullns*Ncufs, débris de rempart flanqué de deux tourelles.

La porte de la Tannerie ne datait que du xiv siècle. Elle fut démolie eu I7â3, et remplacée par une simple percée pratiquée dans le rempart, ei qui a disparu à son tour peu de temps après rétablissement du canal.

Tout le tour de la vi]le> compris entre Groncels et la Tannerie, a été bâti sur le revers de la contrescarpe et aux dépens des propriétés Uinitropbes. Il y avait, dans cet intervalle, à peu près en face de la rue du Beau-Boucher,

proloDgement de la roe Saint-Viocent-de-Paol, un baalevard donl la tour principale perlait le nom légendaire des quatre fila Aymon.

En continuant k marcher en aval, on trouvait le m Cordé, défendu par les tours Saint*Tboii^, Saint-Dominiqne et une plate-ISrme. Les ponts du canal et du bassin rappellent encore à peu près rassielle de ces ouvrages.

Vers rendrait oà sont les moteurs des fontaines publiques était la plate-forme de la Planche-Clément. L'ensemble désigné sous le nom de tours Sainte-Barbe et Hercules, ainsi que les courtines qui les reliaient, est représenté par un fragment fort curieui porté sur un pont k trois arches en plein cintre. A cété et bordant le déversoir, est un massif de maçonnerie qui indique l'ancien développement extérieur du boulevard de la Planche-Clément, vulgairement du Gouffre. Il y af^alt lï une porte représentée maintenant par une sortie pratiquée entre le boulevard et le pont.

Plus bas, en aval, deux boulevards se succédaient : Pun nommé de llsle^ en face de la Poudrière, Tautre, h côté du misseau de Jaillard, désigné sous le nom de Rioteuse.

La ligne des remparts aboutissait ensuite à la porte Saintlacqoes, qui s'ouvrait sur un boulevard dont la forme générale revit dans les terrassements bordant la Seine en amont da pont.

La porte Saint-Jacques, bMie dès le commencement du xilt*sièele, ftit refaite h la fin du xv^ On la décora en 1466. En i486, on y établit un guetteur. On fit des réparations à la porte en IS44 lorsqu'on construisit le boulevard.

Par son agencement et Theureuse disposition de ses lignes, cette porte méritait d'être conservée. Elle était flanquée de deux tours en demi-lune, avec deux corps de-logis en retraite Ton sur Panlre. Elle était percée d'embrasures, de meurtrières, de rainures, de herses et de fléchières do pont-levis.

Cette porte existait encore en 4852. Le grand pont de pierre qui unit la ville au faubourg dale de 1755.

Un peu en amont du nouvel abattoir était le boulevard de Chaillouel. Plus bas, on voit encore la base des tours de Barbazan, de Chaillouel, du Sault-Périlleux et de la platelorme de Chaillouel, démolies pour dégager les abords de

l'abattoir en 1857. La tour Charlemagne, qui a laissé son nom I ooe raelle du quartier de Nervaux, avait été transformée en glacière. Elle a disparu de 18St6 à 4857.

Au quartier Ue Nervaux .s'a[»puyaî( le boulevard de la tour Saint-Paul. Dans l a^;*' di; la rue de Crémone, s'ouvrait la poterue de Saint-Quenlio. Après avoir successivemenl rencontré les plates-fonnes Alexandre et des Cordeiiers, on arrivait à la porte de Comporté ou de Preize.

Cette porte, flanquée de tours, communiquait à une autre porte avancée couverte par un cavalier de pierre. Elle était i*une des plus anciennes de Troyes, comme Tindique son , nom priraitir (comporté, porte des comtes). On la refit à neuf en 1 iOQ, ou tout au moins dans l<^s années suivantes ; dans les derniers temps, ce n'était qu'une poterne pratiquée dans l'épaisseur du rempart.

