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ACIDE

acétique.

DÉTEHMI- NATIOM des points de fusion.

18, Il '

Nous avons vu précédemment que le maximum de concenlra-

ACIDE ACÉTIQUE. Io5

lion, observé lorsqu’on mélange l’acide acétique cristallisable et l’eau, correspond à

Il résulte de l’inspection du tableau précédent que le maximum d’abaissement des points de solidification, fourni par les mélanges d’eau et d’acide acétique, correspond sensiblement à

§ 4o6. L’acide acétique, au maximum de concentration, distille sans altération. Si l’on fait passer sa vapeur à travers un tube de porcelaine, chauffé au rouge vif, il se décompose en acide carbonique, eau et esprit pyro-accthpie ou acétone.

La vapeur d’acide acétique s’enflamme par l’approche d'un corps en ignilion et brûle avec une flamme bleue.

Les acides oxygénants attaquent à peine l’acide acétique. L’acide sulfurique concentré se mélange avec lui ; quand on chauffe, la masse noircit, en même temps qu’on observe un dégagement d’acide sulfureux.

§ 4S7. Le chlore, par son action sur l’acide acétique, donne naissance à trois produits distincts qui en dérivent par la substitution successive de i, 2, 3 équivalents de chlore à un nombre égal d’équivalents d’hydrogène.

Le premier terme de cette substitution, que nous désignerons sous le nom Macule monochloracétique, cristallise soit en une masse d’aiguilles fusibles entre 45 et 47 degrés, soit en tables rhomboïdales. 11 bout entre i85 et 187 degrés. Sa densité est de i,3g5.

Sans odeur, à froid, il fournit des vapeurs qui sont très-irritantes. Il est déliquescent. En se dissolvant dans l’eau, il produit un abaissement de température très-appréciable.

La composition de l’acide monochloracétique est exprimée par la formule

C‘H’C10‘ = 4 vol. vap.

On le prépare en faisant arriver du chlore dans de l’acide acétique cristallisable, maintenu à la température de lao degrés et exposé à l’action des rayons solaires. On arrête l’opération lorsque le chlore ne parait plus absorbé.

io6 ACIDB ACÉTIQUE.

On le purifie par dislillalion. La production de cet acide est facilitée par l’addition d’une certaine quantité d'iode; on peut te passer alors de l’intervention de la lumière solaire.

Cet acide, ainsi que ses sels, éprouve de la part des bases ou de l’eau, sous rinfiuencede la chaleur, une métamorphose fort remarquable. En effet, on a

C'IPCIO' H- H’O’ = HCl C'H'0%

Acide monochloraciîlique. Acide glycollique.

C4HMC10' -f- IHO’ = MCI CH’O».

Monocliloracélate. Acide glycollique.

Le sel ammoniacal se convertit, ainsi que je l’ai fait voir, en ncidc acétamitjuc, qui n’est autre que le glycocolle ; c’est ce qu’exprime l’équation

C'lH(AzIl')CIO' = IICl -i-C'IHAzO'.

UoDOchloraci'late d’aimnoDiaque. Glycocolle.

M. Heintz a, de son côté, démontré que, dans cette réaction, il se forme, indépendamment du glycocolle, de l’acide glycollique et des acides diglycollaniidiquc et triglycollamidique .

En faisant agir l’acide monochloracétique sur le méthylate de soude, on obtient un produit isomère de l’acide lactique, mais non identique, auquel M. Heintz, à qui l’on en doit la découverte, donne le nom A'ncide méüioxacctique. Sa formation s’explique au moyen de l’équation

CMHCIO’

CMP

Na

C'IP(CMP)’|

0'-+-CMPO’-f-NaCl.

L’acide retiré du sel do soude se présente sous la forme d’un liquide incolore doué d’une odeur analogue à celle de l’acide acétique et bouillant à 198 degrés.

En faisant réagir l’acide monochloracétique sur l’éthylate, l’amylate et le phénylato de soude, on obtient des composés correspondants.

Ces produits paraissent n’ètre autres que des éthers acides de l'acide glycollique.

ACIDE ACÉTIQUE IO7

Le second terme de la substitution, que nous désignerons sous lo nom A’ acide biddoracétique , est solide et cristallisable comme le précédent.

On l’obtient soit en même temps que l’acide monochloré, par l’action du chlore sur l’acide acétique cristallisable en présence de l’iode, soit par l’action du chlore sec sur l’acide monochloracélique sous l’influence de la lumière solaire. On maintient le produit pendant au moins une heure au bain-marie, pour chasser la majeure partie de l’acide chlorhydrique qu’il retient en dissolution ; on le distille ensuite, en ayant soin de rejeter les premières portions; on l’abandonne enfin, sous une cloche, à côté d’un vase renfermant de la potasse caustique destinée à absorber les dernières traces d’acide chlorhydrique qui s’opposerait à la cristallisation de l’acide.

Au bout de quelques jours l’acide cristallise d’ordinaire.

Il se présente sous la forme do tables rhomboédriques. Il bout à 195 degrés. A l’état liquide, sa densité est de 1,522 à i 5 degrés.

Sa composition est exprimée par la formule C'IFCl’O* = 4 vol. vap.

