‹ Trsite de Chimie Generale ElementaireChapitre 45 sur 106 · G'II'OS · texte numérisé non relu

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mais dont la constitution est entièrement différente.

Acide isobütvrique. (Èq. = 88.)

§472. D’après M.Morkownikoff l’acide qu’on obtient par l’action delà potasse sur le cyanure isopropylique, lequel prend naissance dans l’action réciproque du cyanure de potassium et de l’iodure d’isopropyle, bien que présentant la composition de l’a-

l3o ACIDE VALËRIQUE.

eide butyrique, ne serait qu’isomère avec ce dernier. C’est pour cette raison qu’il le désigne sous le nom A'ncidc isohutyrique .

Traité par le brome, il perd i équivalent d’hydrogène qu’il échange contre i équivalent de brome avec dégagement d’acide bromhydrique. Purifié, cet acide se présente en cristaux qui fondent à 42 degrés et se décomposent en parties par la distillation.

L’acide isobutyrique, qu’un mélange d’acide sulfurique et de bichromate de potasse n’attaque que très-difficilement, serait, au contraire, vivement attaqué par ce dernier lorsqu’on le chaufife, en tubes scellés, entre i4o et i5o degrés. Il se forme, dans ce cas, de l’eau, de l’acide carbonique et de l’acétone.

M. Redtenbacker a signalé l’existence de l’acide isobutyrique dans les fruits du caroubier. Celui qu’on obtient par l’oxydation de la conicine est de l’acide normal.

La composition de l’acide isobutyrique, isomère du précédent, est représentée par la formule

C'IPO* -H 4 vol.

Acide valérique (Éq. = 102.)

§ 473. Cet acide, qu’on extrait de la racine de valériane, sc rencontre dans la racine d’angélique, ainsi que dans les baies mûres et dans l’écorce du Viburnum opulus. M. Chevreulena signalé l’existence dans l’huile de marsouin. La gélatine, la fibrine, l’albumine et la caséine en fournissent également lorsqu’on les distille avec un mélange d’acide sulfurique et de chromate de potasse ou de bioxyde de manganèse ; enfin ces mêmes substances azotées paraissent fournir de l’acide valérique, lorsque, abandonnées à elles-mêmes, elles sont soumises à la fermentation putride.

Lorsqu’on veut se procurer l’acide valérique en quantités considérables et d’une manière facile, on a recours à l’alcool amylique, cette substance présentant à l’égard de l’acide valérique les mêmes relations que l’alcool ordinaire à l’égard de l’acide acétique. Cette transformation de l’alcool amylique en acide valérique peut s’effectuer soit au moyen d’un mélange d’acide sulfurique et de bichro-

ACIDE VALÊRIQUE.

male de potasse, soit par l’intervention simultanée de l’air et du noir de platine, soit enfin en chauffant à 200 degrés de la chaux potassée sur laquelle on fait tomber goutte à goutte de l’alcool amylique.

L’acide valérique peut également se dériver de la leucine,soil en faisant agir sur celle substance un mélange de peroxyde de manganèse et d’acide sulfurique de concentration moyenne, soit en la chauffant avec de l’hydrate de potasse. Dans ce dernier cas, il se dégage de l’ammoniaque et de l’hydrogène, et l’on obtient pour résidu du valérate de potasse, dont on peut facilement l’extraire en le distillant avec un léger excès d’acide sulfurique moyennement concentré.

§ 474 . Quelle que soit la méthode qu’on ait employée pour la préparation de l’acide valérique, ce composé se présente sous la forme d’un liquide Irès-lluide, incolore, d’une odeur acide et persistante qui rappelle celle du fromage pourri ; sa saveur est acide et piquante. Il produit une tache blanche sur la langue, phénomène que présente l’acide butyrique et qu’offrent plusieurs autres acides de cette série. Sa densité est de 0,987 à i6 degrés. La densité de sa vapeur est de 3 , 58 . Il bout à 176 degrés. Cette vapeur présente les mêmes anomalies que celles des acides précédents.