En avant de la poterne de la Madeleine, s*âevait le boulevard Belinbàti en i576, et sur lequel le théâtre actuel est bâti. La base de ses revêtements borde la salle et la -petite place que limite la voâte souterraine de la Vienne. A la sortie de la rue Jaillant-Iteschainets, le comte de Saint-Pol, commamtent pour la Ligue, avait fait bfttîr en 1590 «n boulevard triangulaire relié à la tour Saint- Antoine. 11 portait le nom do duc de Chcvrense commandant h Troyes pour la Ligue. Elevé à la hâte et composé de matériaux pris dan s les démolitions de réglise de Saini-Mnriin, de Saint-Antoine et de la Trinité de Preize, ce boulevard s'écroula de lui-même . Au xv* siècle, il y avait là une porte eiUre deux tours, par laquelle passa Isabeau de Bavière.

Fn remontant le long des jai dius clalili^ sur le boulevard de de Chevreuse, on arrive à la porte de lielfroy, par laquelle Charles VIII et jdusieurs rois firent leur entrée. Détruite par rincendie de 1544, elle fat reconstruite sur-le-champ, et subsista soussa nouvelle forme jusqu'en 18i5.Nous avons détaillé sa physionomie en commençani noire excursion à travers la ville. Un peu ii droite, et raccordé avec les défenses de la Ticomté, était le boulevard de Belfroy. Plus bas, précisément au bout de la rue longeant le côté sud de Saint- Nicolas, s'ouvrait la porte d'Auxerre, autrefois porte au

Mih'e ou (lu Bourreau. Elle ne servait plub dès le xvi* siècle j sa forme ogivale apparlonail à l'art du xiv® siècle.

Le plus important de lous les boulevards, remplacé maintenant par la caserne d'infanterie qui en débord»^ l'ancienne base, était le boulevard de la Tour-Baleau. Cel ui une puissante citadelle aménagée en cascmaîe«;, chambres de guet, corps-de-garde, chemins couverts d souterrains; elle était percée de meurtrières et d'emhrasurt's, déi oupée au sommet, en nierions et f n créiir' :ui\. Quatre pièces d'artillerie célèbres étaient plai im n sur ses reniparts. On les nommait le gros Brcteuil ( pien ier pris aux Anglais), la Couleuvrine, la Guiilemelie et la Chevreusc. C'étaient des pièces de gros calibre. La Guillemette était une bombarde qui datait de i450; elle fut conduite au siège d'Ânglure en 1431. On la tirait à demi-charge les jours de réjouissance, au grand dommage des vitres du voisinage. Foruiéc de cercles rivés et jiu^la-posés, elle mesurait 20 pouces de diamètre; sa charge était de 35 livres de poudre. Elle ne fut enlevée et dciruite que dans les premières années de la révolution de 1792.

T.e boulevard de la Tour-Baleau, nommé plus lard boulevard de Guise, fut bâti dans Fespace de onze ans, de 15:29 ^ 15^0. On cornmonr.i à le défigurer en 1858. Il fut rasé dcfinitivenienl eu 1«48. Son étendue avait permis d'établir, sur les plates-formes, des tt-rrassements planté:; et disposés en jardins. Un réservoir occupa, dans les derniers temps, les soriiiiiets de la TcMir-Baleau. Il alimentait une pompe placée dans le voisinage (!r S;\inl-Nicolas.

La partie de l'ancienne < nreinle qui s'étendait de la jHirte de Preize jusqu'à celle <]e Croncels, a perdu sncce^sivenu iil et par parties, entre 1848 et 1860, ses fossés et ses rem parts. L'établissement de voûtes sur la Vienne, le nivellement des fossés et des remparts remplacés par des ( haussées et des jardins d'agrément, a rendu l'endroit tout-à-faiî meconuaissable. Partout ailleurs les cours d'eau et les jalons oubliés par la pioclie guident la marche des curieux.

Outre l'enceinte militaire maniée, remaniée, coinijl. tec, fiirtiliec de siècle en siècle, la ville, dans ses prolongenienis de banlieue, avait drs/crwa:'-/r)^,'?^.s,ouvragesen terre qui protégeaient les écarts et les faubourgs.