La chaleur et l’eau font éprouver soit à l’acide libre, soit à ses sels, des transformations intéressantes, entièrement analogues à celles que nous avons signalées précédemment à l’égard de l’acide monochloré.

En effet, on a

C'H’CPO' -H 2 ll’ 0 ’ = 2HCI C’II'O*,

C'IIMCI’O' -+- 2IEO’ = MCI -t- Il Cl H- CH' O*.

\] acide //■/c/(/oracc’V/V///c, dernier terme de la substitution, diffère des précédents en ce que, loin de se comporter comme eu.x sous l’influence des alcalis hydratés, il se dédouble à la manière de l’acide normal en carbonate et en chloroforme, qui n’est autre que du gaz des marais dans lequel 3 équivalents d’hydrogène ont été remplacés par 3 équivalents de chlore.

Pour préparer l’acide trichloracétique, M. Dumas introduit de

Io8 ACIDE ACÉTIQUE.

l’acide acétique cristallisable dans des flacons remplis de chlore sec à la dose de 9 décigrammes d’acide par litre de chlore.

Lorsque les flacons ont été exposés pendant tout un jour à l’action d’un soleil ardent, leurs parois sont tapissées de cristaux. Dès qu’on les ouvre, il se dégage un gaz en grande partie formé d'acide chlorhydrique; il est en outre accompagné d’acide carbonique et de gaz chloroxycarbonique. Tout le gaz ayant été dégagé par une insûlllation d’air parfaitement sec, on promène de l’eau contre les parois du flacon, de manière à dissoudre les produits de la réaction, et l’on soumet la solution à l’évaporation. L’acide oxalique, qui s’est formé en même temps que l’acide chloré, se sépare le premier; l’acide trichloracétique se dépose ensuite sous la forme de beaux rhomboèdres. Dans le cas où l’acide refuserait de cristalliser, on le distillerait sur une petite quantité d'acide phosphorique anhydre qui décomposerait l’acide oxalique sans agir sur l’acide trichloré.

Lorsqu’on fait agir, suivant M. Melsens, l’amalgame de sodium sur une dissolution d’acide trichloracétique, il se produit, sous l’influence de l’hydrogène naissant développé par l’amalgame, un phénomène de substitution inverse, et l’on revient à l’acide acétique normal

C'IICPO' -f- 3IP = 31IC1 -f- C'Il'O*.

Sa composition est exprimée par la formule C*HC1’0‘ = 4 vol. vap.

L’acide trichloracétique peut également s’obtenir , suivant M. Kolbe, en faisant agir l’acide azotique fumant sur le chloral, produit chloré qui prend naissance dans l’action réciproque du chlore et de l’alcool anhydre et dont nous avons décrit le mode de préparation à l’occasion do l’aldéhyde.

En effet, on a

CHCPO» -+- O’ = C.‘HC1’0'.

Cliloral. Acide trichloracétique.

L’acide trichloracétique forme de beaux rhomboèdres incolores, dont l’odeur est à peine sensible à froid et qui possèdent

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une saveur âcre et caustique. Mis en contact avec la peau, cet acide ne tarde pas à la désorganiser et produit une véritable vésication. Sa vapeur, suffocante, possède une densité de 5 , 3 .

Il fond à 46 degrés et bout vers 200. Sa densité à l’état solide est de 1,617.

Bouilli avec une solution de potasse employée en excès, il se dédouble en chloroforme et bicarbonate, ainsi que l’exprime l’équation

C‘ H CP O' K HO’ = C’ H CP h- C’ K HO^

§ 438 . Suivant MM. Perkin et Duppa, le brome réagit en vase clos sur l’acide acétique cristallisable à l’aide de la chaleur et fournit deux dérivés bromés, l’acide mombromacéiique et Vacide dibromacéliqne.

Pour préparer l’acidebromacétique, on introduit, dans des tubes en verre fort, un mélange d’acide acétique cristallisable et de brome sec dans les rapports de i équivalent du premier pour 2 du second.

Les tubes étant scellés sont ensuite chauffés à i 5 o degrés.

Lorsque le liquide des tubes ne présente plus qu’une couleur jaune clair, on arrête la chauffe. La pointe des tubes étant brisée après le refroidissement, il s’en échappe des torrents d’acide bromhydrique. Le contenu des tubes renferme un mélange d’acides mono et dibromacètiijucs, qui retiennent en dissolution de l’acide bromhydrique. Pour les séparer on opère de la manière suivante. On porte le liquide à la température de i 3 o degrés, et on l’y maintient pendant quelque temps en le faisant traverser par un courant d’acide carbonique ; de cette façon on entraîne l’acide bromhydrique dissous. On ajoute alors au résidu son volume d’eau, puis on sature par du carbonate de plomb, on porte à l’ébullition, et l’on filtre. Au bout de quelque temps, le monobromacétate de plomb se sépare en cristaux , tandis que le bibromacétate demeure tout entier en dissolution. On recueille les cristaux, on les lave à l’eau froide, puis on les met en suspension dans l’eau à travers laquelle on fait passer un courant d’acide sulfhydrique. On filtre de nouveau pour séparer le sulfure do plomb, et l’on évapore jusqu’à cristallisation.

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