Refroidi à — i 5 “, cet acide reste parfaitement liquide. Il s’enflamme facilement et brûle avec une flamme blanche et fuligineuse.

L’acide valérique se dissout dans 3 o parties d’eau à la température ordinaire ; il forme avec ce liquide un hydrate défini. L’alcool et l’éther le dissolvent en toutes proportions; il en est de même de l’acide acétique concentré.

Les valérates alcalins, soumis à la distillation sèche, se décomposent en donnant un composé qui correspond à l’acétone, et qu’on désigne pour cette raison sous le nom de valétonc-y il se produit en même temps une certaine quantité d’aldéhyde valérique.

Au rouge, les vapeurs d’acide valérique se décomposent, en présence des bases alcalines, en carbonate et en une série de carbures rriiydrogène polymères du gaz oléfiant.

Le chlore, en réagissant sur l’acide valérique, donne naissance

|32 acide VALÉRIQL'E.

à deux produits bien distincts, suivant qu’on opère à ia lumière diiïuse ou sous l'inllucnce de la radiation solaire directe.

Dans le premier cas, on obtient une huile peu fluide, plus pesante que l’eau, douée d’une faible odeur et possédant une saveur ùrre et brûlante. Ce produit, qui diffère de l’acide valérique normal par la substitution de 3 molécules de chlore à 3 molécules d'hydrogène, est représenté par la formule

C'H’CDO'.

C'est V acide trichlorovalérit/uc.

Le produit formé dans la seconde circonstance présente un aspect entièrement semblable au précédent , il n’en diffère que par I molécule d’hydrogène en moins et i molécule de chlore en plus; c’est Vacide télrachlorovalérique, dont la composition est exprimée par la formule

C‘MPCI'0'.

L’acide valérique dissout beaucoup de brome et d’iode; mais il ne paraît éprouver aucune altération de la part de ces corps à la température ordinaire, même à la lumière solaire.

Chauffé avec du brome en vase clos, l’acide valérique perd de l'hydrogène à l'état d’acide bromhydrique et donne naissance à des acides bromés.

Le valérate de potasse est décomposé par un courant galvanique. Il se dégage un gaz qui consiste en hydrogène, acide carbonique et butène ; il se rend en môme temps à la surface du liquide une substance huileuse, d’une odeur éthérée, formée pour la plus grande partie d’un carbure d’hydrogène, qu’on désigne sous le nom de valéryle. Les différents acides de ce groupe fournissent, lorsqu’on les électrolyse, des résultats semblables.

La composition de l’acide valérique est représentée par la formule

C’ir'O* = 4 vol. vap.

§ iT.’J. On connaît plusieurs acides répondant à la formule C"’H'*0',

qui, tout en présentant une composition identique, nous offrent

ACIDE VALÉRIQUE. l33

des différences très-appréciables dans leurs propriétés. Nous allons les passer sommairement en revue; ce sont ;

i“ L’acide qu’on retire de la racine de la valériane;

2 ® Celui qu’on obtient en faisant agir la potasse sur le cyanure de butyle (dérivé de l’alcool butylique normal) ;

3“ Celui qu’on obtient en faisant agir la potasse sur le cyanure de butyle (dérivé de l’alcool butylique de fermentation) ;

4® Celui qui prend naissance lorsqu’on fait agir la potasse sur le cyanure de butyle (dérivé du trimélhylcarbinol) ;

5" Les deux acides qu’on obtient par l’oxydation des deux alcools amyliques actif et inactif;

6® L’acide dérivé de la leucine ;

7 ® L’acide obtenu par MM. Friedel et Silva par l’oxydation de la pinacoline.

Ces huit acides, indépendamment des différences que présentent les sels qu’ils forment avec une même base, soit au point de vue de la forme cristalline, soit relativement à la solubilité dans divers véhicules, offrentdes différences très-appréciables dans leurs points de fusion, leurs densités et la température à laquelle ils entrent en ébullition ; c’est ce qu’on pourra facilement constater à l’inspection du tableau suivant :

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