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CINQUIÈME GROUPE

(Acides de la forme (Dérivés des alcools do la forme

Acide cinnamiqce. (Éq. = 148.)

§ ol.'î. Signalé par MM. Dumas et Peligotdans l’essence de cannelle, cet acide, qui présente, à l’égard de cette dernière, des relations semblables à celles que nous avons signalées entre l’acide benzoïque et l’essence d’amandes amères , peut s’en dériver en faisant agir sur elle de l’hydrate do potasse convenablement chauffé. De l’hydrogène se dégage , et l’on obtient pour résidu du cinnamate alcalin, ainsi que l’exprime l’équation

C'»H* 0 ’ + KH 0 ’= H*-t- C'H’ KO*.

En décomposant le cinnamate alcalin par un acide minéral, on met en liberté l’acide cinnamique qu’on peut obtenir en cristaux volumineux, en le débarrassant du chlorure de potassium formé par des lavages, le dissolvant dans l’alcool et abandonnant la dissolution à l’évaporation spontanée.

Aujourd’hui cet acide s’extrait exclusivement de certains baumes, tels que le styrax et les baumes de Tolu et du Pérou, dans lesquels M. Fremy en a pour la première fois signalé l’existence.

Pour l’extraire du styrax liquide, on distille préalablement ce baume avec cinq ou six fois son poids d’eau, dans le but d’en séparer lestyrol que la vapeur aqueuse entraîne presque entièrement.

On épuise ensuite le résidu par une dissolution étendue de carbonate de soude, qui dissout l’acide cinnamique sans toucher à la résine. Les liqueurs étant concentrées, puis traitées par l’acide chlorhydrique, il se sépare une matière huileuse, de couleur brunâtre , qui se concrète au bout de quelque temps, en même temps que le liquide se remplit de paillettes cristallines.

ACIDE CINNAMIQCE.

On jette le tout sur un filtre, on dessèche, puis on distille. Le produit de cette distillation est comprimé tout d’abord entre des doubles de papier buvard, pour le débarrasser d’une huile empyreumatique qui le souille; on le fait ensuite cristalliser dans l’eau bouillante.

On pourrait l’extraire par un procédé semblable du baume de Tolu.

Le baume du Pérou peut également fournir de l’acide cinnamique. Pour l’en extraire, on l’épuise par de l’eau de chaux bouillante. La dissolution filtrée fournit des cristaux de cinnaraate de chaux, qu’on décompose par l’acide chlorhydrique. On obtient ainsi de l’acide cinnamique à peu près pur. Une cristallisation dans l’eau bouillante l’abandonne dans un état de pureté parfaite.

On peut réaliser la synthèse de l’acide cinnamique à l’aide d’une méthode due à M. Bertagnini, qui consiste à chauffer pendant plusieurs heures entre 120 et 140 degrés, dans des tubes scellés à la lampe, un mélange de chlorure d’acétyle et d’aldéhyde benzoïque. De l’action réciproque de ces deux corps naissent de l’acide chlorhydrique, qui se dégage lorsqu’on ouvre les tubes, et de l’acide cinnamique, qui reste comme résidu. Cette réaction s’explique au moyen de l’équation

C IP O’, Cl H- C" IP O’, H = Il Cl -+- C* H‘ 0 '.

En remplaçant le chlorure d’acétyle par les chlorures des radicaux des différents acides de la série grasse, on obtiendrait une série d’homologues de l’acide cinnamique.

L’acide cinnamique se sépare de ses dissolutions tantôt sous la forme de prismes volumineux, tantôt sous la forme de belles lames.

Il fond entre i 35 et 187 degrés, et bout à 293 degrés. Chauffé brusquement, il distille sans altération. Chauffé lentement, il éprouve une décomposition partielle.

Peu soluble dans l’eau froide et même dans l’eau bouillante, il se dissout facilement dans l’alcool.

L’acide cinnamique peut fixer directement 2 équivalents d’hydrogène ou de brome, et donner naissance à des composés qui

ACIDE CIKNAMIQUE.

sont des homologues de l'acide benzoïque normal, et de l’acide benzoïque dibromé, ou tout au moins des isomères de ces derniers.

L’acide cinnamique dibromè, traité par la potasse alcoolique, donne naissance à deux acides bromocinnamiques isomères, dont la composition est représentée par la formule

C'H’ BrO'.

§ r>i 6 . L’acide cinnamique présente, à l’égard des acides du groupe aromatique, des rapports analogues à ceux quel’on observe entre les acides du groupe acrylique et ceux du groupe acétique. Kt, en effet, do môme que les acides angélique et oléique se transforment en acide acétique et en acides propionique ou éthalique, de môme aussi l’acide cinnamique se dédouble en acides acétique et benzoïque ; c’est ce qu’exprime l’équation

C'H' O' -f- 2 (KIIO’) = C'H’KO* C"H='KO' -t- 2H.

Distillé sur de la chaux ou de la baryte anhydre, l’acide cinnamique se scinde en acide carbonique, qui s’unit à la base, et en cinnamène qui se dégage,

C'H'O' - 2 CaO = C* 0 ‘, uCaO -h C'H“.

Une solution aqueuse d’acide cinnamique chauffée avec du chlorure de chaux, ou bien encore traitée par un mélange d’acide chlorhydrique et de chlorate de potasse, fournit une huile pesante qui paraît être, d’après M. Stenhouse, un hydrocarbure chloré. La formation de cette huile chlorée, qui donne de l’acide nitrobenzoïque lorsqu’on la traite par l’acide nitrique bouillant, permet de distinguer l’acide cinnamique de beaucoup d’autres acides organiques analogues.

L’acide azotique fumant convertit l’acide cinnamique en acide nitrocinnamique, à la condition de refroidir le mélange. Si l’on néglige cette précaution, celui-ci s’échauffe, des vapeurs nitreuses se dégagent, et l’on obtient, suivant que l’action est plus ou moins prolongée, de l’aldéhyde benzoïque, de l’acide benzoïque ou de l’acide nitrobenzoïque.

ACIDE CINNAHIQUE. I 79

L’acide sulfurique fumant convertit l’acide cinnamique en acide snlfocinnamiquc.

Distillé avec un mélange d’acide sulfurique et de bichromate de potasse, il se transforme en aldéhyde benzoïque.

Le perchlorure de phosphore le convertit en chlorure de ci/inamjle.

Il forme des sels et des éthers parfaitement définis.

La composition de l’acide cinnamique est représentée par la

C'Ml’O'.

BADIOAUX DES ACIDES MONOBASIQL'ES

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