ACIDE FORMIQUE
’ nière à l’aide de quelques charbons, en ayant soin de ne pas dé- |)asser la lempéralure de loo degrés. Bientôt une vive eiïervescence se déclare, et de l’acide carbonique pur se dégage. .\u bout de douze à quinze heures environ, tout l’acide oxalique est décomposé; la moitié de son carbone s’est dégagée sous forme d’acide carbonique; une petite quantité d’eau chargée d’acide formique a distillé, tandis que la presque totalité de cet acide reste dans la cornue, dissous dans la glycérine inaltérée.
On verse alors dans la cornue 7 litre d’eau, puis on distille en remplaçant ce liquide au fur et à mesure qu’il se volatilise, et l’on continue l’opération jusqu’à ce qu’on ail recueilli ü à 7 litres de liquide distillé. A ce moment, la totalité de l’acide formique a passé dans le récipient ; on le traite par le carbonate de plomb, puis on fait cristalliser le formiate, qu’on décompose ensuite par l’acide sulfliydrique.
A cet effet, on introduit le formiate bien sec dans une cornue de verre qu’on chauffe dans un bain d’huile à 1 15 ou 120 degrés ' environ; puis on fait arriver au milieu du sel un courant d’acide sulfliydrique également desséché. L’acide mis en liberté se dégage en vapeur et vient se condenser dans un récipient adapté à la cornue, tandis que le sulfure de plomb, qui est fixe à cette température, reste dans cette dernière.
3 kilogrammes d’acide oxalique du commerce ont fourni par ce procédé i^*,o 5 d’acide formique au maximum de concentration, résultat qui se confond sensiblement avec celui qu’indique la théorie.
L’acide cyanhydrique peut encore se transformer en acide formique sous l’influence de l’eau et des acides puissants , ainsi que l’exprime l’équation suivante. On a, en effet
C’AzH A, HO 2 H’O’ = Â, AzH'O h- C’IPO*.
Iaîs bases alcalines se comporteraient d’une manière analogue.
Enfin, tout récemment, M. Berthelot a reconstitué l’acide formique de toutes pièces en chauffant, pendant plusieurs jours, dans des ballons de ÿ litre de capacité et scellés à la lampe, de l’oxyde de carbone, avec de l’hydrate de potasse légèrement humecté. Au bout d’une soixantaine d’heures, l’oxyde de carbone est entiè-
lOO ACIDE FORMIQUE.
rement absorbé : sa transformation en acide formique est complète. En effet, on a
Le produit de la réaction repris par l’eau , étant sursaturé d’acide sulfurique et soumis à la distillation, donne de l’acide formique étendu qu’on transforme, comme précédemment, en formiate de plomb. Ce dernier est ensuite soumis à l’action d’un courant d’acide sulfhydrique desséché.
MM. Kolbe et Schmitt ont opéré, de leur côté, la transformation de l’acide carbonique en acide formique par l’intervention du potassium. On chauffe ce métal, débité en lames minces, dans une capsule disposée sous une cloche remplie d’acide carbonique et séparée de l’atmosphère ambiante par une couche d’eau tiède. Le métal alcalin s’oxyde tout à la fois aux dépens de la vapeur aqueuse et de l’acide carbonique, en donnant naissance à un mélange de bicarbonate et de formiato, ainsi que l’exprime l’équation
aK -f- aC’O' -H H’O’ = C’HKO' C’O', KO, HO.
On peut encore faire dériver l’acide formique du gaz des marais par l’action successive du chlore et de la potasse, le chlore opérant la transformation de ce gaz en chloroforme et la potasse dédoublant ce dernier en chlorure et formiate ; c’est ce qu’expriment les équations suivantes :
C’H' i- 6 Cl-= 3 HCl-f-C’HCl’,
Gaz des marais. Cblorolorme.
C’ H Cl’ -+- 4 ( K HO* ) = 3 KCl + 2 H* O* - 4 - C* H KO’ .
Chloroforme. Formiate de pousse.
§ 453 . L’acide formique possède une odeur piquante, aigrelette, semblable à celle des fourmis qu’on irrite : on no le connaît qu’uni à i molécule d’eau. Dans cet état il est liquide, incolore, fortement acide et très-corrosif ; une goutte qu’on dépose à la surface de la peau fait naître, en effet, bientôt une ampoule qui se remplit d’un pus visqueux. Il bout à 100 degrés comme l’eau. Sa densité est égale à 1,117.