Gomme il «si à peu près impossible de guider le lecteur à travers des jardins, des enclos et des maisons i|qI osl reinris la place de ces travaux défensifs, contentons-nous de déterminer la direction des faox-fossés.

Us coupaient la chaussée de Groncels aux abords de la me de la Mission» traversaient la ligne du chemin de fer, au bout I de cette rue; ils inclinaient ensuite k droite, à travers les marais de Saint^Andrê et de Ghicherey, pour arriver psr b rue des Fani-Fossés^inl-Nicolas à la route du fauboorg Sainte-Savine. Continuant leur développement circulaire per la rue Goulommière, ils longeaient les Fossés^Patris à Ssiol* Martin, pénétraient dans la rue Deme, et en arrivant à la chaussée de Preiae, ils s^éiendaient dans la direction de b chapelle do la Trinité de Preize, pour rejoindre les fossés de reneelnte deTroyes.

Celle ligne de circonvallaiion, qui enveloppail la plus grande parUc dit Quarlier-Ilaul, clail molivée par les conditions topograpliiqucs des terrains qui dominaieni la ville. Les faux-fossôs se remplissai( riL d'eau au moyeu d'écluses. Les ruisseaux qui subdiviseiii la Vienne daosle marais de Moulierla-Celle, elles irop-pleins des fossés d'enceiiile, abreuvaient les douves de et < Duvrages avancés.

Au passage des faij\-fossc5 dans les faubourgs de Groncels de Sainte-Savine, de Saint-Martin et de Preizc, on avau établi dos portes et des ponts mobiles.

T a porte avancée de Groncels se nommait la fausse-porte de Croacels; celle de Sainlc-Savine, la Porle-aux-Boeufs. 11 est probable que celles de Saint-Martin et de Preîze portaient le nom des sorties de Comporté el de Saint-Antoinei aax* quelles elles servaient de védettes.

La destination militaire des faux-fossés fut d*asses courte durée. Creusés au xiv* siéde pendant la guerre anglaise, ils furent obligés dès le temps de Louis XI. Sous François P' ils furent aliénés» pois successivement comblés. On en retrouve cependant des traces dans Saint-Martin, près de Sainte-Jule et des Fossés Patris, dont Je chemin de fer occupe une partie, et dans les dépendances de Saiute-Savioe.

LTGâB. — CHEMIN M FER DE MOlfTBBEAU A TROTBS. — GHBMIR m FER DE PARU A MULHOUSE.

Pour rendre plus claire la description de Tancienne enceinte militdire, aous avuus dû laisser de côté quelques établissements qui ne s'y rattachent que par suc* cession ou voisinage.

L*endroU où I'od adiève la coDStruction da Lycée étâit occupé, depuis 184S, par la gare de la petite ligne de Thiyes à llontereau, qui se relie encore aa chemin de Paris I Lyon« Elevée en 1847» cette gare fut Incendiée le 19 fé- Trier 1855. Réparée sommairement, elle servit jusqu'en 1857, époque à laquelle s^ouvrlt le service de la grande ligne de Paris à Mulhouse.

Lue galerie iransvoisale, élevée d'un étage au centre et percée au rez-de chaussée de portes en plein cintre, composaient le LùLiaieiU de façade. Les abris des quais, des sorties et des entrées, se soudaient dans le sens de la voie à ia construction principale. Au-delà, les gares de marchandises et les ateliers s'étendaient jusqu*à la peiile me Sainle- Jale. On commença à démolir les bâtiments de celle gare dans le cours de 1857.

