C‘H^’ H- K = H H- C'H’KO
Aldébyde. Acétylure de potassium.
Une dissolution d’aldéhyde s’altère rapidement lorsqu’on la fait bouillir avec une solution de potasse caustique , elle brunit fortement, et bientôt il se sépare une matière d’apparence résineuse, de couleur brune, à laquelle on donne le nom de résine d'al-
ALDÉHYDE.
(léhytie. Celte même résine paraît se produire lorsqu’on expose à l’air une dissolution alcoolique de potasse. Sa formation est accompagnée d’une production d’acides acétique et formique qui s’unissent à l’alcali.
Lorsqu’on fait passer des vapeurs d’aldéhyde sur de la chaux potassée disposée dans un tube chauffé, le mélange brunit, puis se décolore en produisant un abondant dégagement d’hydrogène ; l’aldéhyde se convertit complètement dans cette circonstance en acétate, ainsi que l’exprime l’équation suivante :
C‘H‘0’ -t- KHO’ C‘I1>K0‘ -H 2 ll.
L’ammoniaque gazeuse s’unit directement à l’aldéhyde en produisant une combinaison cristallisée ; cette dernière se présente sous la forme de rhomboèdres aigus ; les cristaux sont assez volumineux, incolores, brillants, transparents et très-réfringents. Ils fondent entre 70 et 80 degrés, et distillent sans altération; leur vapeur est inflammable. Très-soluble dans l’eau , ce corn posé l’est beaucoup moins dans l’alcool ; il est presque insoluble dans l’éther.
Il s’altère graduellement à l’air en brunissant ; distillé sur de la baryte ou de la chaux caustique, il se détruit , laisse dégager de l’ammoniaque ainsi qu’une matière entièrement différente de l’aldéhyde. Le résidu contient des formiatesde baryte ou de chaux.
Si l’on introduit dans un ballon de verre une solution d’aldéhydate d’ammoniaque, puis qu’on y ajoute une dissolution d’azotate d’argent, il se produit un précipité qui parait être une combinaison d’azotate d’argent et d’aldéhydate d’ammoniaque. Portet-on la liqueur à l’ébullition , le mélange se décompose, abandonnant le métal sous forme d’une couche miroitante qui recouvre les parois du ballon.
§ 412. L’acide sulfhydrique convertit l’aldéhyde en hydrurede mlfacétyle. La réaction s’explique au moyen de l’équation suivante:
C4P^’-^2S11 = CMI'S’ + H’O’.
Aldéhyde. Hydrure de sulfacétyle.
Ce composé se prépare en faisant passer un courant d’acide sulfhydrique à travers une dissolution aqueuse d’aldéhyde; le li-
ALDÉHYDE.
quide se trouble et bientôt laisse déposer une huile limpide qui est une combinaison définie d’hydrure de sulfacétyle et d’acide sulfliydrique. Ajoute-t-on à cette huile quelques gouttes d’acide sulfurique, ou bien y fait-on arriver quelques bulles de gaz chlorhydrique et chauffe-t-on, elle se prend en une masse cristalline en laissant dégager de l’acide sulfhydrique. Ces cristaux sont Vhydrure de sulfacétyle. On les purifie en les redissolvant dans l’alcool et les faisant cristalliser de nouveau.
L’hydrure de sulfacétyle cristallise en aiguilles brillantes entièrement blanches, d’une odeur alliacée désagréable ; il commence déjà à se sublimer à 45 degrés sous forme de flocons légers. Los cristaux se dissolvent dans l’alcool et l’éther et un peu dans l’eau ; ils surnagent cette dernière et distillent avec elle. La solution alcoolique dépose ce corps .sur les parois des vases sous forme de dendrites.
Sous l’influence simultanée de l’ammoniaque et do l’acide sulfhydrique , l’aldéhyde se transforme en une base sulfurée à laquelle on donne le nom de thialdine. Ce produit se forme également quand on dirige un courant de gaz ammoniac à travers une dissolution do sulfliydrate d’hydruro de sulfacétyle; sa formation s’explique au moyen de l’équation suivante ;
3(C*irO’, AzH’) -h 6SI1 = C”ir’AzS'^ 2 {Sll,.AzH’)-(- 311’0’.
Aldéhyiiate d'ammoniaque. . Thialdine.
