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II. i

ACIDE MTRODRACYLIQUE.

Il se produit en outre, dans la réaction précédente, un autre acide qui ne diffère de l’acide azobenzoïque que par une molécule d’hydrogène en plus : de là le nom à' acide hj drazohnnzoïque qui lui est assigné.

Si l’on compare la formation de ces deux produits à l’aide de l’acide nitrobenzoïque à celle de l’azobenzol et de l’iiydrazobenzol au moyen de la nitrobenzine, on demeure frappé de l'analogie que présentent ces deux réactions. Elle devient bien plus frappante encore lorsqu’on songe que, tandis que, lorsque l’hydrazobenzol fixe un nouvel équivalent d’hydrogène, sa molécule se rompt pour donner naissance à 2 molécules d’aniline , l’acide hydrazübenzoïque, en fixant pareillement i équivalent d’hydrogène, éprouve de môme un dédoublement de sa molécule avec formation d’acide amidobenzoïque.

Et, de môme qu’il existe trois acides répondant aux formules

et

C"lP(AzO*)0‘,

de même il existe trois acides représentés par la formule C'*lP{AzH’)0‘,

qu’on peut obtenir par l’action de l’hydrogène naissant sur les acides nitrobenzoïque, nitrodracylique et nitrosalylique.

Acide .mtrodracymque. (Éq. = iC7.)

§ 508. Lorsqu’on fait bouillir pendant plusieurs jours le nitrotoluèneavec de l’acide nitrique de concentration moyenne, puis qu’on distille à un feu doux, il reste dans la cornue un liquide fortement acide, qui renferme un isomère de l’acide nilrobenzoïque, auquel on a donné le nom à'acide nitrodracylique. Ce dernier dérive d’un isomère de l’acide benzoïque, l’acide dracylique, ainsi nommé parce qu’on l’a retiré pour la première fois du sang-dragon.

Au moyen de l’ammoniaque on l’extrait du résidu de l’action de

ACIDE TOLUIQÜE.

l’acide nitrique à l’état d’un sel soluble, qu’on décompose ultérieurement par un acide minéral. On l’obtient parfaitement pur après quelques précipitations successives et deux ou trois cristallisations dans l’alcool, la petite quantité d’acide benzoïque qui s’est formée simultanément restant dans les eaux mères.

L’acide nitrodracylique se dépose d’une dissolution alcoolique bouillante sous la forme d’écailles brillantes. Il fond à 240 degrés. Sa solubilité dans l’eau est moindre que celle de son isomère l’acide nilrobenzoïque. L’alcool et l’éther le dissolvent facilement. Sous l’induence de l’hydrogène naissant, l’acide ni- Irodracylique se change en acide amidndiaryli<iue, composé qui présente une composition identique à celle de l’acide amidobenzoïque, mais avec des propriétés différentes. Enfin, de mémo que l’acide nitrobenzoïque se change, sous l’influence de l’amalgame de sodium, en acide azobenzoïque, qui n’en diffère que par la perte de 4 équivalents d’oxygène qui entrent dans l’acide hypoazotique, l’acide nitrodracylique, dans les mêmes conditions, se change en un acide isomère, \'acide azodrarytique.

La composition de l’acide nitrodracylique est représentée par la formule

C"ir(AzO’) 0 ‘.

Acide toluique. (Éq. = i36.)

§ rJ 09 . Ce composé s’obtient par l’action des agents oxydants sur le cymène, huile hydrocarbonée qu’on rencontre dans l’essence de cumin.

Pour le préparer, on fait réagir de l’acide nitrique très-étendu sur cet hydrocarbure. Si l'acide était plus concentré, l’oxydation serait trop violente et la réaction difficile à conduire. On reconnaît que l’opération est terminée lorsqu’il ne nage plus d’huile à la surface de l’eau du récipient, mais bien des cristaux blancs très-légers. Si l’on arrête la distillation à ce moment, on voit la cornue se remplir de cristaux par le refroidissement. Plus l’acide azotique est étendu, plus la réaction est lente, mais aussi plus le produit obtenu est pur.

