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C'H^CIO

On connaît un acide crotonique monobromé qu’on peut obtenir, suivant M. Cahours, en faisant agir la potasse sur un isomère de l’acide dibromobutyrique qui prend naissance dans l’action réciproque du brome et du citraconate de potasse. En effet,

ACIDE CROTOMQUE.

1 5o on a

C'II“Br’0‘ -I- KHO’ = KBr -h H’O’ -+- ClPBrO*.

On l’obtient pareillement, d’après M. Kckulé, par le dédoublement de l’acide citradibromopyrotartriquo sous l’influence des alcalis.

L’acide isomère de l’acide dibromobutyrique éprouve sous l’influence des alcalis en excès une décomposition plus profonde, en vertu de laquelle il se produit, indépendamment du bromure de potassium, un dégagement d’acide carbonique dont la formation est accompagnée de celle d’une huile bromée représentée par la formule

C'H^Br.

L’acide monobromocrotonique fixe directement 2 molécules de brome, suivant M. Cahours, et donne le compoié

C'IPBr’O*,

lequel se dédouble au contact de la potasse en acide dibromocro tonique

C«IPBr=0' -H KHO’ = KBr -t- H’O’ -i- C*II'Br’0‘;

ce dernier fixe à son tour a molécules de brome en donnant le composé

C*H'Br'0%

qui, par un dédoublement semblable aux précédents, donne naissance, ainsi qu’on pouvait le prévoir, à de l’acide tribromocrotonique

CH’ Br’ O'.

L’acide crotonique, appartenant à la catégorie des acides non saturés, peut, à la manière du gaz oléfiant, donner naissance à deux séries parallèles de composés. 11 se dédouble sous l’influence de la potasse en 2 molécules d’acide acétique avec dégagement d’hydrogène.

De môme qu’il échange i équivalent d’hydrogène contre I équivalent de brome, l’acide crotonique peut échanger cet équivalent d’hydrogène contre i équivalent de méthyle ou d’éthyle, donnant ainsi naissance aux acides cthj lcrotonique et méthylcrotonique.

ACIDE ANGÉLIQUE

La composition de l’acide crotonique est représentée par la formule

Acide angélique. (Éq. = loo.) '

§ AO.'J. Cet acide se rencontre dans la racine de plusieurs espèces d’angélique; on l’obtient facilement par l’action réciproque de l’essence de camomille et de l’Iiydrate de potasse sous l’influence de la chaleur. La première méthode ne donne qu’une faible quantité de produits; la seconde permet, au contraire, de l’obtenir en quantité considérable; nous ne décrirons que cette dernière.

L’essence de camomille romaine n’est pas, comme l’avait admis Gerhardt, un mélange d’aldéhyde angélique et d’une huile hydrocarbonée, mais bien, ainsi que l’a démontré récemment M. E. Demarçay, un mélange d’éthers angélobutylique et angélo-amylique, qu’accompagne une certaine quantité de valérianalo de bulyle et d’amyle.

L’action de la potasse sur cette essence, analogue à celle qu’exerce cette base sur les différents éthers composés, se borne donc à saponifier ces éthers, séparant ainsi l’acide angélique à l’état d’angélate alcalin, tandis que les alcools mis en liberté se séparent et peuvent être isolés l’un de l’autre au moyen d'une rectification ménagée.

Pour opérer cette saponification, on peut employer soit la potasse caustique en fusion, soit une dissolution alcoolique de cette base très-concentrée; c’est à cette dernière méthode que M. Demarçay donne la préférence.

Le mélange des sels de potasse restants, après qu’on a séparé les alcools au moyen d’une distillation ménagée, donne, par une addition d’acide sulfurique, une couche huileuse égale à la moitié du poids environ de l’essence employée. Cette couche se compose d’acides angélique et valérique, dont la séparation s’effectue le mieux possible par leur transformation en éthers.

L’éther angélique étant de nouveau saponifié par la potasse et le sel formé décomposé par l’acide sulfurique, on obtient l’acide

i52 acide angélique.

angélique, qu’on purifie en l’exprimant entre des doubles de papier buvard et le soumettant finalement à la distillation.

§ 496 . L’acide angélique cristallise en longs prismes striés qui ne renferment pas d’eau de cristallisation. Son odeur aromatique est toute spéciale. Sa saveur est acide et piquante.

Il fond à 45 degrés et bout à 190 degrés.

Peu soluble dans l’eau froide, il se dissout en assez forte proportion dans l’eau bouillante. L’alcool, l’éther, les huiles grasses et volatiles le dissolvent en quantité notable.

Le brome donne avec l’acide angélique un produit d’addition représenté par la formule

C'IPBr'O».

Ce dernier perdant II Br se change en acide angélique monohromé

CMP Br O'.

Traité par une solution concentrée de potasse à l’ébullition, il perd H Br et C’ O' en donnant un produit neutre

C‘H’Br.

Sous l’influence d’agents oxydants, l’acide angélique se transforme en acides acétique et propionique. On peut réaliser cette transformation soit en faisant intervenir l’acide azotique, soit par l’action de l'hydrate de potasse.

Dans le premier cas, on a

CH'O' H’O’ - 1 - 2O = C'IPO'

dans le second on a

CMP O' -+- 2 (KH 0 ’) = CIPKO' -H CMP KO' -4- H’.

M. Frankland, se basant sur certaines considérations théoriques, pense qu’on pourrait réaliser la synthèse de l’acide angélique en faisant réagir le bromure de propylène sur l’éther acétique disodé. En elfet on a

C H NaM C IP ) O' -(- C« IP Br’ = 2 Na Br C‘ H { C- IP ) ( C IP ) O' .

Élbcr ac/’tiqae disodé. Bromure Élbcr angélique,

de propyliue.

ACIDE OLÉIQUB. I 53

La saponification de cet éther par la potasse fournirait alors le sel

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