I.a thialdine se sépare de ses dissolutions en cristaux volumineux qui présentent la forme du sulfate de chaux. Ces cristaux sont très-réfringents, possèdent une saveur aromatique, fondent à 45 degrés, et se volatilisent sans résidu à la température ordinaire. Distillés avec de l’eau, ils sont entraînés par la vapeur sans s’altérer. Distillés seuls, ils éprouvent au contraire une décomposition complète. La thialdine forme avec les acides des sels définis et nettement cristallisés.
Sous l’influence de l’ammoniaque et du sulfure de carbone, l’ai-' déhyde donne un produit cristallisé, doué de propriétés faiblement alcalines, qu’on désigne sous le nom de carbothialdine. Ce composé s’obtient facilement en ajoutant du sulfure de carbone
ALDÉHYDE.
à une dissolution alcoolique d’aldéhydale d’ammoniaque. Sa formation peut s’exprimer au moyen de l’équation suivante :
a(eH* 0 %Azin -+-C'^S* = C">U">Az’S* -i- all’O'.
Aldébydate d’ammoataque. Carbotbialdine.
§ 413. L’acide cyanhydrique et l’aldéhyde engendrent, par leur réaction mutuelle, un produit cristallisé, qui jouit de propriétés alcalines très-faibles. Ce dernier possède une composition analogue à celle de la ihialdine, et prend naissance dans des circonstances exactement semblables : c’est pour cette raison qu’on lui donne le nom à' hydrocyanaldinc . Sa formation peut s’expliquer au moyen de l’équation
3(C'H‘0’,AzH^) -H3CyH-f-2ClH
= 3H’0’-(- 2(C11I, Azil») + C'*H'’AzL
Hydrocyanaldioe.
Lorsque, au lieu d’opérer de la sorte, on mélange avec de l’acide cyanhydrique une dissolution aqueuse d’aldéhydate d’ammoniaque, en employant i partie du premier pour 2 du second, puis qu’on ajoute au mélange un excès d’acide chlorhydrique, on obtient le chlorhydrate d’une base particulière résultant de la soudure des trois substances mises en présence, à laquelle on donne le nom ÿ alanine.
Pour obtenir ce résultat, il est de toute nécessité de chauffer le mélange; si on l’abandonnait, en effet, à la température ordinaire, il s’en séparerait des cristaux d'hydrocyanaldine.
La formation de cette substance s’explique au moyen de l’équation suivante :
C‘H‘0’ -t- C’Azll -h H’O’ = Cni’ AzOL
Aldéhyde. Alanine.
L’alanine cristallise sous la forme de prismes obliques à base rhombe. Les cristaux présentent un éclat nacré, sont durs et croquent sous la dent. Cette matière se combine facilement aux acides et forme des sels qui cristallisent avec facilité; elle s’unit pareillement à plusieurs sels métalliques. La réaction la plus
ALDËHTDB.
curieuse que présente cette substance, qui est isomère de l’éther carbamique, de la lactamide, ou amide lactique, et de la sarcosine, c’est de se transformer entièrement en acide lactique sous l’influence de l’acide nitreux. La réaction s’explique facilement au moyen de ^’équation
CH’NO* + AzHO' = C’H'O' + aAz + H’OL
Cette combinaison curieuse est l’homologue du glycocolle et de la leucino, avec lesquels elle présente les plus frappantes analogies. Je vous ferai voir dans un prochain Chapitre que ce composé n’est autre que l’acide propionamique.
Lorsqu’on dirige des vapeurs d’acide cyanique à travers l’aldéhyde anhydre, en ayant soin de refroidir le mélange avec de la glace, du gaz carbonique se dégage en abondance, et l’on voit se séparer bientôt une substance épaisse qui présente l’aspect du borax calciné. 11 se forme dans celle réaction diverses substances, au nombre desquelles figure un acide particulier, qu’on désigne sous le nom à! acide trigénique, La formation de ce produit s’explique au moyen de l’équation
-+- 3C’AzHO’ = C’O* -+- CH’ Az’0‘.
L’acido trigénique se présente sous la forme do petits prismes à peine solubles dans l’alcool et peu solubles dans l’eau. Soumis à la distillation, il commence par fondre, puis se décompose en émettant des vapeurs alcalines ; il se forme en même temps de l’acide cyanurique.