ACIDE TOtUIQUE.

Si l’on faisail usage d’un acide azotique plus concentré, on obtiendrait une grande quantité d’un acide nitrogéné.

Sa génération au moyen du cymène peut s’expliquer au moyen de l’équation

i60= C'H*0'-i-C“H'0‘-f airO’.

Cymène. Acide Acide

oxalique. toluiquc.

On peut l’obtenir pareillement en faisant bouillir avec de la potasse hydratée le cyanure de benzyle. En effet, on a

CME, CUz -t- (KHO^) -H = AzH» + CME KO*.

Cyanure de benzyle. Toluate de potasse.

§ 510. L’acide toluiquc se présente sous la forme de fines aiguilles lorsqu’il se sépare, par le refroidissement, d’une dissolution aqueuse bouillante. Il se dissout presque en toutes proportions dans l’esprit-de-bois, l’alcool et l’éther.

Il fond par la chaleur et se sublime en belles aiguilles ; lorsqu’il est pur, il est entièrement dépourvu de saveur et d’odeûr ; impur, il possède une odeur qui rappelle celle des amandes amères.

L’acide azotique concentré le convertit en aride nitroiolui<iuc . Distillé avec de la chaux ou de la baryte, il se transforme en acide carbonique et en toluène, ainsi que l’exprime l’équation suivante :

La composition de l’acide toluiquc est représentée par la formule

§ .511. Lorsqu’on fait bouillir l’acide vulpique avec une solution saturée à chaud d’hydrate de baryte, il se dédouble en acide oxalique qui forme avec la base un précipité blanc, en une liqueur spiritueuse qui n’est autre que de l’esprit-de-bois, et en un acide qui forme avec la baryte un sel soluble.

Cet acide, qu’on peut séparer du sel par une addition d’acide chlorhydrique, est un isomère de l’acide toluique. Nous le dési-

ACIDE TOLUIQDE.

gnerons, avec MM. Sirecker et Mœller, sous le nom di'acide alphatoluique.

A l’état de pureté, ce produit se présente sous la forme de lamelles incolores, très-minces, irisées, qui ne sont autres que des rhombes aigus. Il présente beaucoup de ressemblance avec l’acide benzoïque. Il fond à 76°, 5, et bientôt après exhale des vapeurs irritantes. Il distille sans altération à 265®, 5. Sa densité est de 1 , 3 à la température ordinaire. Il éprouve en fondant une dilatation considérable.

La densité* de l’acide fondu est de 1,078 à 83 degrés et de i,o33 seulement à i35 degrés.

Peu soluble dans l’eau froide, il se dissout abondamment dans l’eau bouillante. L’alcool et l’éther le dissolvent très-bien.

Les alcalis libres et carbonatés le dissolvent facilement et forment des sels très-solubles qui cristallisent avec difficulté.

MM. Strecker et Mœller pensent, en raison des grandes analogies de propriétés qu’ils présentent avec l’acide benzoïque, que c’est son véritable honiologue et non celui qu’on obtient par l’oxydation du cymène.

Les réactifs oxydants ne lui font subir aucune altération. Un mélange d’acide sulfurique concentré et de bichromate de potasse donne de l’huile d’amandes amères.

§ 312. .M.M. Glaser et Radziszewski ont obtenu postérieurement cette variété d’acide toluique qu’ils désignent sous le nom Macule phé ny lacé ti que ^ en transformant l’acide formobenzoïlique (phénylglycolique) d’abord en acide phénylbromacétique par l’action de l’acide bromhydrique et remplaçant ultérieurement la molécule de brome par de l’hydrogène à l’état naissant.

M. Crum Brown s’est procuré de son côté l’acide phénylacétique, plus directement en faisant agir l’acide iodhydrique sur l’acide formobenzoïlique.

L’acide phénylacétique donne naissance à des dérivés chlorés, bromés, nitrés, amidés, etc.

Ces dérivés présentent des isoméries fort intéressantes suivant que la substitution s’est opérée dans le groupe C’H‘ ou dans G’ lU de l’acide phénylacétique

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