La création de la ligne de Iroyes h Montereau, effectuée en vertu d'une loi de 18W, a éié la cause de nombreuses et énergiques mainfesiritions de l'induslrie de Troyes. Les pétitions, les brochures, les demandes, les délibérations, les articles de journanx, toutes les expressions de la polémique ei iJe h discussion se multiplièrent pour obtenir le |ia-s[ige par Troyes de la ligne de Paris k Lyon. Des comités s'étaient formés pour veiller aux diverses phases de la question. Malgré tous ses efforts, la ville ne put obtenir du ministère et des chambres qu'un embranchement, le premier de ceux qui furent créés, et le premier inauguré SOUS le régime républicain, le 6 avril 1848.

La fêle fut imposante. Le ministre provisoire des travaux publics présidait ia cérémonie, accompagné de M. Stourm,

membre du conseil d'adminUtratioD, aujourd'hui cooseiller d*Elat el directeur général des postes; de lUI. le duc d*Harcourt, Pavée de Vendeavre, anciens pairs de France; De- • meufTe, ancien député; de MU. Ligoier et Crevât, commissaires du gouvernement dans TAube; Oscar Lafayette et Fontaine (de Melun), commissaires de Seine-et-Marne. Les abords de la gare étalent remplis d'une feule immense; les tambours battaient aux champs, tandis que le train glissait lentement sur les rails. Le canon tonnait, la garde nationale en haie pr^entait les armes, les corporations ouvrières déployaient de^^ drapeaux, le clergé, l'évéque en téte, atten* dait le cortège. Tout cet ensemble était magnlAque et entraînant, tant il se dégageait d'enthousiasme et d'exaltation des rangs de cette foule admirablement groupée et disciplinée.

En 1858, ta gare de la ligne de Montereau achevait de tomber, et laissait la place au Lycée par suite d'un arrangement fait entre la compagnie des chemins de fer de TEst et la ville de Troyes.

Les nouveaux bàiîments ne sont pas encore terminés.

La ligne du chemin de fer de Paris à Mulhouse, ses gares el ses dépendances, ainsi que le réservoir des toniaines publiques, se trouvent aux environs d'un lavclin en terre é'cvc par le coinie de Saint-Pol, eu lo90, pour forlifier le boulev;ini (hi Clievreuse.

La ligue de Mulhouse a été concédée à la coinpafrnie des chemins de fer de 1 Kst, le li) aoul 1855, à la charge de rembourser au pair le nioiuant des actions engagées dans la compagnie de MiuUereau.

Eu 18oi, le 8 mai, la couipariUie, d'accord avec la \illo de Troves, fixait remplacemeul de la gare au lieu qfi'elle occupe aujourd'hui, sous la condition du paiement par l'adminislralion municipale *l'uae sinnnie de 200,000 francs.

Vers la tin d'août de la mèuie année, le tracé déûnitif de la ligne du chemin de fer dans le département de TAube était terminé. Le 10 octobre 1854, une enquête préalable s'ouvrait, el peu de temps après les travaux de terrassement, les cousiruciious d an et rétablissemeut des gares étaient entrepris.

Dans le cours du printemps de i 858, la gare se Irouvait achevée, et la ligue était livrée au public sur la nouvelle ligne de Paris jusqu'À Cbauinont

Maiolenant le trajet entre Troyes et Paris s'eflfectue en grande vitesse dans l'espace de quatre heures, moyennant une somme de 10 francs en 5« classe.

Ce prix et celte vitesse font songer naturellement aux anciens moyens de locomotion, et provoquent une curieuse comparaison.

En 1586, les entrepreneurs des coches faisant le service entre Troyes et Paris et retour furent obligés, par un règlement municipal, de ne pas conduire plus de sept ou huit perpersonnes à la fois.