§ 414. Le perchlorure de phosphore agit vivement sur l’aldéhyde en la transformant en une combinaison isomère de la liqueur des Hollandais, à laquelle on donne le nom de chlorure iPéthylidène . Il se produit en même temps do l’oxychlorure de phosphore. La réaction s’explique au moyen de l’équation
CH’O* PhCl» = PhCFO’ h- CIPCP.
Le bromure de phosphore se comporte d’une manière analogue et donne naissance au bromure d’éthylidène isomère de la liqueur des Hollandais bromée.
CBLORAL.
L’aldéhyde s’unit aux bisulfites alcalins, avec lesquels elle forme des composés cristallisables.
L’addition d’une solution de carbonate de potasse aux crislaux précédents, en ramenant le bisulfite à l’état de sulfite neutre, détermine la séparation de l’aldéhyde , cette sub^nce ne pouvant former de combinaison avec ce dernier sel. Le bisulfite, de même que l’ammoniaque, permet donc de séparer dans un mélange l’aldéhyde des substances qui la souillent, et, par suite, de l’obtenir à l’état de pureté.
On prépare en grand, depuis quelques années, de l’aldéhyde impure pour obtenir une belle matière colorante violette, dont on doit la découverte à M. Ch. Lauth.
La composition de l’aldéhyde est exprimée par la formule
C‘H'0’ = 4 vol. vap.
§ 41 S. A chaque alcool se rattache une substance analogue à celle dont nous venons de tracer l’histoire, et qui sert d’intermédiaire entre cet alcool et l’acide correspondant ; nous ne ferons qu’indiquer sommairement les homologues de l’aldéhyde vinique, les traits que nous venons d’esquisser à l’égard de ce produit nous permettant d’en déduire les propriétés les plus saillantes de ces dill'érents homologues.
Appendice à l’aldéhyde.
Chlobal. (Éq. — i47,5.)
§ 410. Découvert par Liebig en i83a, et postérieurement étudié par M. Dumas, ce corps qui se rattache à l’aldéhyde, dont il ne diffère qu’en ce que 3 molécules d’hydrogène y sont remplacées par '3 molécules de chlore, s’obtient en faisant agir le chlore sur l’alcool absolu.
Le chloral, ayant acquis dans ces dernières années une certaine importance, par suite de ses applications en Médecine, se prépare aujourd’hui dans les arts, sur une assez grande échelle, à l’aide d’une méthode simple que je vais décrire sommairement.
CHLORAL
On sature l’alcool absolu de chlore, d’abord à froid; puis, lorsque l’action se ralentit, on fait intervenir la chaleur en ayant soin de maintenir le chlore en grand excès. Le liquide résultant de cette action étant additionné de son volume d’acide sulfurique au maximum de concentration, il se sépare bientôt une huile qui vient nager à la surface. Celte dernière, étant décantée, fournit, par la distillation avec le quart de son poids d'acide suU furique concentré, du chloral liquide parfaitement anhydre.
A l’état de pureté, le chloral est un liquide incolore, fluide, gras au toucher, dont les vapeurs douées d’une odeur pénétrante irritent vivement les yeux.
Sa densité à zéro est de i ,5i8. Il bout entre g4 etgS degrés.
L’eau, l’alcool et l’éther le dissolvent. Sa dissolution aqueuse n’est pas troublée par les sels d’argent.
La composition du chloral étant représentée par la formule brute
C'HCFO%
on peut se demander quelle est sa constitution. Dérive-t-il du chlorure d’acétyle par la substitution do 2 équivalents de chlore à 2 équivalents d’hydrogène? Est-ce, en un mot, du chlorure d’acétyle bichloré? Cette hypothèse présente peu de probabilités.
En effet, M. Wurtz ayant constaté que l’aldéhyde se change successivement sous l’influence du chlore en chlorure d’acétyle bouillant à 55 degrés, puis en chlorure d’acétyle monochloré bouillant à io5 , il serait assez difficile d’admettre que le produit de substitution supérieure eût un point d’ébullition moins élevé (94 degrés).
Le chloral ne dérive donc pas du chlorure d’acétyle
C’irO’,Cl.
L’hydrogène typique do l’aldéhyde est en effet conservé dans ce produit, qui deviendrait alors de Xhydrure de trichlorncétyle