C. Ch. org. — II
ALDÉHYDE.
De petites quantités d’acide sulfureux, d’acide chlorhydrique, de chlorure do zinc, une goutte d’acide sulfurique, transforment, à la température ordinaire, l’aldéhyde en un isomère, la paraldéhyde, qui fond à ■+■ io”,5et bout k 124 degrés. Ce produit est moins soluble dans l’eau chaude que dans l’eau froide : aussi, lorsqu’on chauffe une solution saturée à froid, celle-ci [se trouble-t-elle en laissant déposer environ la moitié do la substance dissoute.
On admet pour sa composition la formule C”H'=0“.
Distillo-t-on celte substance avec quelques gouttes d’acide sulfurique ou d’acide chlorhydrique, elle repasse à l’état d’aldéhyde.
Si l’on fait agir de petites quantités des corps précédents sur l’aldéhyde, non plus à la température ordinaire, mais à des températures inférieures à zéro, celte substance éprouve une polymérisation particulière et se change en un produit solide qui tantôt se présente sous la forme de fines aiguilles, tantôt sous la forme de prismes volumineux et transparents.
Celte substance, qu’on désigne sous le nom de métaldéhyde, est insoluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool, l’éther, le chloroforme et le sulfure de carbone. En la chauffant brusquement, elle se sublime en flocons blancs formés par un lacis d’aiguilles.
Chauffée en vase dos, de 112 à ii5 degrés, la métaldéhyde repasse à l’état d’aldéhyde. Cette conversion s’effectue pareillement lorsqu’on la distille avec de petites quantités d’acide sulfurique.
Lorsque, suivant M. Wurlz, on fait agir à une basse température l’acide chlorhydrique sur un mélange d’aldéhyde et d’eau, ce composé se transforme en un produit qui, débarrassé de toutes substances étrangères , est tellement visqueux à zéro, qu’on peut retourner le vase qui le confient sans qu’il s’en écoule rien.
Ce produit, qui devient liquide lorsqu’on le chauffe, pour reprendre au bout do quelque heures sa viscosité, résulterait de la condensation de deux molécules d’acide en une seule. Sa composition serait dès lors représentée par la formule
ALDÉHYDE.
Ce corps, présentant à la fois les propriétés d’une aldéhyde et d’un alcool, a reçu de M. Wurtz le nom aHaldol, qui rappelle ce double caractère. Il est fortement réfringent ; sa saveur forte est à la fois aromatique et amère. L’eau, l’alcool et l’éther le dissolvent avec facilité.
11 supporte sans s’altérer une température de 100 degrés sous une pression très-faible ; chauffé un peu au delà de ce terme, sous la pression ordinaire, il se dédouble en eau et en aldéhyde crotonique : c’est ce qui explique comment, lorsqu’on fait agir à chaud l’acide chlorhydrique sur l’aldéhyde , elle se transforme directement en aldéhyde crotonique. Il est très-probable', en effet, que, dans cette réaction, la formation de l’aldéhyde crotonique £Sl précédée de celle de l’aldol, qui se déshydrate à la température de l’ébullition do l’acide chlorhydrique. C’est ce qu’exprime l’équation