il en eo&tait par personne un ècu pour aller, et un écu pour revenir. Chaque voyageur avait droit à dix livres de bardes (bagages). Les excédants se payaient quatre deniers par livre. Or, en ramenant la valeur de Targent à sa puissance réelle, c'était une dépense d'environ cinquante francs, sans compter les frais d'hôtellerie pour faire cet agréable voyage dans une charrette posée sur l'essieu, couverte onue sait comment, et qui roulait solennellement au pas quand les ornières ne robligeaient pas à de bborieuses stations. Pour avoir une Idée de la durée do trajet, il suffit de constater le temps que mit un courrier de Louis XI, en 1470, pour porter une dépêche royale d'Amboise à Troyes. Onoiqa*il eût h ses cidres les chevaux de la poste royale nouvellement établie, le courrier ne marcha qu'à raison de cinq lieues et demie par jour; on comprend facilement la préférence que donnaient aux chevaux et aux mulets ceux qui pouvaient faire les frab d'une monture. Ce ne fut guère que sous Louis IIV que les carrosses marchèrent régulièrement. En 1668, une ordonnance de police accordait trois jours pendant l'été et quatre jours pendant l'hiver pour faire le trajet de Troyes à Paris. Cent ans plus lard, on n'avait pas gagné encore un jour sur la durée du parcours; enfin, en 1784, on Qonsiate une amélioration sensible. Il y avait des diligences qui partaient le lundi, à 5 heures du matin, et arrivaient le mardi soir k Paris... quand elles arrivaient. Le prix des places était de trente livres huit sous dans le car-

rosse. On en resu longtemps à ce prix et à cette rafrfdité* Il nV a paft plus de quarante ans» des patates» maichanl en concurrence avec les diligences, mettaient trois journées pour faire le chemin. On coucbait le premier soir à Nogeni; le lendemain à Guignes» le soir du troi^ième Jour on descendait enfin à Paris.

n faut arriver à des temps très-rapprochés do nôtre ponr trouver on trajet accompli dans la durée d^une journée ou d'une nuit de quatorze heures. Quant ans ennuis engendrés par les arrhes, par les inscriptions sur les feuilles pour des départs à jour fixe, par les diligences de passage qu'il fallait guetter» tout le monde a passé par-là» 11 y a moins d'une dou»dne d'années» et il est encore des routes oCi Ton peut

se procurer le plaisir d'une comparaison entre la diligence et le train.

La nouvelle gare deTroyes, bàâe à peu près sur le plan de Tancienne, a plus d'importance. La gare aux mardiandlses» les ateliers et les dépôts, au milieu desquels rayonnent les voies de service, ei stationnent ou circulent les trains, composent un ensemble qui réunit les conditions constitutives de rintérèt qu*offrent les grands ensembles industriels.

La gare de Troyes est la plus importante de toutes celles qui se trouvent sur le parcours de la ligne de Paris à Mulhouse.

FOMAIMËS PUBLIQUES.

Les fontaines publiques, dont le réservoir est protégé par UQ gazoanement, sont de création récente.

Dès la fin do xv* siècle, la ville éprouvait le besoin de remplacer Teau des puiis par une autre de meilleure qua* lîté.

En 1495, on était décidé à établir des fonuln^, mais déjà, comme depuis, la question d'argent se mettait à la traverse. U s'agissait d'amener eu ville, par un canal long de 2,600 toises, les sources de la fontaine de Nuisement.

En 1629, le sieur Bichault, ingénieur foutainier, proposait d'établir ces fontaines si désirées, mais qu'il avait fallut aban-

donner. La proposition deringéaienr fontainier, malgré ses conditions sédaisaniès, tomba littéralement dans l'eau. Il n'en fot bientAt pins question. Les générations se snccédaienty et les puits voyaient se perpétuer leur privilège plusieurs fois séculaire de fournir une eau quelconque à la population. Vingt fois remises dans le courant de la discussion, vingt fois les fontaines publiques furent rejetées dans les futurs contingenls.

L'année 1844 est marquée par un relour à l'idée sans cesse discutée depuis Louis XII. Successivciiieul on vit se dérouler plusieurs propositions.

D'abord on avait essayé, au moyen de souscriptions volontaires, de forer un puits artésien sur la place du Marcbé-au- Bîc, dans IVspoir d'arriver à la nappe jaillissante. Abandonné après un sondage assez profond, le puits artésien céda le pas à une proposition de riiospicc qui offrait d'établir un moteur au moulin de Paresse, sa propriété, moyennant rente du capital dépensé.

Vint un peu plus tard une compagnie qui demandait une somme annuelle de 30^000 fr. et une concession de 75 aus pour Êdre exécuter un projet de M. Deniel, ingénieur. Ce projet consistait dans un canal à ciel ouvert pratiqué dans la Seine à un point suffisamment élevé pour faire arriver l'eau sur tous les points.

Ultérienrement, sons la mairie de MH. Ferrand-Lamotte et Parigol, on revint à l'idée de forer un puits artésien pour l'abandonner aussitôt.

Bans le cours de 185), un propriétaire originaire de Troyes, M. Jaillant-Deschainets, légua à la ville une somme d'environ 400,000 francs, applicable à des objets déterminés pour la plus faible partie, et k une entreprise d'intérêt public laissée au choix de la municipalité. Ce don entratna rexécution des fontaines publiques. Au mois de février 1855» la ville décida l'exéculioii 'Je plans et de devis dressés sur sa demande par M. Mary, ingénieur divisionnaire. Les travaux, coaduits rapidement, permirent, au printemps dO 185G, de répandre l'eau de lu Seiue dans tous les quartiers de la ville. »

Voici le résomé da syslème adopté par riagéoiottr :

Deux machines ii vapeur sost établies an PaTilkm de la Planelie-Clément, Elles foot monter l*eatt de la rivière par des conduits en \6\t bitumée jusqu'au réservoir voûté eoiistruit sur l'emplacement de Tanden Ravelin.

Des tubes secondaires» soudés aux grandes conduites» aUmenteni les bonnes-fontaines. La disuribution s'opère à la fois pendant le trajet d'ascension et sous riufluence de la pression de la masse d*eau renfermée dans le réservoir.

Une force moyenne de treize chevaux suiBt au service ordinaire. '

L'eau s'élève dans la proportion de 250 mètres cubes à rheure.

La dififérence des niveaux respectifs de la prise d'eau et du sommet du réservoir est de 12 mètres 40 centimètres. D faut quinze heures pour remplir les deux bassins qui contiennent 3,750 mètres cubes d*eau. Le prix du mètre cube revient k un centime environ, sans faire entrer en ligne de compte les frais de premier établissement.

ÉCLAIBAGB. USINB A GAZ COURANT.

L'éclairage public n'est pas un des côtés les moins curieux de l'histoire domestique de la ville de Troyes. Entre l'obscurité et la chandelle ; entre la chandelle

et l'huile, et de l'huile au gaz. li n'y a pas eu moins de temps, (lo diffîcultés et de lenleurs qu'entre les diverses translurmaiioiis des moyens de voyager.

L'cclairap:c public ne fut d'abord qu'une mesure d*exceplion. Les jours d'alarme cl de féie, chaque propriétaire accrochait un fallot h sa façade ; mais révéoemeni passé, les rues retombaient dans leur obscuriié habituelle.

C'était un beau temps pour les malfaiteurs que celui où réclatrage était confié seulement aux complaisances inter* mlttentes de la lune. Aussi fallait-il à toutes les entrées et à toutes les sorties des chaînes de fer pour leur barrer paa« sage ; il fallait multiplier les patrouilles du guet qui, chas-

sanl en aveugle, iiuiuiu ut le p. us souvent ceux qu'il poursuivait. Quant aux }uii li uliers, ils grillaieiii leurs fenêtres, vérouillaient leurs puries et les bardnient <ie f ir.iilles en y laissant eotre-ouverl l'oeil soupçonneux d'un ^luidu i ; d:însles rueSjOU ne sorlaitqu'arm^, presque en patrouille, guide par un fallolou par une torche, car malgré le lormiJable dépl«4emenl de potences qu'on a vu échelonnées de tous côtés, les coupejarrets, les vagabonds, et les détrousseurs montraient une audace contre l.tqnelie il lallaii prendre ses précautions. Ce n'étaient pourlaiil ni les moyeus de répression, ni la rigueur des peines qui nianquaieol; c'étaient les moyens préventifs et l'organisaiion. Des lanternes ensscût mieux valu pour la sécurité des mes que des pol^jnces.

On avait cepcndani compris depuis longtemps la nécessité de réclairage, car le 29 octobre lo62 le corps de ville décida que des lanternes et des chandelles seraieut mises dans les rues, sous la surveillance de préposés.

Malheureusement, il en fut des lanternes, sous Charles IX, comme des fontaines sous Louis XII ; il s*écoula deux cents ans avant que les lanternes vinssent se balance r au-dessus du pavé. En 1767, le maire de la ville, François de Mesgrigny, vicomte de Troyes, prit presqu'en même tem;s trois mesures imporlaules. U fil établir deux cents lanternes, — étiqueter les rues^ — Bumcroter les maisons. Jusqu'à Tépoque de son adminislratlon^ on disait, pour indiquer une adresse : c'est la troisième ou la cinquième maison avant ou après telle enseigne, telle hôtellerie; c'est en face ou h côté de PégUse de Saint-Jean ou de Sainte-Madeleine ; à l'angle de la rue qui fait suile ou commencement à tel «piartier ; il y a «û cordonnier ou un apothicaire à droite ou à gauche; la maison est belle ou laide, neuve on vermoulue; Il y a telle particularité à remarquer à sa façade. Cétait commode, et surtout précis!

Les lanternes eurent un succès prodigieux; on sortit pour les voir en exercice. Toutes les rues u eurent pas d'abord le privilège de posséder ce luxueux luminaire, qui Qt certainement murmurer les économistes d^un certain ordre qui avaient pris leur parti du fallol. Et pourtant il était impossible de faire les choses avec plus de simplicité. La lanterne

consistait dans ce èh&ssis vitré qui décore les écuries, et son lumioaire se bornait à une chandelle de suif abandonnée sans moochettes aux caprices du champigoon. Gela devait à coup sûr plus fumer qu^éclairer.

Jusqu'en 1800, la chandelle resta paisiblement en possession des lanternes; mais, à celle époque, l'huile détrôna le suif; au lieu d'une chandelle, on eut des lampes. Pour y voir vraiment clair, il faut arriver à 180G, date de Tavènement du réverbère, car jusque-là les accidents, mettaient souvent l'éteignoir sur la chandelle.

Après avoir critiqué la dépense, on critiqua réclairage.

L'habitude étant prise, on devint exigeant. Il fallut graduellement multiplier les réverbères et augmenter leur puissance. La banlieue, qui payait sa part de l'huile urbaine, réclama, à bon droit, son contingent de lumière, qu'on lui mesura avec plus d'économie que d'équité. Cependant, l'éclairage s'améliorait et s'étendait. Enfin, comme l'hoile avait détrôné la chandeUe, le gaz détrôna l'huile, et la console relégua le réverbère à la ferraille. On fit d*abord quelques tentatives d'éclairage au gaz portatif qui fut remplacé par le gaz courant. C'était en 1841. ÏA compagnie Blanchet traita avec la ville, se mit à l'œuvre, et fut en mesure d'éclairer les principaux quartiers dans le cours de 1842. L'apparition de la première console fut un événement comme jadis celle de la première lanterne.

Le gaz s^est multiplié et introduit partout, mais II n^a pu entièrement déposséder rbuile. La banlieue et les écarts qui exigeraient trop de dépenses pour jouir du gaz se résignent à riiuilc; quelquefois ils peuvent faire des comparaisons humiliantes, pour les becs des consoles, tant on a perfectionné la lanterne. Maintenant le gaz est menacé par la lumière électrique, quoique la menace soit lointaine.

L'usine au gaz, fort bel élablissement que possède uoe compagnie lyonnaise, est sur la chaussée de la Uadeleiae. C'est un endroit à visiter.

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